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Article initialement écris pour ByFilling dans le cadre du Salon International des Professionnels de l’Economie Numérique de Dakar qui s’est tenu en décembre 2015.

Le 14 Décembre, le SIPEN à accueilli un panel de haut niveau avec plusieurs acteurs du financement et de l’accompagnement des PME numériques au Sénégal afin de discuter des moyens de soutenir l’émergence de PME à forte croissance en Afrique. Comment s’assurer de la compétitivité de l’économie numérique locale ? Comment accompagner la création et la croissance des jeunes pousses numériques ? Comment faire en sorte que les organisations qui accompagnent ces PME soient indépendantes, crédibles et viables économiques ? Essayons ensemble d’apporter quelques éléments de réponse.

Tout d’abord, pourquoi est-ce important d’avoir des PME fortes et structurées ?

En Afrique, on retrouve un grand nombre de freelancers et de petites structures dans les métiers du numériques, mais trop peu d’entreprises de 10 employés ou plus. Ces dernières sont cruciales pour un pays, car permettant de résister aux fluctuations du marché et à l’arrivée de compétiteurs internationaux qui, s’intéressent désormais massivement au digital sur le continent africain. En effet, s’il n’y a pas en face d’elles des PME d’une certaine taille capable de fidéliser leurs employés et avec des références clients assez conséquentes, ces multinationales n’auront pas de mal à prendre les talents dans l’écosystème et à faire valoir leurs clients occidentaux pour prendre les marchés locaux. De plus, les PME locales sont fortement génératrices d’emplois, qui en majorité sont qualifiés donc relativement bien rémunérés. L’impact social d’un écosystème dense de PME fortes est donc très important.

Comment favoriser l’émergence et la croissance des PME TIC ?

Premièrement, il faut bien sûr inciter à la création d’entreprises via des événements, des concours et autres Hackathons, comme il s’en organisent d’ailleurs maintenant un peu partout en Afrique. Au Sénégal, deux acteurs majeurs, CTIC Dakar et Jokkolabs, contribuent majoritairement à l’animation de cet écosystème et à la sensibilisation en entrepreneuriat technologique via des événements tels que le Tekki48, les JETIC ou la Semaine Mondiale de l’entrepreneuriat.

Ensuite, et c‘est sûrement l’aspect le plus important…et difficile, il faut accompagner ces petites structures nouvellement créées dans leur croissance. Pour ce faire, plusieurs dispositifs peuvent (et doivent) être mis en place :

1- Les incubateurs et accélérateurs d’entreprises

Leurs modèles peuvent varier mais en général, ces structures, publiques, privées ou mixtes fournissent des locaux et l’accompagnement d’experts au quotidien pour favoriser la croissance des PME.

Au Sénégal, le seul acteur de ce domaine, spécialisé dans les TIC, est CTIC Dakar. Il se focalise sur des PME innovantes de 5 à 20 employés ayant un fort potentiel de croissance. L’incubateur est surtout reconnu pour ses services de développement commercial, de gestion comptable et fiscale, de relations presse et de levée de fonds. Son modèle est basé sur un partage de la croissance du chiffre d’affaires de l’entreprise. Si l’entreprise ne grandit pas, elle ne rémunère pas l’incubateur. Ailleurs en Afrique, d’autres modèles émergent, notamment basées sur des prises de participation au capital. Ce modèle, fréquent en Afrique anglophone est encore rare en Afrique francophone et présente des limites car, il est difficilement viable et les entrepreneurs sont en général frileux à l’ouverture de leur capital.

Au Sénégal, il existe aussi d’autres incubateurs multisectoriels tels que Concree.com, qui accompagne des entreprises de tous secteurs et à tous stades via une plateforme en ligne, des mentors et des ateliers très innovants. Il y a également, Synapse Center qui accompagne des porteurs de projets par de la formation dans plusieurs secteurs.

           Lire aussi : “Les incubateurs en Afrique : sont-ils nécessaires ?

2- Les réseaux de mentorat et d’entrepreneurs

Ils sont un excellent moyen de renforcer les capacités des entrepreneurs et de favoriser les partenariats entre ces derniers. Au Sénégal, on retrouve les nouveaux réseaux comme « Enablis » ainsi que « la Rencontre des Entrepreneurs » qui regroupent des gens de qualité, en général sélectionnés par leurs pairs. Nous pouvons aussi noter le rôle important que peuvent jouer les organisations patronales du secteur dont OPTIC au Sénégal et le GOTIC en Côte d’Ivoire.

