Notes rédigées en partenariat avec Omar CISSE, directeur du CTIC, à l’occasion de la consultation sur l’élaboration de la Stratégie Nationale du Numérique du Sénégal en 2013.

Depuis plus d’une vingtaine d’années, les spécialistes étaient d’avis que le Sénégal regorge d’un potentiel important dans le domaine des Technologies de l’information et de la Communication.

  • Un environnement politique stable
  • Une bonne connectivité Internet
  • Un taux de pénétration du mobile de plus de 80%
  • Plus de 350 entreprises TIC
  • Une contribution de 7 à 9% des TIC au niveau du Produit Intérieur Brut

Cependant, force est de constater qu’aujourd’hui, ce potentiel n’est toujours pas assez exploité et que les TIC au Sénégal n’ont pas connu le développement attendu. Le développement des TIC au Sénégal ne saurait se faire sans des entreprises fortes capables de porter cette économie.

Constat

Cependant, il faut noter que :

• La contribution au PIB est essentiellement portée par les opérateurs de télécommunication et que la part des autres entreprises TIC est très faible ;
• La plupart des entreprises ne dépasse pas les 3 années d’existence ;
• Rares sont les entreprises qui font de la recherche développement du fait qu’elles sont souvent dans un état de survie et que le court terme est leur priorité
• Il n’existe pas de fonds d’amorçage pour des entreprises qui démarrent

L’environnement n’est pas toujours aussi propice au développement des entreprises :
• Le Sénégal ne dispose pas d’une vision clairement définie dans le secteur des TIC. Ceci ne favorise pas l’émergence d’une véritable industrie des TIC
• Le financement par les banques est difficilement accessible par les entreprises TIC du fait qu’elles ne disposent pas souvent de biens matériels pouvant servir de garantie. L’entreprise repose plus sur les ressources humaines et des immobilisations incorporelles. Il n’existe pas aussi de fonds de garantie dédié à ce secteur comme on en trouve pour d’autres ;
• L’investissement privé n’est pas assez structuré dans le secteur des TIC. C’est ainsi qu’il n’existe pas d’outils d’investissement qui pourraient accompagner les porteurs de projets à différents stades de développement (business angels, Venture capitalists, etc.)
• Il existe une faible connexion entre l’Université et l’entreprise. Ceci fait que l’innovation au sein des universités n’est pas vraiment exploitée par l’entreprise et que les véritables problématiques de ces entreprises ne sont pas toujours adressées par les universités. L’entreprenariat pourrait aussi être mieux développé à l’Université dans des domaines qui gagneraient à être mieux adressés par les TIC (agriculture, pêche, élevage, industries culturelles, etc.) ;
• Il existe très peu de structures d’accompagnement pouvant encadrer les entreprises TIC dans leur développement. Le secteur gagnerait à disposer d’un cybervillage, de plus d’incubateurs, de Co-working space, d’organisations qui accompagnent les entrepreneurs, etc. ;
 

Propositions

Les réponses à ces questions sont connues et ont fonctionné dans d’autres pays. Par exemple :
– fonds de soutien à la R&D et l’innovation (type OSEO en France ou SBIR aux US)
– fonds d’amorçage pour les PME TIC
– fonds de co-investissement lié à un club de Business Angel pour amorcer l’industrie du capital risque
– incubateurs et accélérateurs viables économiquement mais soutenus en partie par le gouvernement (son implication du gvt dans ces initiatives est indispensable pour amorcer le modèle)
– co-working spaces et espaces de création pour les développeurs et designers
– programmes de recherches financés par les industriels dans les écoles et universités
– programmes d’entrepreneuriat dans les écoles et universités

– établissement de partenariat avec centres de recherche ou entreprises étrangère, pour amener des technologies de pointe sur le marché Africain

– initiative nationale de promotion de l’entrepreneuriat tech (cf. (cf. Startup America, Startup Britain, Startup Chile, etc)

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