CTIC-EVENTS11

Note écrite par Romain Masson, expert en médias et industries créative en Afrique et attaché audiovisuel de l’Ambassade de France à Dakar.

Dakar se positionne comme l’un des centres technologiques actifs en Afrique de l’Ouest. Avec une croissance de plus de 250% entre décembre 2013 et décembre 2015, le secteur de l’Internet mobile, constitue au Sénégal le principal potentiel de développement du secteur des Tic. Avec un taux de croissance économique de 6,5% en 2015 et estimé, pas les autorités sénégalaises, à 7,6% pour 2016 le Sénégal commence à voir émerger le début d’une classe moyenne connectée et consommatrice de contenus, et offre des opportunités à saisir à moyen terme.

Le numérique : un marché en pleine croissance

Quand il s’agit du numérique et de son écosystème, un pays se détache tout particulièrement des autres en Afrique de l’Ouest : le Sénégal. Les Technologies de l’information et de la Communication (TIC), qui comprennent les télécommunications, segment le plus dynamique et le plus productif de la vie économique sénégalaise, représentent 10% du PIB national et plus de 300 PME/TPE.

Cependant, même si Internet reste le point de ralliement vers lequel tous les acteurs convergent aujourd’hui, c’est encore la téléphonie mobile qui enregistre la plus forte croissance au monde, en terme de clients mobiles.

2010, c’est l’année du lancement de la 3G au Sénégal. Cinq ans plus tard, le parc d’abonnés est passé de 16% à 94%. Aujourd’hui, 7 millions de Sénégalais ont accès à Internet, soit la moitié de la population totale du pays.  En pratique aujourd’hui, un habitant sur deux s’est connecté sur Internet au moins une fois dans les six derniers mois. Mais le fait le plus marquant : 92% des connexions à Internet se font via le téléphone et le taux de pénétration de la mobile dans son ensemble atteint 110%.

Deux sites battent tous les records : Youtube, le premier visité, suivi de Facebook avec 2 millions d’utilisateurs/jour, soit 14% de la population. Enfin, les applications de messageries Instantanées, en particulier Viber et What’s app, connaissent un très fort succès. C’est dans ce contexte qu’on assiste aussi depuis 2012 à la multiplication des initiatives favorisant l’innovation et la création d’entreprise dans le secteur des TIC au Sénégal (concours, Hackatons, StartupWeekends, programmes accélérateurs thématiques, etc.). Le Sénégal, c’est aussi un grand projet numérique, qui s’inscrit dans le plan d’aménagement du pôle urbain de Diamniadio, situé à 35 kilomètres de Dakar, ville nouvelle proche du futur aéroport en cours de construction à trente minutes de Dakar. Il comprend la création d’un parc technologique et numérique dans le cadre du programme Parc des technologies numériques (PTN), une composante du Plan Sénégal émergent (PSE). Erigé sur une superficie de 25 hectares, ce hub numérique a pour ambition de doter le pays d’infrastructures télécoms et de centres d’hébergement de données et de formation technologique, pour faire du Sénégal « une destination privilégiée de l’innovation et de la recherche dans le domaine des TIC ». Pour la réalisation de ce programme l’État sénégalais a annoncé un investissement de 15,3 Millions d’Euros, complétés par 76,6 Millions d’Euros de la Banque africaine de développement (BAD).

Le parc technologique et numérique de Diamnadio pourra s’appuyer sur l’implantation de la «Cité du savoir», un espace de 12 hectares qui comprendra des systèmes d’information (centre de mutualisation et de partage, centre de « cloud computing », centre d’archivage physique et numérique, centre de ressources informatiques), un espace de services techniques (centre de surveillance et de contrôle à distance), un espace gouvernance et évaluation (MESR, agence nationale de l’assurance qualité dans l’enseignement supérieur), et un espace recherche et culture scientifique et technique (plateforme de mutualisation des technologies de pointe, incubateur, fablab, planétarium, médiathèque).

Parmi les onze décisions présidentielles concernant l’enseignement supérieur et la recherche, prises par Macky Sall en 2013, figure la mise en place des TIC «  au cœur du développement de l’enseignement supérieur et de la recherche, pour améliorer l’accès à l’enseignement supérieur et l’efficacité du système. »

En tête du peloton, une université virtuelle (UVS), créée en 2014, qui compte aujourd’hui 10 500 étudiants, tous dotés gracieusement d’un ordinateur personnel. Le mot d’ordre du projet : « un étudiant, un ordinateur », financé par la Banque mondiale. Des dispositifs d’enseignement à distance se sont développés dans les cinq universités du pays et sont prévus dans les quatre nouvelles en construction, dont certaines, multi-sites, coordonneront leurs activités de gestion et d’enseignement via des plateformes numériques. Dès à présent, les universités comme les « espaces numériques ouverts » de l’UVS ont été interconnectés sur le réseau national à haut débit en fibre optique de 1.500km, auxquels s’ajouteront prochainement 2.500km.

L’industrie de l’enseignement numérique est donc appelée à générer de nouveaux emplois. De nouvelles plateformes d’e-learning locales voient le jour, comme www.ecolesausenegal.com, www.samaskull.com, www.mjangale.com ou www.teachersdunet.com. KTM Advance, entreprise  d’édition de serious games dédiée à des formations comportementales (techniques de vente, relations client, etc.), a ouvert une filiale à Dakar en 2014. Celle-ci vise l’ensemble du marché de l’Afrique de l’Ouest. Des partenariats de coproduction, de mise en ligne et de commercialisation de formations professionnelles ont déjà été conclus avec des entreprises (Total, Orange) et des organismes de formation. L’implantation récente de structures comme MakeSense (plateforme communautaire tournée vers l’entreprenariat social où les TIC jouent un rôle prépondérant), ou très prochainement de Simplon (école solidaire de code informatique), est une autre illustration de l’intérêt suscité aujourd’hui pour ce territoire.

Autant de dispositifs favorisant la formation, l’échange d’expériences, la concrétisation de projets et finalement l’innovation nécessaire au développement de l’économie numérique.


La coopération internationale s’intensifie

Mais pour accélérer ces projets, un allié de taille s’agrège à l’effort commun : la coopération internationale. La coopération américaine avec l’Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID), a lancé en 2014 le programme PACE, dénommé «  Sunu Budget. » A terme, cette initiative verra notamment la mise en place d’une plateforme consacrée à l’accès du public à l’information budgétaire. Autre initiative soutenue par les Etats-Unis, le GIST (Global Innovation Through Science and Technology) Startup Boot Camp, qui donne l’opportunité aux jeunes entrepreneurs de bénéficier de l’expertise de mentors locaux et internationaux, lors de workshops intensifs. La Banque Mondiale est à son tour largement présente par le biais notamment du CTIC Dakar, avec le soutien en 2011 au démarrage de l’incubateur, puis en 2016 avec le lancement d’un programme accélérateur panafricain, coordonné également par ce dernier.