Quels modèles économiques pour ces structures ?

C’est bien sûr la question la plus importante. L’expérience des pays occidentaux et d’Afrique du nord montre que les modèles 100% publics d’incubateur ou de réseaux d’entrepreneurs ne marchent pas. Cela pour une seule et bonne raison : la crédibilité. C’est le premier aspect. Il faut absolument que votre incubateur soit dirigé par le secteur privé et que les entrepreneurs qui sont accompagnés par la structure sentent qu’ils parlent à des personnes motivées par leur réussite.

Deuxième aspect, la viabilité financière et donc l’indépendance. Il est crucial que l’incubateur cherche à avoir son propre modèle économique, pour pouvoir être plus indépendant vis-à-vis des volontés de ses partenaires, publics, privés ou internationaux, qui sont souvent décalées par rapport aux vrais besoins des entrepreneurs. Ensuite, la recherche de viabilité financière fait en sorte que l’équipe de l’incubateur devient entreprenante elle-même et établie des relations d’égal à égal avec ces entreprises.

Dernier aspect, et c’est le plus important, le fait de faire payer les entreprises pour la totalité ou au moins une partie des services, pousse l’incubateur à une augmentation progressive de la qualité de ces derniers : un client qui paye est en droit d’exiger le meilleur.

          Lire aussi : “Quel modèle choisir pour votre incubateur

En conclusion : Leadership et adaptabilité

Les incubateurs, accélérateurs et réseaux d’entrepreneurs, qui prolifèrent en Afrique représentent une opportunité énorme permettant aux acteurs publics, grands groupes ou partenaires au développement de s‘impliquer de façon pertinente pour la croissance et l’émergence de PME technologiques. Mais ces derniers pour être efficaces doivent faire preuve d’un vrai leadership et adapter en permanence leurs programmes et modèle à leur contexte local… n’essayons surtout pas de reproduire la Silicon Valley ou nous allons finir avec de faux écosystèmes, “Siliconés”.

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between-two-ferns-e1415817590604-1940x1090crédits image : forbes.com

Il y a quelques semaines nous avons reçu à CTIC Dakar près de 50 porteurs de projets qui avaient postulés pour la prochaine cohorte de notre programme d’accélération BuntuTEKI. A la suite de ces entretiens, 17 projets ont été sélectionnés. Ils seront accompagnés pendant 3 à 6 mois et recevront des fonds d’amorçages en fonction de leurs performances.

C’est toujours un plaisir d’échanger avec ces jeunes plein d’idées et de talent et pour toute notre équipe, ces entretiens bien qu’ils prennent beaucoup de temps, sont une vraie bouffée d’oxygène. Par ailleurs, nous tombons toujours lors de ces sélections sur quelques beaux exemples des choses qui ne penchent pas forcement en la faveur des porteurs. Je voulais donc partager avec vous quelques gaffes à éviter ou bonnes pratiques à adopter :

1) Ne pas demander avant l’entretien : « heu, c’est vraiment obligatoire cet entretien ? »

2) Ne pas arriver 40 min en retard

3) Excusez-vous si jamais vous arrivez quand même 40 min en retard

4) Au Sénégal, évitez tout nom startup en Sen, Sunu ou Sama svp, même si c’est pas facile…

5) Tenez-vous debout de préférence lorsque vous pitchez devant un comité

6) Préparer votre PC avec sa présentation et une clé USB au cas où à l’avance

7) Tout le monde n’a pas un mac, prenez votre adaptateur les fans de Steve

8) Répondre aux questions posées et seulement à cela, ne racontez pas votre vie

9) Si jamais vous n’avez pas la réponse, dites-le franchement

10) Ne pas dire que vous n’avez aucun concurrent si vous n’avez même pas encore tapé le nom de votre service dans Google

11) Ne pas dire à l’équipe de l’incubateur que vous n’avez besoin de rien d’autre que du financement et des PC, ce n’est pas ce que l’on offre

12) Evitez de contredire vos co-fondateurs ou employés devant le jury

13) restez cool, on est là pour vous aider à avancer donc no stress !

Bonne chance pour votre prochain pitch !

incubateur afriquePour beaucoup, il n’est pas facile de comprendre ce que veut dire accompagner les tech-entrepreneurs en Afrique. En effet, cette mission fascinante ne préoccupe que quelques bailleurs de fonds, financiers de capital risque, conseillers de tout genre et bien sûr, les structures incubatrices.

