GIZNote : article écrit pour la newsletter Africaine de la Coopération Technique Allemande GIZ

Par le biais du programme PACC PME-PMF, le bureau de la GIZ au Sénégal soutient une initiative d’un nouveau genre : un incubateur de jeunes entreprises dédié au secteur des TIC. En un peu plus d’un an, ce partenariat public-privé a déjà eu un impact important sur les PME du secteur des TIC mais également sur la compétitivité des autres secteurs économiques.

CTIC Dakar – accélérateur de croissance des PME TIC d’Afrique de l’Ouest

Un incubateur d’entreprises est une structure qui accompagne des projets de création d’entreprises. Ce type de structure apporte un appui en termes d’hébergement, de conseil et de financement, d’assistance juridique et fiscale lors des premières étapes de la vie de l’entreprise. L’incubateur d’entreprises peut également apporter un accompagnement scientifique et technologique.

L’exemple de l’incubateur sénégalais CTIC démontre la pertinence de cette approche. En un an d’existence et dans une approche partenariale publique-privée, le CTIC a su mobiliser les acteurs académiques, économiques, nationaux et internationaux. Cette synergie « plurielle » a permet au CTIC d’accompagner aujourd’hui 11 entreprises et 24 Startups (projets d’entreprises) dans le domaine des TIC. Ces 11 entreprises emploient au total plus de 100 personnes  et auront en 2012 une croissance de plus de 100%.

Fait important, CTIC Dakar est une association mais son but est d’être équilibré financièrement d’ici quatre ans. Pour y arriver, il prélève un pourcentage de la croissance du chiffre d’affaire de ses entreprises. En d’autres termes, si l’entreprise ne grandit pas, l’incubateur ne génère pas de ressources.

Des  services extérieurs sont également proposés tels des certifications ou formations de haut niveau en TIC ou a mise en place d’incubateurs dans toute la sous-région. L’expérience de CTIC Dakar est en effet en train d’être dupliquée avec ses partenaires dans d’autres pays comme le Mali, Niger et le Gabon.

L’apport du Secteur Privé dans le fonctionnement du CTIC

CTIC Dakar est une initiative de la fondation des incubateurs des TIC au Sénégal qui regroupe quelques 2/3 de membres du secteur privé et 1/3 de membres de l’administration. Cette fondation est présidée par le Secteur privé regroupé autour de l’Organisation des Professionnels des Technologies de l’Information et de la Communication (OPTIC). L’incubateur a été une forte demande du secteur privé et a pu être réalisé grâce à toutes les parties prenantes autour de l’entreprenariat et des TIC (Etat, Universités, banques, opérateurs télécoms, patronat, etc.). Le secteur privé participe au financement du fonds d’amorçage, aux événements organisés par CTIC Dakar et accompagne les Startups et PME de CTIC Dakar. Il faut aussi préciser que le comité de sélection des entreprises est composé essentiellement d’entreprises du secteur privé et d’entrepreneurs. L’implication du secteur privé est encore plus déterminante dans l’accompagnement des entreprises de l’incubateur. En effet, au quotidien les entrepreneurs du secteur participent au Mentoring des Startups que CTIC Dakar accompagne et partagent leurs expériences avec les jeunes entrepreneurs.

Un soutien ciblé et « expert » de la GIZ

Dès le lancement de l’initiative en avril 2011, le bureau régional de la GIZ à Dakar mais surtout le programme PACC PME-PMF, qui soutient la compétitivité des PME dans les secteurs clés de l’économie sénégalaise, ont souhaité mieux comprendre et accompagner le projet.  En novembre 2011, un expert CIM spécialisé en entrepreneuriat technologique et en incubation a rejoint l’équipe du CTIC sur un contrat minimum de deux ans. Son rôle consiste entre autres à mettre en place de nouveaux outils et programmes d’accompagnement pour les PME TIC ; à soutenir les entreprises dans leur développement commercial ; à développer des partenariats internationaux avec d’autres incubateurs et acteurs de l’entrepreneuriat afin de positionner le Sénégal et d’ouvrir des marchés aux PME ; et de  structurer des outils de financement pour faire grandir ces entreprises. A cet effet, le premier groupe de Business Angels (investisseurs providentiels) d’Afrique de l’Ouest a été officiellement lancé en juillet 2011. La GIZ accompagne maintenant la structuration de ce dernier afin de faciliter leurs décisions d’investissement. Par ailleurs, l’expert travaille main dans la main avec la direction de l’incubateur et ses partenaires pour en définir le modèle économique et la stratégie long terme.

Mais tout ceci ne serait pas aussi efficace sans le soutien du programme PACC PME-PMF, véritable levier pour toutes ces activités dédiées à la croissance des entreprises. En effet, la GIZ a soutenu l’incubateur à de nombreuses reprises pour des événements ou ateliers de formation, tels que le premier StartupWeekend Dakar, un événement de 54h où se sont retrouvé ingénieurs TIC et acteurs du monde agricole pour développer pas moins de 11 technologies et projets d’entreprises, dont 6 en ensuite été accompagnées par l’incubateur. Fort de ces réussites, la GIZ est maintenant en train de signer une convention de subvention locale avec l’incubateur afin de travailler plus efficacement sur les activités planifiées : accès au financement, formation, nouveau programme d’accélération, etc.

Un exemple de réussite : Mlouma. Portée par le jeune Aboubacar Sidy Sonko, cette entreprise a développé une solution web et mobile permettant aux acteurs du monde agricole de connaitre en temps réel  les prix, quantités et localisations de centaine de produits. L’entreprise qui a vu le jour lors du StartupWeekend et est maintenant une entreprise structurée et qui a établi des partenariats avec plusieurs groupements d’agriculteurs pour implémenter sa solution. Il était récemment sélectionné parmi les 40 entreprises les plus innovantes du continent et invité à la conférence DEMO Africa à Nairobi.

Maillons manquant et prochaines étapes

Le soutient de la GIZ au niveau de l’incubateur CTIC Dakar a pour le moment eu un effet considérable sur la croissance des entreprises du secteur des TIC et sur la compétitivité des autres secteurs grâce aux TIC (agriculture, tourisme, culture, santé, etc). L’incubateur est maintenant sur la bonne voie et est en train de prouver qu’un modèle économiquement viable est possible dans le soutien aux entrepreneurs en Afrique.  Mais pour réellement maximiser et pérenniser son impact, l’incubateur doit maintenant travailler sur trois chantiers de la plus haute importance : son extension afin de soutenir plus d’entreprises au Sénégal et réaliser des économies d’échelle ; son développement sous régional afin de permettre à ses entreprises de bénéficier d’incubateurs partenaires en Afrique de l’Ouest ; et enfin la mise en place de solution de financement pour permettre à ces jeunes entreprises de grandir et de réaliser leur potentiel.

Advertisements