La France est également positionnée sur plusieurs programmes. On retiendra ici le lancement le 4 février dernier du programme Waziup, également appelé « Africa Open Innovation Platform for IoT & Big Data ». Coordonné au Sénégal là encore par le CTIC Dakar, il repose sur une plateforme open source qui propose des solutions technologiques pour les objets connectés, notamment dans le domaine de l’agriculture, de l’élevage et de la santé. Un programme financé par l’Union européenne, qui regroupe quatre pays africains et cinq pays européens, comprenant des universités et des sociétés françaises.

Parmi les projets développés en 2016 par des acteurs étatiques français au Sénégal, on suivra aussi le lancement du « Programme Afrique Innovation » (PAI) de l’AFD, mis en œuvre par Bond’Innov’, visant à renforcer la structuration des incubateurs CTIC Dakar et CIPMEN à Niamey au Niger, et les jeunes sociétés qui y sont hébergées. Dans le même segment, l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) a effectué récemment une mission d’étude et d’évaluation à Dakar, en prévision du lancement du « Programme de promotion de l’emploi par l’entrepreneuriat chez les femmes et les jeunes, en Afrique subsaharienne francophone » (9 pays ciblent sur trois ans).

 

Le secteur privé investit dans le numérique : focus sur l’e-commerce et l’e-paiement

Une étape a été franchie avec la création en 2015 de Teranga Capital, premier fonds de capital-risque sénégalais, cofinancé notamment par le fonds français Investisseurs & Partenaires (I & P) et Orange Venture, à hauteur de 5 millions d’euros, en direction des startups innovantes et des PME. Le fonds couvre plusieurs secteurs, en particulier celui des TIC.

Du côté des entreprises on assiste à l’émergence de sociétés sénégalaises qui se développent sur le marché local, sous régional, voire à l’international. C’est le cas de sociétés  comme People Input, By Filling, Nelam services, Niokobok, 2SI, Chaka Computer, Gaindé 2000 ou encore Neticoa. Il y a également plusieurs plateformes de services numériques B2B, des centres d’appel téléphoniques et des sociétés de services qui développent des applications en sous-traitance.

Avec la reprise des investissements français au Sénégal depuis 2012/2013, les entreprises françaises du secteur des TIC se positionnent aussi sur le marché sénégalais, avec le plus souvent des ambitions régionales ou continentales. A l’image des PME Voxygen, KTM Advance et SNEG, mais aussi du groupe Bolloré avec Universal Music et Canal Plus Overseas sur la TNT. Mais aussi à l’image de Lagardère, avec la production de programmes de flux locaux multi-support, et d’Atos, qui prévoit de faire du Sénégal un hub de services numériques régional. C’est également le cas de l’équipementier télécom Alcatel-Lucent (déjà constructeur et installateur au Sénégal de trois des quatre câbles sous-marins dont dispose le pays) qui va installer un centre de gestion des réseaux et de données numériques au pôle urbain de Diamniadio pour se déployer en Afrique de l’Ouest et du centre. Microcred, enfin, développe des solutions innovantes de transfert d’argent, après avoir installé la plateforme informatique du groupe à Dakar, pour ses clients en Afrique et en Chine.

Dans le secteur des télécommunications, outre la téléphonie et Internet, le e-commerce et l’e-paiement connaissent eux aussi une forte croissance. Le e-commerce et ses plateformes d’achat en ligne s’adaptent au contexte sénégalais, à son pouvoir d’achat limité et à l’absence d’adresse postale. Exemple : le rachat du site Internet www.expart-dakar.com, première plateforme d’annonce en ligne au Sénégal par le groupe média suisse Ringier, constitue une réussite importante dans l’écosystème des TIC dans le pays. On retiendra aussi des services innovants comme la société franco-sénégalaise www.Niokobok.com, plus spécifiquement orientée vers la diaspora et qui connait une forte croissance. Récemment, les groupes Casino et Bolloré se sont associés pour lancer Cdiscount en Côte d’Ivoire, au Sénégal et au Cameroun, mais des rumeurs de fermeture du site au Sénégal circulent. Le 5 avril 2016, Orange a annoncé à son tour un investissement de 75 M€ au capital de la société Africa Internet Group (AIG), l’un des leaders de l’e-commerce du continent Dans un communiqué, Stéphane Richard, le PDG du groupe Orange, se dit convaincu du « développement exponentiel de l’e-commerce en Afrique. » Malgré des investissements financiers importants, on note un déficit d’image considérable du groupe Orange, notamment en matière de RSE. Ceci s’explique par une politique tarifaire jugée trop élevée (à titre d’exemple, l’offre domestique ADSL d’entrée de gamme à 2 Mégas et de médiocre qualité s’élève à 29 000 fcfa mensuels, soit plus de 44 €), et régulièrement accusée de freiner les acteurs de l’innovation.

 

Les pouvoirs publics sénégalais : une stratégie globale encore hésitante

Si une création d’entreprise peut être réalisée en deux jours et dotée d’une bonne connectivité, l’environnement des affaires est jugé par certains observateurs peu propices au développement des entreprises innovantes. En cause : un manque de financement à taux attractif par les banques, un manque d’investissement du secteur privé et un faible nombre de fonds d’amorçage. Plus largement, la complexité du système foncier associée à une fiscalité peu attractive et une facture énergétique élevée, constituent aujourd’hui les principaux freins au développement et aux investissements dans le pays.

De même, beaucoup de projets des pouvoirs publics s’accompagnent d’effets d’annonce très médiatisés, mais finalement d’assez peu de réalisations concrètes. En cause ici : un manque de structuration suffisante du secteur. Des carences qui s‘expliquent par la  difficulté  des autorités à mettre en œuvre une stratégique globale structurée et bien adaptée, accompagnée d’un plan intégré de développement de l’écosystème numérique, à l’exception notable de l’enseignement supérieur.

Conscient des enjeux en termes de développement économique dans un pays qui a longtemps assuré sa base de croissance sur les services et en particulier la téléphonie mobile, le Président Macky Sall a demandé en janvier 2016 au gouvernement de préparer la tenue d’un Conseil présidentiel sur le concept « Sénégal numérique », en rappelant « l’impératif de développer l’économie numérique, avec l’ensemble des acteurs du secteur ». A cette occasion, il a annoncé la création du Conseil national de l’économie numérique (Cnen). L’objectif : réunir secteur public et privé pour définir une stratégie commune. Néanmoins, on peut émettre certaines réserves quant à l’efficacité de cette instance, qui vient en complément de dispositifs déjà existants au sein d’autres institutions sans parvenir jusqu’à présent pour autant à coordonner des actions concertées. Des difficultés qui ne semblent pas entamer la volonté de l’Etat à investir dans ce secteur jugé attractif et porteur d’avenir.


Les structures d’accompagnement 
              

Ainsi, malgré des difficultés, on note un nombre croissant de développeurs et de jeunes entrepreneurs opérant le plus souvent dans le cadre de très petites entreprises (TPE), voire d’entreprises unipersonnelles. Un élan créatif, notamment en matière d’applications utilisables à partir de téléphones mobiles, qui a valu à nombre de jeunes sénégalais d’être régulièrement primés lors de compétitions internationales.