Pour moi, ce travail est des plus passionnants au monde, car vous êtes en rapport avec des entrepreneurs brillants et visionnaires, vous êtes en contact avec beaucoup de technologies et de modèles d’entreprises, vous apprenez à connaitre ces entrepreneurs et parfois devenez amis avec quelques-uns.

Mais cela peut aussi être le travail le plus ingrat au monde, et voici pourquoi :

  • La plupart d’entre nous ne deviendrons jamais riches en faisant ce que nous faisons ! En effet, très peu d’entres nous investissons notre propre argent ou avons des parts dans les entreprises que nous accompagnions. Le reste, sont des bénévoles, des employés, des mentors etc et la plupart de nos centres sont des organisations à but non-lucratif. L’ironie c’est que parfois lorsque vous essayer d’avoir une approche entrepreneuriale afin de rendre votre centre viable, on vous reproche de ne pas être assez social !
  • Vous êtes jugés lors que vos startups échouent et vite oubliés quand elles réussissent. Je n’ai pas besoin d’élaborer là dessus, je pense que vous comprenez. Les entrepreneurs ont tous leurs raisons de ne pas dire que c’est vous qui les avez aidés lors qu’ils étaient au plus bas, lorsqu’ils étaient au bord de l’épuisement, quand ils étaient en conflit avec leurs partenaires ou leurs employés, ou encore lorsqu’ils avaient besoin de quelqu’un à qui parler. Et pourtant, vous étiez là à chaque instant. Mais je peux le comprendre. Comme nous, ils évoluent dans un environnement incertain et plein de pression. Certains ne peuvent pas se permettre de s’en vouloir pour ce qui n’a pas marché ou être reconnaissants de quelque chose en dehors de leur propre génie lorsqu’ils réussissent.
  • Vous pouvez toujours mieux faire et c’est une bonne chose d’ailleurs ! Votre travail et votre performance seront toujours mis à l’épreuve et vous êtes donc obligés de vous améliorer à chaque fois et vous êtes rarement félicités pour vos actions. Et même si cela est très ingrat, encore une fois, ceci est une bonne chose. Vous continuez à faire de mieux en mieux pour vos entrepreneurs.

Mais ces sentiments personnels doivent être gérés par chacun. La vraie question que je me pose est la suivante :

Devons-nous vraiment accompagner les entrepreneurs ou est-ce que les vrais entrepreneurs réussissent à se lancer tous seuls ?

  • Nous devons tous conseiller, mettre la pression, ouvrir des portes et booster leurs entreprises, mais nous ne devons pas gérer leurs entreprises à leurs places. En théorie, en tout cas. Dans notre travail vous vous rendrez vite compte que si, à un moment donné, vous n’y mettez pas la main dans la pâte et faire ce qu’il y a à affaire aux cotés de vos entrepreneurs, vous n’arriverez jamais à les faire travailler sur ce qui est stratégique ou même vous faire respecter. Ceci dit, vous devez vous assurer que vous apportez de l’aide qu’à ceux qui sont prêts à donner autant à leur entreprise que vous ne soyez prêts à donner pour votre incubateur. Parfois, des circonstances particulières font que votre entrepreneur ou son équipe ne puissent plus fonctionner (l’épuisement, ou le départ d’un employé clé sont des cas fréquents). Dans ces cas-là, soit vous regardez l’entreprise s’effondrer en vous disant que ça n’est pas de votre faute ou vous gérez l’entreprise en période de crise. Heureusement, nous n’avons eu à le faire qu’une seule fois au CTIC, en trois ans d’activités. Cette startup qui était en situation critique à l’époque fait maintenant partie des plus prospères au Sénégal.
  • Même les plus grands entrepreneurs auront besoin d’aide à un moment donné.

On vous dira, surtout aux États-Unis, qu’un entrepreneur qui a besoin d’être accompagné par un incubateur, ne réussira pas au final. C’est peut-être vrai en Amérique du Nord ou les incubateurs peuvent en effet être remplacés par d’autres acteurs de l’écosystème qui sont déjà actifs depuis longtemps : les mentors, les bailleurs de fonds, les professeurs, les compagnons de classes, la famille—qui jouent un rôle crucial dans la création des success stories que nous connaissons tous.