On assiste aussi simultanément à l’essor des PME/TPE et à la multiplication des implantations d’entreprises étrangères, fréquemment confrontées à des difficultés de recrutement. Cette quête de talents et de compétences au niveau local illustre l’attractivité du territoire en même temps qu’une forme de maturité des acteurs de l’économie numérique dans le secteur privé.

Cette dynamique s’accompagne d’une structuration de l’écosystème numérique à Dakar désormais portée par des structures telles que Jokkolabs, espace de travail partagé, et par le CTIC Dakar, incubateur d’entreprises innovantes (75 sociétés incubées depuis 2011). Le CTIC, créé il y a quatre ans avec le soutien de l’Etat du Sénégal et de la Banque Mondiale, s’agrandit et recherche des partenaires internationaux. L’une des pistes de développement du secteur pourrait passer par l’art et la culture numériques, en adéquation avec le positionnement de Dakar, membre du réseau des « Villes créatives » de l’Unesco depuis 2014. Le développement du CTIC est une opportunité de renforcement de la présence des acteurs français dans le secteur des TIC et de l’entrepreneuriat, notamment dans le cadre de l’initiative « French Tech » et du lancement du dispositif « French Tech Hub ».


Quelles opportunités à venir

 

Les cinq dernières années ont été marquées par un fort développement des TIC au Sénégal et malgré l’arrivée à maturité du secteur de la téléphonie mobile les besoins restent considérables, en particulier en lien avec l’Internet mobile, l’économie numérique constituant l’un des secteurs-clé pour la croissance du pays, notamment dans les secteurs suivants : le numérique sur mobile : logiciels, communication online, applications mobiles, e-commerce, jeux vidéo ; l’offre de contenu : web, mobile et multimédias adaptés au contexte et aux langues locales (si le Wolof tend à s’imposer comme langue de communication auprès des plus jeunes, les productions culturelles en langue française demeurent toujours très appréciées du public sénégalais) ; l’investissement : capital risque (early stage), et service offshore avec plan de formation.

Avec une croissance à 5,7% en 2015 et une prévision de croissance de 7,6 % en 2016, un environnement politique stable où émergent une classe moyenne connectée et consommatrice de contenus, une offre attractive dans l’enseignement supérieur et une bonne connectivité Internet, le Sénégal offre des perspectives et des opportunités  dans le secteur transversal des TIC, qu’il conviendrait de pouvoir saisir au Sénégal et, au-delà, en Afrique.

 

Chalkboard-path-to-success

Vous lancez votre boite et vous demandez ce qui vous attend ?

Voici une petite simulation des trois premières années, plutôt inspirée des sociétés de services (SSII, agence digitale, etc.) – malgré quelques similitudes, les étapes et la vie d’une startup avec un produit particulier sont différentes. Le parcours ci-dessous est bien sûr caricatural, il n’y a aucun chemin tracé vers le succès, ni vers l’échec…

Année 1 : Started from the bottom

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  • Seul ou avec des potes de promo, vous trouvez une bonne idée ou bien commencez à développer des sites ou logiciels pour vos camarades et votre Tonton commerçant.
  • Vous commencez donc à bosser, sans formaliser la structure et créez votre identité visuelle : page FB, PowerPoint, nom de la boite. Pour vous, ce dernier est super cool mais tout le monde le trouve bizarre … no stress, pensez à un gars qui faisait des ordinateurs et qui a appelé sa boite « pomme ».
  • Vous apprenez cette phrase « si tu me fais mon site, je ferai ta publicité », arme redoutable du client qui ne veut pas payer un kopeck mais souhaite avoir le même site que Facebook.
  • Vous faites votre premier flyer, vous y mentionnez que vous êtes spécialiste dans plus d’une dizaine d’activités (de la conception graphique à la production de meubles)…
  • Après 9 mois et avoir fait les sites de toute la famille (pour pas grand chose), vous commencez à avoir des « vrais » clients… vous travaillez toutes les nuits, certains clients ne payent pas et quand ils payent vous dépensez tout au Fast Food pour fêter ça.
  • Vous décidez de créer formellement l’entreprise – pas parce que vous êtes patriote et souhaitez payer des impôts mais parce que vous n’êtes pas très crédible sans statut juridique ou avec celui de la boite « Sunu Poulet » de votre papa. Vous et vos potes êtes tous Directeur de quelque chose au sein de votre nouvelle boîte.
  • Les demandes de clients s’enchainent – vous avez maintenant besoin d’embaucher vos premiers employés et de faire une « sorte » d’organigramme – Un pote entrepreneur qui sort de sa troisième faillite vous conseille de ne pas faire de CDI et ne pas payer trop cher dès le départ (il faut utiliser les commissions).
  • Les affaires marchent mais vous savez qu’il y a plein de choses que vous faites mal (suivi commercial, compta, contrats, gestion RH, management des projets, recouvrement) donc vous passez du temps à organiser cela – c’est à ce stade que rejoindre un incubateur comme CTIC Dakar peut être utile (d’ailleurs, vous ne savez pas ce que c’est qu’un incubateur).
  • Votre premier client mécontent vous appelle – cela vous fait très mal au cœur – vous convoquez toute l’équipe et vous essayez de savoir d’où vient le problème : c’est en général une mauvaise communication entre votre équipe encore junior et votre client. Vous mettez donc en place des process pour améliorer votre production et la gestion du client.
  • Vous et vos associés ne vous payez toujours pas… et c’est normal no stress.
  • Vous bouclez la première année avec sans chiffre d’affaires. Votre compta reste donc… épurée.

Année 2 : Still at the bottom

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  • Vous vous séparez de votre premier employé – très dur car cette personne était là depuis le début – 1) elle n’était pas assez payée et est partie chez BigCorporation – 2) elle ne s’est pas adapté aux exigences grandissantes de l’entreprise – 3) elle est partie faire des études à l’étranger – 4) elle a monté sa propre boite et vous fait concurrence.
  • Vous commencez à répondre à beaucoup d’appels d’offres – sans vraiment savoir comment d’ailleurs -aucun ne marche donc vous commencez à être plus « réseaux » et vous comprenez mieux les attentes, budgets et modes de fonctionnement des gros clients et décideurs.
  • Vous gagnez votre premier appel d’offres de plusieurs millions : c’est la fête !! Votre équipe est très fière. Vos concurrents (et peut être le FISC) vous remarquent enfin.
  • Vous changez l’organigramme (dans votre tête) tous les mois et essayez d’embaucher autant que possible – mais vous ne savez pas comment trouver des talents. Vous rappelez donc ces profs qui vous traitaient de cancre afin d’organiser des événements et témoignages dans les écoles !
  • Vous passez la majeure partie de votre temps à encadrer vos équipe, du plus jeune au plus anciens. Vous remarquez que c’est vraiment de base en gestion du temps, organisation, service client dont ils ont besoin. Vous les incitez à prendre des initiatives.
  • Vous devez à ce stade avoir des process et une gestion compta admin solide.
  • Vous commencez à être contacté sur linkedin par des gars « chelous » d’Inde et de Chine qui veulent faire du « Business » avec vous.
  • Vous finissez l’année avec quelques dizaines de millions (FCFA) de chiffre d’affaire mais avec un résultat net plutôt faible que vous ne comprenez pas (vous allez donc sur un MOOC pour améliorer vos notions de compta).
  • Vous vous posez les questions fatales : « combien vais-je devoir payer d’impôt ? » et « dois-je vraiment les payer d’ailleurs ? » Vous décidez donc d’embaucher un responsable financier et vous faite conseiller par un expert.