Mais au Sénégal, comme probablement dans beaucoup d’autres pays, nous n’avons pas beaucoup de types d’accompagnements pour les startups. Votre incubateur peut donc jouer un rôle très important. Mais il est également dangereux de centraliser cet accompagnement pour les entrepreneurs dans seulement un ou deux lieux dans un pays. C’est pour cela que je crois qu’il est clairement de notre rôle d’aider à construire un écosystème et accompagner d’autres structures—même si cela veut dire qu’un jour ils deviendront nos concurrents. Pas de quoi s’inquiéter, car la tâche est immense et plus on est de fous, plus on rit !

  • Nous devrions accompagner les entrepreneurs comme si nous avions investi un million de dollars sur eux.

Nous devons le faire avec passion, dévouement et de l’empathie. Nous devons nous mettre dans la tête et dans la vie de nos entrepreneurs chaque fois que nous les rencontrons et travaillons avec eux. Pour nous au CTIC, il a naturellement été plus facile pour nous de créer ce rapport symbiotique avec les entrepreneurs qui se trouvent dans le hub plutôt qu’avec nos incubés « virtuels » qui eux, ont des bureaux en dehors des locaux de notre incubateur.

  • Enfin, nous ne devons jamais nous approprier le succès d’une entreprise

J’ai entendu dire une fois, que les bons incubateurs et accélérateurs ne parlent jamais plus d’eux-mêmes que de leurs entreprises. Je suis totalement d’accord. Je crois que quelques soient les services que vous offrez à vos startup, vous n’êtes pas responsables de leurs succès ! Les personnes remarquables réussissent quoi qu’il arrive—vous avez seulement aidez à booster leur croissance et les faire surmonter les moments difficiles.

En résumé, ce travail passionnant est très difficile dans les pays dans lesquels les écosystèmes restent à construire. Mais faites-le avec passion et humilité. Voyez au-delà et ne vous découragez pas ! Vous êtes sur la bonne voie !

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A CTIC Dakar, nous sommes interrogés de façon journalière sur notre modèle: Comment sommes-nous financés? Quelle est notre structure de gouvernance ? Pourquoi les compagnies incubées doivent-elles nous payer ? Comment avons-nous commencé ? Etc.

Pour répondre à certaines de ces questions, j’aimerais, dans cet article, discuter des avantages et des inconvénients de diverses formes de gouvernance pour les incubateurs et accélérateurs technologiques en Afrique en utilisant la loupe de CTIC Dakar, qui est une organisation à but non-lucratif née d’un partenariat public privé visant à être financièrement viable en 5 ans (plus que deux ans maintenant, wow!).

Type de service fournis

Tout d’abord, il est très important de distinguer les diverses formes de soutien apportées aux entrepreneurs et de définir ce que l’on entend par “incubateur” ou “accélérateur”. Ce que l’on souhaite faire a une forte influence sur le budget et donc sur le modèle de gouvernance de tech hub. Pour moi, un incubateur ou un accélérateur est une organisation, à but lucratif ou non-lucratif, qui fournit un espace physique et un soutien intense et pratique aux entrepreneurs dans le but d’augmenter leurs performances. Leur première, et parfois seule mission est de créer et de soutenir des entreprises à forte croissance. La qualité du soutien fourni par l’incubateur est très dépendante de la qualité de ses membres d’équipe et donc, ce type d’organisation implique d’importants frais de fonctionnement notamment en ressources humaines. Elles emploient généralement 5 à 10 personnes en plus des mentors et consultants occasionnels et leur bâtiment doit être assez large pour idéalement fournir des bureaux individuels à 7-10 petites entreprises.

D’un autre côté, les fablabs et les coworking space ont pour mission première de créer et d’animer des communautés technologiques. Ainsi, leur structure de cout est composée principalement de community management et d’organisation d’évènements. Les investissements nécessaires au lancement peuvent donc être assez modestes et augmenter par la suite.

Taille de marché et “deal flow”

Ensuite, il faut se demander la chose suivante: Quelle est la taille de son marché en tant qu’incubateur? Je reste convaincu que les pays d’Afrique Sub-Saharienne n’ont pas assez d’entreprises à forte croissance pour permettre de un modèle d’incubateur financé de façon totalement privée, et ce quel que soit le modèle de revenu utilisé (prise de participation, revenue sharing, etc.) sauf peut-être si l’on ne fait que de la location d’espace (sans coût additionnel de ressources humaines.

Par ailleurs, je pense qu’il faut prendre le temps de construire un « pipeline » de startups prometteuses en investissant beaucoup de temps et de ressources à un stage prématuré, notamment au niveau des universités et des écoles. Nous faisons souvent cela à CTIC Dakar, à travers des événements et des ateliers dont le TEKKI48, une accélération de startups en 48h que nous lançons dans plusieurs villes Sénégalaises tous les 4 mois.

Ainsi, nous espérons qu’un projet sur 20 que nous identifions et accompagnons va finalement devenir une startup intéressante et intégrer nos programmes. Nous avons eu deux beaux exemples cette année avec TongTong.sn, une plateforme d’achat groupé et Genius Family, une startup développant des logiciels de gestion et des applications pour des boutiquiers analphabètes. Ces deux entreprises sont parties de rien en 2013, ont acquis un financement à travers l’un de nos partenaires et sont maintenant en pleine croissance et capable de payer environ dix salaires à la fin de chaque mois. Elles ont pu intégrer notre programme d’incubation en septembre 2014.

En résumé, si vous n’avez pas assez de PMEs mûres dans votre pays ou marché ou bien un écosystème structuré d’investisseurs privés (business angels), vous aurez surement besoin de fonds gouvernementaux ou de bailleurs internationaux à un moment ou à un autre – à moins bien sûr d’avoir un gros investisseur privé derrière vous (ce qui est le cas de l’excellent MEST au Ghana, financé par l’entreprise de logiciel Meltwater). Le choix que nous faisons à CTIC Dakar est d’utiliser ces fonds publics pour démarrer la machine, faire grandir le « deal flow » et ensuite générer des revenus via nos entreprises clientes – qui nous payent sur la base de leur croissance de chiffre d’affaire ou de leur marge pour les entreprises de e-commerce.

Gouvernance, prise de décisions et innovation

C’est là clairement le plus grand désavantage des incubateurs public ou soutenus par des partenaires au développement. Si vous aidez des entrepreneurs, vous ne souhaitez pas que le gouvernement dirige toute l’opération. Néanmoins, si vous voulez que ces gens vous donnent de l’argent, il faut accepter de les impliquer d’une manière ou d’une autre. C’est un jeu de pouvoir délicat. La manière dont nous gérons cela, ici au CTIC, est d’inclure les plus importants de ces bailleurs publics dans le comité de gestion en nous assurant que ce dernier reste dirigé par le secteur privé (l’organisation des professionnels des TICs). D’autres partenaires privés sont aussi fortement représentés (tels que l’opérateur téléphonique Orange par exemple). Il est aussi important de noter qu’aucun des bailleurs internationaux avec lesquels nous sommes partenaires (Banque mondiale, GIZ, Union Européenne) n’est incluse dans le comité de gestion. Jusqu’ici, nous avons pu gérer les ambitions de nos partenaires publics et internationaux en les guidant vers la réalisation de notre vision et non pas l’inverse, et nous ferons en sorte que cela perdure.

Accès aux marchés et aux financements

Soyons réalistes: Dans beaucoup de pays d’Afrique, les gouvernements sont relativement puissants en comparaison au secteur privé. Ainsi, le plus grand avantage au fait d’avoir des partenaires publics ou privés en relation étroite avec son hub est l’ouverture de certaines portes. En effet, une fois qu’ils croient en votre mission et comprennent la valeur concrète que vous leur apportez pour la réalisation de leurs objectifs propres, ils peuvent beaucoup vous aider ainsi que vos startups, en les impliquant dans des projets publics et/ou en leur fournissant un financement de démarrage. Par exemple, l’an dernier, nous avons obtenu plus de 40 millions de fcfa de la part de l’Autorité de Régulation des Télécommunication et du Fonds de Développement du Service Universel, qui ont été remis directement à 8 startups. Ce type de financement public peut-être nocif pour le modèle économique d’une startup-comme cela a été largement débattu récemment dans la blogosphère tech kenyane – mais je crois que si l’on combine ce financement avec un soutien de l’incubateur très orienté business, cela fonctionne. Plusieurs de nos entreprises en sont la preuve.