Année 3 : Get Rich or Die Tryin’

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  • Votre défi principal est de recruter, de faire grandir et de retenir votre équipe, vous mettez donc des choses en place pour le bien être de vos gars (sorties d’équipes, tournois de foot, paniers ramadan, nouvelles chaises, etc.). Vous vous posez la question fatale : « doit-on avoir du café gratuit pour la team ? Après 2 heures de discussion… le comptable tranche : NON.
  • Vous devez gérer les premiers états d’âmes de vos associés ou premiers employés qui ne se retrouvent plus forcément dans la structure (trop de procédures, nouveaux employés plus compétents qu’eux). Vous allez devoir faire des choix difficiles selon votre instinct pour garder les meilleurs.
  • Vous êtes de plus en plus invités à des conférences, forum : c’est très bien pour votre visibilité et le réseautage, mais cela commence à vous prendre du temps : choisissez-les bien.
  • Vous aimeriez développer plus de produits mais ne savez pas comment gérer vos RH et trouver l’équilibre entre servir au mieux les clients et développer des innovations. Une des options est de permettre à vos plus anciens développeurs de travailler sur des sides projects 1 ou 2 jours par semaine – cela les motivera et leur permettra de rester au top technologiquement parlant.
  • Vous commencez à cibler la sous-région – c’est très tentant car vous n’y voyez que peu de compétition mais il vous faut évaluer très finement les coûts et opportunités des pays cibles. Vous devez donc faire des business plan précis pour vous projeter dans ces nouveaux marchés. Fonctionnez surtout par opportunité : appel d’offre, associé ou employé rentrant au pays, personnes de confiance trouvées dans le pays cible, etc.
  • Vous ressentez le besoin de faire passer des certifications à vos employés (project management, technologies, outils marketing, etc.). Bonne idée.
    • vous commencez à être parmi les meilleurs des meilleurs sur votre marché et cherchez donc de plus en plus d’experts internationaux pour vous mettre au top niveau. Vous avez de la chance, le climat sénégalais attire beaucoup !
  • Vous sortez vos premiers produits, certains créent le buzz et vos employés sont fiers, d’autre plaisent aux clients B2B et vous font gagner du temps. Vous réalisez que, dans un marché immature comme le nôtre, un produit B2C demande beaucoup d’investissements en communication. Vous essayez donc de convaincre le comptable d’investir plus en com dans ce produit… la réponse est : NON. Le pire c’est que vous savez qu’il a raison.
  • (Fort de votre succès ?) vous rencontrez l’âme sœur et vous marriez. Un joli bébé suit rapidement. Cela vous force à mieux vous organiser et à vous lever tôt (finies les nuits sur les propals). Vous pensez au monde que vous voulez lui laisser.
  • Vous finissez l’année avec entre 100 et 200 millions de FCFA de CA, avec une marge largement meilleure et surtout plus de récurrence dans vos revenus. Vous hésitez un moment entre payer vos impôts et organiser un super team building sur la côte. Le comptable tranche encore une fois.
  • Néanmoins, fier du travail réalisé vous organisez, sans l’accord du comptable, une grosse soirée pour fêter cette belle année avec tous vos gars, clients, partenaires et même quelques concurrents devenus un peu « has been »!

Profitez-en : vous n’êtes que 10% des entreprises du secteur TIC au Sénégal à passer le cap des 3 ans…

COVER

Pride vs existence. Vison vs survival. Impact vs. Communication

All of us, small incubator and accelerator of the world face these dilemmas every single morning.

Our job  to build real companies, help them train and retain a talented team and generate revenue on a daily basis is so much of a full time job that it is sometimes challenging to focus on a long term strategy and vision. Stuck in this operational framework, we often follow blindly the few important partners that we have signed (or rather that have us signed) and which use us to get in touch and buy legitimacy with the tech ecosystem.

However, we should not forget that we are also entrepreneurs and that we are here to build long lasting organizations – hence here are few reasons why we should not let our “beautiful big partners” dig too much into our beliefs, or dig in them at all:

1) They don’t know much about technology entrepreneurship

Ok, that’s an easy one.  Any angry kid could have said that, but it is, nonetheless, it is true. Almost none of the employees or executives in those corporations, even the so-called “technology experts”, really know what it’s like to build technology SMEs, fund them, support them, manage HR and finance for startups, etc. Whatever program, event or money they want to give you, never forget that they’re mainly in it  for corporate responsibility reasons and not really ecosystems building.

That is not necessarily a problem. The problem is when their hidden objectives are more prominent than your priorities. When it comes to building the ecosystem, never forget that you are the visionaries, the ones to make it happen. More importantly, do not forget that you have a responsibility, to yourselves and to your clients, to remain true to that vision. Take their money, help them achieve what they need, but never at the price of your vision.

2) They tend to see you as “their” incubator

Well at least if you’re successful. But when you fail, they suddenly remember that you have other partners. That really may be a problem since you want to remain independent,  objective and open with all the entrepreneurs.  And you want them to perceive you as such. Indeed, the last thing the latter want is to belong to a large company, they want that large company to be their client. Just take for instance the corporate accelerators with no other partners: no entrepreneurs want to be part of those, because they need more than one partner. They need banks, investors, technology providers, legal advice, etc. Money and communication can never buy a trustful network.

3) They may discourage your team

As most large corporations, they live and grow by putting others down. They seem not to know any other way to build business relationships. It is even more flagrant in African ecosystems where open innovation and co-creation are still obscure concepts. Thus, when you collaborate with them, they may have behaviors and words that can really break your team’s motivation. Every young team is going to make mistakes but what matters is that they work  their ass off to execute perfect events and programs. Getting criticized just because your partners need a reason to diminish your fees or justify an internal argument within their team, may hurt your more passionate team members.

4) Your core vision is to help entrepreneurs succeed, not them

At the end of the day, the main reason you should not bother too much about keeping an unbalanced, non-constructive relationship with a large corporation is that, on the long term, you should not be relying on them to be sustainable. Of course, they are important in the first years, before you’ve found your business model and generated consistent revenues from your companies. But always bear in mind that you are here for one reason:  to build entrepreneurs. Every endeavor you may undertake along the way to survive is good but, if by any chance it had to stop, well it just may be a sign that you should refocus on your own core activities.

Your goal : make them better !

Of course, there is also amazing talented and passionate people in those companies who try to change it from the inside… you should definitely be close to them in order to build fruitful relationship with corporates that could also have a huge leverage on your incubator’s activity

Good luck and have fun.

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Le continent africain est sans nul doute un continent d’avenir, que ce soit par sa croissance économique (près de 5% en 2015), par le dynamisme de sa population (50% des gens ont moins de 17 ans au Sénégal par exemple) et bien sûr par la transition de nombreux états vers des systèmes (plus ou moins) démocratiques, donc plus stables et plus sûrs pour les investisseurs. Désormais, l’étranger qui atterrit à Dakar, Abidjan ou Nairobi est frappé par le niveau de développement des infrastructures. En effet, il ne s’attend pas à trouver autant de routes, d’hôtels, d’industries… et de pubs pour les opérateurs télécoms !

Car ceci est peut-être le plus marquant quand on arrive sur le continent : le boom technologique qui est en train de s’y passer. Bien sûr, il se passe aussi partout dans le monde, mais beaucoup pensaient que les entrepreneurs et consommateurs africains ne s’intéresseraient au numérique qu’une fois tous les autres problèmes résolus : santé, éducation, etc. Au contraire, il s’avère que l’espoir même du développement accéléré, qualitatif et équitable du continent passe aujourd’hui par les technologies.

Pour résumer, pensez à un marché où la plupart des états sont encore faibles et où santé, éducation, économie sont négligées ou, au mieux, prises en charges par des bailleurs internationaux ; où les entreprises de tous secteurs – bâtiment, commerce, services – grandissent 3 fois plus vite qu’ailleurs et sont demandeuses de services informatiques adaptés à leur contexte. Imaginez un continent de 2 milliards de personnes dont environ 20% de la population est connecté au reste du monde alors que le reste du monde ne les regarde pas encore.

Tout cela, comme vous le comprendrez, représente des opportunités d’affaires incroyables pour les entrepreneurs occidentaux, à condition bien sûr de faire les choses bien. Dans un prochain billet, nous parlerons d’ailleurs de la manière d’aborder son développement en Afrique. Mais pour l’instant quelles opportunité pour les entreprises technologiques en Afrique ?

1) Les technologies « adaptés »

Par cela nous entendons toutes les technologies ayant potentiellement plus d’impact et de marché en Afrique qu’ailleurs. Nous pouvons citer par exemple les technologies vocales, comme d’ailleurs Voxygen, cette spin off de Orange Lab qui fait de la synthèse vocale à partir de texte en français, anglais et de nombreuses autres langues, dont certaines africaines. Pour sa première d’implantation à l’étranger la PME a logiquement choisi l’Afrique, où une grande partie de la population est encore illettrée… mais maintenant connectée ! Nous pouvons ainsi imaginer de nombreuses technologies ou applications qui, lorsque bien pensées et adaptées au contexte local, peuvent permettre de fournir des services à un très large marché. La question des business modèles est cependant très importante et nous traiterons de ce sujet dans un prochain article.

2) Les objets connectés

Ce domaine émerge tout juste en Afrique et est pour l’instant concentré autour de quelques fablab ou maker spaces tels que le WoeLab au Togo, GearBox au Kenya ou Ker Thiossane au Sénégal. L’incubateur CTIC Dakar lancera aussi prochainement, à Dakar, WAZIUP, un programme Européen de recherche de 3 ans pour le développement d’applications IoT en Afrique. Le potentiels des objets connectés peut être immense dans un contexte où de nombreuses infrastructures de bases (routes, ponts, télécommunication) sont encore en construction ou trop couteuses. Pourquoi une ONG transporterait ses médicaments par une route en terre quand elle peut le faire avec un drône ?

3) le marketing digital

Le boom du marketing digital a débuté dans les pays les plus mûrs comme le Nigéria, le Sénégal et la Cote d’Ivoire en Afrique de l’Ouest. Déjà vous retrouvez des agences bien établies et de qualité internationale telles que ByFilling ou People Input. Il ne faut donc pas chercher à rentrer de manière classique sur ce marché mais penser partenariat ou segmentation. Un marché énorme restant à prendre en compte par exemple pour le marketing digital est celui du e-commerce, dont la croissance en Afrique est extrêmement forte. Le succès de la startup franco-sénégalaise Niokobok en témoigne par exemple.

4) le big data

Bien sûr cela va de pair avec le boom des objets connectés et des smartphones, mais replacez cela dans un contexte où les TPE et PME manquent encore d’outils de gestion de base. Par exemple imaginez un boutiquier à Dakar qui note toutes ses commandes et ventes sur un carnet. Si bien pensé et adapté à ses besoins, un logiciel de gestion tel que Ndiarté de l’entreprise Sénégalaise Genius Family a un impact direct sur la croissance. Par ailleurs, ce genre d’applications collecte des milliers de données sur les clients et fournisseurs, et ne sont pas encore suffisamment exploitées. Ajoutez-y bientôt le boom des paiements par le mobile… Il y a donc ici de grosses opportunités pour les entreprises d’analyse et de visualisation de données massives.

5) les « uber-like »

Le cliché veut que l’Afrique soit le continent où le « communautaire » est né et perdure toujours… alors qu’en occident, il a été perdu et ne revient que depuis peu grâce aux Uber et AirBnB. Cette question mériterait une analyse anthropologique poussée. Notre avis est que les modèles communautaires peuvent extrêmement bien marcher en Afrique, à condition peut être de les faires débuter dans les cercles familiaux élargis, dans lesquels la confiance est la plus forte. Un aspect par contre plus visible, est le fait que sur le continent, très peu de pays ont eu une industrialisation de masse menant à l’employabilité de la majorité de la population. Vous retrouvez donc des économies informelles où la population active a rarement un emploi stable et unique, mais cumule déjà plusieurs jobs et petits business. Pour résumer, nous pensons que l’association d’une économie informelle et donc flexible avec une culture communautaire forte est une très bonne base pour le déploiement de services décentralisés ou « uber-like ».

6) Le UX/UI Design

Aucune des innovations mentionnées ci-dessus ne pourra réussir si la qualité des interfaces graphiques et de l’expérience utilisateur sont négligées. Pour rappel, au Sénégal par exemple, 94% des connections à internet se font par le mobile, et comme nous le disions plus haut, une partie de la population est encore illettrée, en tous cas en français. Le design des interfaces, des parcours utilisateurs, de l’iconographie est vraiment important car les gens ne réagissent pas encore aux mêmes codes qu’en occident. Une icône avec une maison a-t-elle la même signification partout ? Nous manquons encore cruellement de designer en Afrique et ceci représente une forte opportunité pour des entreprises étrangères ayant une expérience dans ce domaine, soit par la collaboration avec des développeurs locaux soit par la formation et le renforcement des compétences en design locales.