Gestion et rétention d’équipe

Enfin, je pense que le plus grand désavantage de ne pas avoir un modèle purement privé est qu’à un moment, si votre équipe et les business developers sont suffisamment entrepreneuriaux – et c’est ce dont vous avez besoin – ils s’en iront faire leurs propres affaires après 3 à 5 ans. En revanche, si vous avez un modèle privé, c’est soit votre propre bébé soit vous pouvez espérer des parts de capital ou au moins le diriger où vous le souhaitez. Si vous avez donc un modèle public ou public-privé, je vous encourage donc à faire le maximum pour épanouir votre équipe, la faire grandir et lui donner un maximum de responsabilités, afin de les retenir le plus longtemps possible.

En résumé, il est évident qu’aucun modèle universel n’existe pour les incubateurs technologiques. Selon moi, le marché pour les incubateurs financés de façon purement privés et de façon durable n’existe pas encore pour la plupart des pays d’Afrique Sub-Saharienne. Nous devons saisir les opportunités qui résident dans le fait d’impliquer des donneurs publics et internationaux, notamment les partenaires au développement. Cependant, dans le champ de l’entreprenariat technologique en Afrique, tout est histoire de leadership, d’équilibre d’influences et d’équipe.

Le second meeting annuel d’Afrilabs s’est tenu en Mai 2014 à Berlin. Avec le support de la Coopération Allemande (GIZ), plus de 35 représentants de 29 tech hubs, espaces de co-working ou incubateurs, membres du réseau Afrilabs se sont rejoints à Berlin pour travailler sur le futur de cette organisation. Après une semaine passée avec ces personnes fabuleuses venant de tout le continent, je voulais partager quelques points de discussion sur l’avenir de l’entrepreneuriat technologique en Afrique.

1) Nous sommes à l’aube communauté technologique pan-africaine structurée – où des personnes qui se font confiance partagent, apprennent et acquièrent des connaissances qui sont spécifiques au contexte Africain. En étant dans cette salle avec les 30 et quelques membres du réseau Afrilabs, j’ai vraiment eu ce sentiment d’être entouré de leaders extraordinaires qui une fois regroupés avaient entre leurs mains un pouvoir considérable. Imaginez seulement ce que sera l’écosystème du business et des technologies Africaines dans 5 ou 10 ans… Pour une meilleure compréhension du contexte, les premier espaces de co-working sont apparus il y a moins de 5 ans au Kenya et en Uganda. Aujourd’hui, nous comptons plus de 100 tech hubs sur le continent et la liste s’allonge chaque mois. Afrilabs vise à connecter ceux d’entre nous qui sommes les plus « avancés » dans la construction de modèle locaux pour le soutien à l’entrepreneuriat et aux communautés technologiques. Le réseau est passé de 19 centres en 2013 à 29 en Mai 2014. Cela signifie en partie que les personnes membres de ce réseau sont les pionniers de quelque chose qui grandit vite et qui aura un impact considérable pour le développement socio-économique des pays. C’est pourquoi je pense que nous devons entretenir la proximité et cette confiance naissante entre les membres mais également définir ensemble ce que doit être ce réseau, ses valeurs et sa vision afin qu’il nous porte et nous « protège » tous. Sans des valeurs et une vision claire de ce que devraient être l’écosystème et le rôle des centres technologiques du continent, nous pourrions encore une fois être à la merci de l’influence internationale, que ce soient les gouvernements ou les entreprises.

2) L’intérêt international sur la communauté Tech d’Afrique croit rapidement. En témoigne l’engagement très important (financièrement et en termes de représentation) de la GIZ (coopération technique allemande) envers le réseau d’Afrilabs et ses membres. Il est évident que personne ne sait où tout cela nous mènera et il est trop tôt pour emmètre des hypothèses, mais il est assez intéressant de voir que les Allemands pourraient bien avoir décelé ce que sera le futur de la coopération internationale de développement : un support multilatéral pour connecter les structures qui accompagnent ces leaders venant de pays émergents. Des études devraient être menées et des chiffres extraits, mais passer via les tech hubs et ces gens influents et connectés aurait probablement un rapport « d’impact par dollar investit » intéressant. Le mot impact pourrait aussi être remplacé par image, selon votre perception de l’aide internationale au développement. Cependant, les Etats donateurs ont été précédés dans cet hameçonnage des centres technologiques et entrepreneurs Africains par beaucoup, et de plus en plus de fondations privées comme Hivos, Omidyar Network, Rockefeller et des sociétés comme Microsoft, Google et des opérateurs de télécommunication comme Millicom (representé par Tigo) ou Orange.