En bref

Vous l’aurez compris, l’Afrique représente une terre d’opportunité pour les entreprises du numérique. Cependant, il ne faut pas se contenter de répliquer sur ce continent les modèles cassés et les entreprises en perte de croissance en occident. Il faut innover encore plus en s’imprégnant longuement du contexte local, seulement ainsi nous pourrons pallier au manque d’infrastructure et de réaliser les sauts technologiques qui seront le levier d’une croissance accélérée et durable.

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Article initialement écris pour ByFilling dans le cadre du Salon International des Professionnels de l’Economie Numérique de Dakar qui s’est tenu en décembre 2015.

Le 14 Décembre, le SIPEN à accueilli un panel de haut niveau avec plusieurs acteurs du financement et de l’accompagnement des PME numériques au Sénégal afin de discuter des moyens de soutenir l’émergence de PME à forte croissance en Afrique. Comment s’assurer de la compétitivité de l’économie numérique locale ? Comment accompagner la création et la croissance des jeunes pousses numériques ? Comment faire en sorte que les organisations qui accompagnent ces PME soient indépendantes, crédibles et viables économiques ? Essayons ensemble d’apporter quelques éléments de réponse.

Tout d’abord, pourquoi est-ce important d’avoir des PME fortes et structurées ?

En Afrique, on retrouve un grand nombre de freelancers et de petites structures dans les métiers du numériques, mais trop peu d’entreprises de 10 employés ou plus. Ces dernières sont cruciales pour un pays, car permettant de résister aux fluctuations du marché et à l’arrivée de compétiteurs internationaux qui, s’intéressent désormais massivement au digital sur le continent africain. En effet, s’il n’y a pas en face d’elles des PME d’une certaine taille capable de fidéliser leurs employés et avec des références clients assez conséquentes, ces multinationales n’auront pas de mal à prendre les talents dans l’écosystème et à faire valoir leurs clients occidentaux pour prendre les marchés locaux. De plus, les PME locales sont fortement génératrices d’emplois, qui en majorité sont qualifiés donc relativement bien rémunérés. L’impact social d’un écosystème dense de PME fortes est donc très important.

Comment favoriser l’émergence et la croissance des PME TIC ?

Premièrement, il faut bien sûr inciter à la création d’entreprises via des événements, des concours et autres Hackathons, comme il s’en organisent d’ailleurs maintenant un peu partout en Afrique. Au Sénégal, deux acteurs majeurs, CTIC Dakar et Jokkolabs, contribuent majoritairement à l’animation de cet écosystème et à la sensibilisation en entrepreneuriat technologique via des événements tels que le Tekki48, les JETIC ou la Semaine Mondiale de l’entrepreneuriat.

Ensuite, et c‘est sûrement l’aspect le plus important…et difficile, il faut accompagner ces petites structures nouvellement créées dans leur croissance. Pour ce faire, plusieurs dispositifs peuvent (et doivent) être mis en place :

1- Les incubateurs et accélérateurs d’entreprises

Leurs modèles peuvent varier mais en général, ces structures, publiques, privées ou mixtes fournissent des locaux et l’accompagnement d’experts au quotidien pour favoriser la croissance des PME.

Au Sénégal, le seul acteur de ce domaine, spécialisé dans les TIC, est CTIC Dakar. Il se focalise sur des PME innovantes de 5 à 20 employés ayant un fort potentiel de croissance. L’incubateur est surtout reconnu pour ses services de développement commercial, de gestion comptable et fiscale, de relations presse et de levée de fonds. Son modèle est basé sur un partage de la croissance du chiffre d’affaires de l’entreprise. Si l’entreprise ne grandit pas, elle ne rémunère pas l’incubateur. Ailleurs en Afrique, d’autres modèles émergent, notamment basées sur des prises de participation au capital. Ce modèle, fréquent en Afrique anglophone est encore rare en Afrique francophone et présente des limites car, il est difficilement viable et les entrepreneurs sont en général frileux à l’ouverture de leur capital.

Au Sénégal, il existe aussi d’autres incubateurs multisectoriels tels que Concree.com, qui accompagne des entreprises de tous secteurs et à tous stades via une plateforme en ligne, des mentors et des ateliers très innovants. Il y a également, Synapse Center qui accompagne des porteurs de projets par de la formation dans plusieurs secteurs.

           Lire aussi : “Les incubateurs en Afrique : sont-ils nécessaires ?

2- Les réseaux de mentorat et d’entrepreneurs

Ils sont un excellent moyen de renforcer les capacités des entrepreneurs et de favoriser les partenariats entre ces derniers. Au Sénégal, on retrouve les nouveaux réseaux comme « Enablis » ainsi que « la Rencontre des Entrepreneurs » qui regroupent des gens de qualité, en général sélectionnés par leurs pairs. Nous pouvons aussi noter le rôle important que peuvent jouer les organisations patronales du secteur dont OPTIC au Sénégal et le GOTIC en Côte d’Ivoire.

Quels modèles économiques pour ces structures ?

C’est bien sûr la question la plus importante. L’expérience des pays occidentaux et d’Afrique du nord montre que les modèles 100% publics d’incubateur ou de réseaux d’entrepreneurs ne marchent pas. Cela pour une seule et bonne raison : la crédibilité. C’est le premier aspect. Il faut absolument que votre incubateur soit dirigé par le secteur privé et que les entrepreneurs qui sont accompagnés par la structure sentent qu’ils parlent à des personnes motivées par leur réussite.

Deuxième aspect, la viabilité financière et donc l’indépendance. Il est crucial que l’incubateur cherche à avoir son propre modèle économique, pour pouvoir être plus indépendant vis-à-vis des volontés de ses partenaires, publics, privés ou internationaux, qui sont souvent décalées par rapport aux vrais besoins des entrepreneurs. Ensuite, la recherche de viabilité financière fait en sorte que l’équipe de l’incubateur devient entreprenante elle-même et établie des relations d’égal à égal avec ces entreprises.

Dernier aspect, et c’est le plus important, le fait de faire payer les entreprises pour la totalité ou au moins une partie des services, pousse l’incubateur à une augmentation progressive de la qualité de ces derniers : un client qui paye est en droit d’exiger le meilleur.

          Lire aussi : “Quel modèle choisir pour votre incubateur

En conclusion : Leadership et adaptabilité

Les incubateurs, accélérateurs et réseaux d’entrepreneurs, qui prolifèrent en Afrique représentent une opportunité énorme permettant aux acteurs publics, grands groupes ou partenaires au développement de s‘impliquer de façon pertinente pour la croissance et l’émergence de PME technologiques. Mais ces derniers pour être efficaces doivent faire preuve d’un vrai leadership et adapter en permanence leurs programmes et modèle à leur contexte local… n’essayons surtout pas de reproduire la Silicon Valley ou nous allons finir avec de faux écosystèmes, “Siliconés”.

imge VR 1Image credit : techcrunch.com

Article publié en exclusivité le 12 juin 2015 sur le blog #thefacts de nos amis ByFilling

Si 2015 a vue l’émergence d’une technologie en particulier, c’est bien celle de la réalité virtuelle.

L’histoire commence fin 2012 en Californie, lorsque, Palmer Luckey, alors âgé de 19 ans et déçut par l’expérience offerte par les casques de réalité virtuelle existants, développe dans son garage l’Oculus Rift. Le produit séduit rapidement des leaders de la communauté technologique et du jeu vidéo et soulève 2,4 millions de dollars sur le site de crowdfunding KickStarter. En mars 2014, la jeune société Oculus VR est rachetée par Facebook pour 2 milliards de dollars, l’un des plus gros investissements jamais réalisé par la firme de Zuckerberg. Depuis lors, la Réalité Virtuelle ou « VR » connait un engouement sans précédent. Quels en sont les applications possibles en Afrique et quels sont les enjeux pour la communication des entreprises du continent ?

C’est bien beau tout cela, mais c’est quoi en fait la réalité virtuelle ?

Ce que Wikipédia nous dit, c’est que la réalité virtuelle est une simulation informatique interactive immersive, visuelle, sonore et/ou d’environnements réels ou imaginaires. La finalité de la réalité virtuelle est de permettre à une personne une activité un monde artificiel, créé numériquement, qui peut être « imaginaire, symbolique ou une simulation de certains aspects du monde réel ». Merci Wiki.

Pour faire simple, la réalité virtuelle consiste le plus souvent à porter un casque, comme le Oculus Rift, qui vous immerge totalement dans un monde virtuel, dans lequel le mouvement de votre tète, de votre regard ou même de vos membres sont détectés et vous permettre d’interagir dans ce monde virtuel. Le casque d’Oculus est composé d’un écran qui simule une vision stéréoscopique et de capteurs qui suivent les mouvements de la tête de l’utilisateur. L’illusion est quasi-parfaite pour le cerveau: quand on tourne la tête à gauche, la caméra et l’image suivent. Si on se trouve en haut d’une montagne, on a le vertige.

Cela fait 30 ans que l’on essaye de développer des casques de ce genre, mais en 2 ans, le jeune Palmer Luckey est parvenu à développer une technologie 10 fois supérieure à ces prédécesseurs et dont le prix de vente ne devrait pas dépasser les 400 euros (250 000 Fcfa). Oculus a d’ailleurs envoyé fin 2014 un millier de casques pour les développeurs d’applications et le modèle commercial devrait être vendu au grand public début 2015. En d’autres termes, la réalité virtuelle devient au aujourd’hui une réalité et pour beaucoup d’experts, une révolution est en marche…

Ok mais qu’est-ce que l’on peut bien faire avec ?

L’application la plus évidente de la réalité virtuelle est bien sûr le jeu vidéo. Imaginez-vous, plutôt que d’être devant un écran et de voir encore l’environnent réel autour de vous, vous êtes totalement immergé dans votre jeu. Mieux encore, les mouvements de votre tète, de votre regard et de vos bras sont reproduits sans aucun décalages par votre avatâr dans le jeu.

Deuxième application, la vidéo et les films. C’est très difficile à décrire tant que l’on ne l’a pas essayé, mais de regarder un film avec un Oculus est tout simplement incroyable. Pour la première fois depuis les débuts du cinéma, vous n’êtes pas devant un écran mais vous vous retrouvez au milieu de votre film, à côtés des personnages et avec une vue à 360 degré du paysage – juste magnifique.

Troisième grande famille d‘application : la simulation à but professionnel. Beaucoup plus que la simulation de type jeu vidéo que l’on avait auparavant, la réalité virtuelle permet d’immerger votre soldat, votre pompier ou votre médecin dans un monde quasi-réel. Ainsi, vous pourrez accélérer leur apprentissage et tester leurs compétences et réactions de façon beaucoup plus pertinente.

Enfin, vient ensuite une multitude d’applications telles que le e-commerce et le marketing immersif ou vous vous retrouvez projetés dans le magasin votre marque favorite ou au volant de votre future bolide ; les visites touristiques, vous pourrez, à votre rythme et en 360, visiter Addis Abeba, les pyramide d’Egypte ou Saint-Louis du Sénégal ; la rééducation pour les accidentés et handicapés ; la psychothérapie et bien d’autres choses encore…

Et pour Afrique alors, quel potentiel ?

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Comme partout dans le monde, le potentiel de cette technologie sur le continent Africain est énorme. Selon le cabinet Digi Capital, le marché mondial devrait atteindre 30 milliards de dollars en 2020. Rien que dans le jeu vidéo, le marché se développe rapidement : selon le cabinet KZero, quelque 200 000 joueurs utilisent aujourd’hui des casques et autres accessoires de réalité virtuelle pour rehausser leur expérience de jeu. Ils devraient être 56,8 millions en 2018. De quoi porter le marché à 5,2 milliards de dollars à cette date : 2,3 milliards pour les matériels et 2,8 milliards pour les logiciels de jeux.

Pour l’Afrique, ces technologies semblent pour une fois ne pas si inaccessible que cela. Le prix de vente de l’Oculus devrait lui permettre de rapidement toucher la classe moyenne et les professionnels. Les casques actuels comme le Gear VR de Samsung qui utilise la technologie Oculus et qui coûte environ 200 euros, offrent de meilleures qualités que ceux à 20 000 euros disponibles auparavant pour les professionnels. Ils devraient baisser à 100, voire 50 euros, dans 3 à 5 ans. Par ailleurs, les premiers kits de réalité virtuelles low-cost font leur apparition, tels que les CardBoard de Google ou le Refugio 3D allemand vendu à quelques dizaines d’euros. Ces lunettes, au contraire des Oculus, utilisent votre smartphone Android ou iPhone que vous glissez dans le casque. Vous trouverez sur les stores déjà plusieurs centaines d’apps de réalité virtuelle (tapez « VR » pour les retrouver). Bien sûr, cela prendra quelques temps avant que les distributeurs intègrent bien le continent Africain mais la demande va rapidement se faire sentir et vous pourrez de toute façon les commander en ligne sur des sites américains ou européens et les faire venir ici ensuite.

Cependant, et tout comme pour les applications mobiles d’ailleurs, le grand défi de la « VR » en Afrique sera celui du contenu local. Il va falloir que nos développeurs prennent rapidement le pli de ces technologies et commencent à développer des choses qui sont pertinentes pour nos secteurs d’activité et nos consommateurs. Fait intéressant, le premier groupe dédié à la réalité virtuelle en Afrique a fait son événement de lancement en mai dernier en Afrique du Sud. Le pays compte également une entreprise déjà reconnue mondialement dans le domaine, SDK Lab, qui sera notamment partenaire du premier Hackathon de réalité virtuelle du continent qui aura lieu en Octobre a Cape Town. Encore en Afrique du Sud, le Kumba’s VR Mine Design Centre de l’Université de Pretoria, inauguré en 2013, permet aux travailleurs et aux ingénieurs de s’immerger dans une mine virtuelle et d’apprendre le métier sans risque. Enfin le studio Hero Film toujours au Cap, vient de sortir le premier film du continent en VR, qui immerge le touriste dans une visite guidée de la magnifique côte Sud du pays.