3) Les modèles d’interaction (d’influence) sont multiples et dépendent de la capacité de l’organisation internationale à traiter avec les petits investissements ou subventions.Le plus courant est le support direct des centres technologiques locaux ou des entrepreneurs dans chaque pays. Cela peut être plus valorisé s’il y a un fort leadership local, qui provoquera des relations gagnant-gagnants plus adaptées. Cependant, il sera plus ardu de convaincre les partenaires car la taille de ces écosystèmes et de leurs entreprises est encore limitée.

La seconde option sera d’aller vers les organisations de « réseaux » comme Afrilabs, afin de pouvoir cibler un grand nombre de pays et de tech hubs sans avoir à augmenter les frais de gestion. Cela nous permettra surement en tant que hub d’avoir un pouvoir d’attractivité et de négociation plus important – et ainsi de s’assurer que les soutiens obtenus rentrent dans nos stratégies à long terme et la vision du réseau.

Une autre option est celle qui a été choisie par le désormais célèbre groupe Rocket Internet ou African Holding Company, qui est actionnaire de nombreuses société en partenariat avec les opérateurs télécom (Tigo) et MTN. L’opérateur supporte des plateformes d‘e-commerce inspirées de modèles occidentaux et recrute des équipes commerciales dirigées par de jeunes managers de haut niveau, généralement issus de la diaspora. La vaste majorité de leurs ressources techniques sont mutualisées et basées au siège de la société en Allemagne ou au Nigéria. De l’autre côté du spectre, Millicom est aussi entrain de lancer un accélérateur de startups à Kigali, au Rwanda. La société possède environ 30% des actions des startups crées en échange d’un fonds d’amorçage de 25.000 dollars (je vous laisse faire les calculs de valuation).

Mais ne soyons pas trop sévères envers ces modèles, en fin de compte, ils attirent l’attention sur la sphère technologique Africaine, ouvrent des marchés et aident à apporter ou développer d’extraordinaires compétences en affaires et en technologies dans le continent. Reconnaissons aussi que, quel que soit leur forme, intérêt ou vision, ces supports sont aussi des pionniers et de grands preneurs de risques qui croient à un brillant futur pour le continent (euh… ne serai-je pas un peu trop naïf ?)

4) L’importance d’un leadership local et panafricain pour forger cet écosystème

Pour le meilleur ou pour le pire, l’influence internationale sur la scène technologique Africaine grandira, et plus rapidement dans les années à venir. Notre challenge en tant que managers d’organismes locaux dans les technologies est de renforcer le leadership panafricain et ainsi, au lieu de seulement les accompagner dans leurs ambitions, amenons ces institutions à nous aider dans la réalisation de notre stratégie et de notre vision. C’est pourquoi, il est PRIMORDIAL, pour chacun de nous, individuellement et de manière collective de travailler sur la consolidation de cette vision et de nos valeurs. Définir ces dernières de manière forte créera surement des opposants et amènera à la création d’autres organisations et de réseaux africains ayant leurs propres perspectives. Mais nous devons quand même le faire, car si nous restons dans une sorte de consensus mou parce que nous avons peur des sacrifices et de heurter, nous finirons, comme beaucoup d’ONG sur le continent –complètement phagocytés par des organismes internationaux. De plus, assurons nous d’éduquer et d’inculquer nos connaissances à nos décideurs locaux et rendons les responsables, autrement, ils pourraient facilement se retrouver du mauvais côté.

Encore une fois, en Afrique, tout est question de leadership.

Article écrit en collaboration avec Maïmouna DIOP, stagiaire à CTIC Dakar et étudiante à l’Institut Supérieur de Management.

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Interview réalisée par Samir Abdelkrim et paru originalement sur le blog startupbrics.com

 Interview cette semaine avec Yann Lebeux, mentor et innovation catalyst au CTIC Dakar. Créé en 2011, le CTIC Dakar est l’un des incubateurs les plus importants et performants d’Afrique de l’Ouest : plusieurs dizaines d’entreprises accompagnées (PME et startups TIC) dont plusieurs sont devenus des pépites régionales, près de 1000 jeunes porteurs de projets sénégalais coachés, une soixante d’évènements organisées, etc. Deux formes d’accompagnement à CTIC : tout d’abord un programme d’incubation pouvant aller à 3 ans pour les jeunes startups nouvellement crées. Ensuite un programme de coaching sur 3 mois destinées aux porteurs de projets encore au stade « idées » : challenger le modèle économique, former les équipes, fabrication et optimisation du business plan, etc. En croissance de chiffres d’affaires cumulés pour ses entreprises incubés, le CTIC Dakar au participé à générer près de 2 milliards de Francs CFA de revenus sur 3 ans, soit une croissance de + 249% entre 2011 et 2013. Un engouement qui ne se dément pas : depuis 2011, un peu moins de 700 prospects et candidats ont été identifiés par le CTIC Dakar.