Ainsi, les films paraissent être une opportunité de taille à saisir pour le continent. Afin de développer un film pour Oculus, il suffit de monter plusieurs caméra sur un pied afin d’avoir une prise de vue 360 et d’ensuite faire le montage avec un logiciel spécialisé. Ceci parait tout à fait à la portée des grandes entreprises et des leurs agences de communication qui au moins dans un premier temps, voudraient faire le buzz. Le tourisme est l’un des marchés les plus prometteurs pour ce genre de films. Les pays devront investir afin de développer des visites en immersion de leurs lieux les plus prestigieux et ainsi attirer des millions de visiteurs virtuels, qui pourront découvrir votre pays depuis leur salon.

Bien sûr, les jeux vidéo auront un très gros potentiel de marché en Afrique, mais demandent de fortes ressources pour leur développement. Par contre les jeux en VR ne semble pas demander beaucoup plus de travail ou de compétences que les jeux en 3D classiques, qui en théorie ont déjà un environnement à 360 degré de réalisé. Reste donc à pousser le développement de studio de jeux vidéo africains.

En termes d’éducation, les idées sont sans limites : cours à distance comme si vous y étiez, visites de terrain, expérience du lieu de travail depuis la salle de cours pour les mineurs, les agronomes, les pécheurs, etc. Les possibilités sont énormes et les expériences seront sans nul doute beaucoup plus ludiques que nos salles de cours traditionnelles (ce qui n’est pas trop difficile d’ailleurs).

Pour la santé, nous pourrons voir des applications permettant la rééducation des accidentés ou sportif blessés. Pour ceux victimes des troubles phycologiques, des immersions sur mesures, telles que celles proposées par l’entreprise Américaine Deep Stream VR, feront partie intégrante du traitement. Enfin, pour les médecins, des simulations de bloc opératoire ou pour les pompier de situations d’urgence, permettront à ces dernier se perfectionner, encore une fois à moindre coût.

Quels enjeux pour les entreprises Africaines et leur marketing ?

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Vous rappelez vous de Second Life ? Cette application web lancée en 2003 qui vous permettait de naviguer dans un monde virtuel avec votre avatar, et dans lequel vous pouviez acheter les produits de vos marques favorites, interagir avec les avatars de vos amis et créer des objets qui vous pouviez revendre ensuite via une monnaie virtuelle – bref tout un monde virtuel dans lequel vous retrouvez les entreprises du monde réel et où les créateurs indépendant (designer, stylistes, architectes) pouvaient exposer leurs créations. Le jeu, qui après un gros buzz était en déclin 2007, pourrait bien se voir insuffler un nouveau souffle grâce à l’Oculus.

Pour les marques, y compris sur le continent Africain, l’enjeu sera identique. Quand suffisamment d’utilisateurs possèderont des casques de réalité virtuelle, ils auront tout intérêt à créer pour leur marque des magasins virtuels et interagir en ligne avec leurs clients. Nous pouvons même imaginer la fin du e-commerce traditionnel face à un écran, qui sera remplacé par des visites interactives des magasins dans lesquels vous pourrez choisir les produits à vous faire livrer. Le challenge pour votre marque sera donc bientôt de créer une application de réalité virtuelle, pour smartphone mais ensuite pour Oculus, vous permettant ainsi de rester visible dans ce nouvel univers et de proposer à vos clients des expériences nouvelles. En Angleterre par exemple, le studio Visualise, est une agence qui se spécialise dans la création de de films de réalité virtuelle et a déjà travaillé pour la BBC, Mercedes-Benz, Audi, la FIFA, Adidas et bien d’autres. Les meilleures agences de communication Africaines sauront probablement vous proposer de tels produits le moment venu.

Mais revenons à ce que l’on vous annonçait au début : pourquoi Facebook a-t-elle racheté Oculus et qu’est-ce que cela va changer pour votre entreprise ? Mark Zuckerberg regarde vers l’avenir : «Le mobile est la plateforme d’aujourd’hui mais nous préparons celles de demain. Oculus a le potentiel pour changer la façon dont nous travaillons, jouons et communiquons». Selon lui, les réseaux sociaux d’aujourd’hui permettent de partager des moments. Ceux de demain, des expériences. Il ne fait aucun doute que l’intégration entre les deux plateformes, qui prendra encore du temps, va très probablement révolutionner les relations entre les marques et leurs clients. Les vidéos immersives seront sans doute les premières applications à voir le jour. Mais pas d’inquiétude, votre agence de conversation digitale favorite ByFilling vous tiendra au courant des actions à mener le temps venu !

Sources :

Wikipédia

siliconvalley.blog.lemonde.fr

Techcrunch.com et TechCrunch.com

L’Usine Digitale

Silicon Cape Initiative

University of Pretoria

FilmContact .com

between-two-ferns-e1415817590604-1940x1090crédits image : forbes.com

Il y a quelques semaines nous avons reçu à CTIC Dakar près de 50 porteurs de projets qui avaient postulés pour la prochaine cohorte de notre programme d’accélération BuntuTEKI. A la suite de ces entretiens, 17 projets ont été sélectionnés. Ils seront accompagnés pendant 3 à 6 mois et recevront des fonds d’amorçages en fonction de leurs performances.

C’est toujours un plaisir d’échanger avec ces jeunes plein d’idées et de talent et pour toute notre équipe, ces entretiens bien qu’ils prennent beaucoup de temps, sont une vraie bouffée d’oxygène. Par ailleurs, nous tombons toujours lors de ces sélections sur quelques beaux exemples des choses qui ne penchent pas forcement en la faveur des porteurs. Je voulais donc partager avec vous quelques gaffes à éviter ou bonnes pratiques à adopter :

1) Ne pas demander avant l’entretien : « heu, c’est vraiment obligatoire cet entretien ? »

2) Ne pas arriver 40 min en retard

3) Excusez-vous si jamais vous arrivez quand même 40 min en retard

4) Au Sénégal, évitez tout nom startup en Sen, Sunu ou Sama svp, même si c’est pas facile…

5) Tenez-vous debout de préférence lorsque vous pitchez devant un comité

6) Préparer votre PC avec sa présentation et une clé USB au cas où à l’avance

7) Tout le monde n’a pas un mac, prenez votre adaptateur les fans de Steve

8) Répondre aux questions posées et seulement à cela, ne racontez pas votre vie

9) Si jamais vous n’avez pas la réponse, dites-le franchement

10) Ne pas dire que vous n’avez aucun concurrent si vous n’avez même pas encore tapé le nom de votre service dans Google

11) Ne pas dire à l’équipe de l’incubateur que vous n’avez besoin de rien d’autre que du financement et des PC, ce n’est pas ce que l’on offre

12) Evitez de contredire vos co-fondateurs ou employés devant le jury

13) restez cool, on est là pour vous aider à avancer donc no stress !

Bonne chance pour votre prochain pitch !

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