Hello Yann ! Peux-tu nous présenter le CTIC Dakar ?

Le CTIC a été créé en 2011 à la suite d’une forte impulsion du secteur privé qui souhaitait accélérer le développement des TIC au Sénégal. Différents partenaires publics-privés ont rejoint la boucle notamment la Banque Mondiale ou encore Orange RSE. Nous sommes d’ailleurs l’un des premiers incubateurs francophones soutenu par la Banque Mondiale.

La vision du CTIC est de faire émerger du Sénégal des entreprises TIC au rayonnement international. Pour maintenir notre vision entrepreneuriale et être indépendant des bailleurs, nous bâtissons un modèle économique viable en prenant un pourcentage de la croissance du chiffre d’affaires des entreprises que l’on accompagne. En gros, on regarde la différence de chiffre d’affaires entre l’année 1 et l’année 2. S’il n’y a pas de croissance, la startup ne nous paie pas, s’il y a de la croissance, le CTIC perçoit un pourcentage de la croissance (du delta). Nous partageons vraiment le succès mais aussi l’échec avec nos jeunes pousses. En termes d’incubation en Afrique, ce modèle est vraiment original, car nous ne faisons pas de prises de participation dans le capital des boîtes mais nous ne sommes pas dans le gratuit non plus !

Ce modèle est mieux adapté aux entrepreneurs africains souvent réticents à l’idée d’ouvrir leur capital. Nos résultats après presque 3 ans sont assez intéressants: pour les entreprises incubées au CTIC, la croissance du chiffre d’affaires a été de +85% en 2012 et 37% en 2013. Ce qui prouve qu’avec un minimum d’accompagnement et de structuration, ces entreprises survivent et ont une forte croissance. Nous avons également pu soulever plus de 100 millions de FCFA (150 000 euros) pour nos startups en 2013, majoritairement auprès d’investisseurs privés ou publics locaux.

En 2 ans nous avons accompagné 16 entreprises incubées qui génèrent déjà du chiffres d’affaires et qui pour certaines sont déjà internationalisés dans des pays de la région. En plus du programme d’incubation nous avons développé et mis en place un modèle d’accélérateur, BuntuTEKI (la porte su succès en wolof), dont le but est de prendre des startups au stade produit (pas forcément légalement constituée) et on se donne 6 mois pour donner vie à la startup et lui permettre de devenir une structure viable. Après les 6 mois, les startups les plus solides peuvent entrer dans le programme d’incubation. Nous avons accompagné 34 de startups en accélération à ce jour, principalement dans l’internet, les applications mobiles ou le logiciel.

Quand on parle d’innovation ou de startups en Afrique, on cite souvent le Kenya ou l’Afrique du Sud. Quid du Sénégal ?

Le Sénégal est un pays intéressant sur plusieurs points. De nombreuses entreprises internationales sont présentes ici à Dakar pour couvrir l’Afrique francophone comme Google ou Microsoft qui ont des bureaux ici. En effet, le Sénégal est un pays test intéressant pour couvrir les marchés de la région car il est assez en avance sur certains points : en termes d’éducation, en termes de classes moyennes, de connectivité, d’infrastructures, etc.

Donc pour tester des produits avec une stratégie sous-régionale derrière, le Sénégal est idéal pour se positionner.  Notre vision au CTIC est vraiment de positionner le Sénégal comme un Hub numérique pour l’Afrique francophone, et pour faire du offshoring aussi : les boîtes françaises sont de plus en plus intéressés à développer de l’activité ici plutôt que de partir en Chine. Finalement, la qualité de vie, très bonne à Dakar, joue beaucoup dans l’attractivité du Sénégal.

Peux-tu nous donner quelques exemples de Success Stories qui sont passées par le CTIC Dakar ?

Bien sûr ! Je peux citer par exemple :

People Input, qui est maintenant l’une des agences digitales leader en Afrique de l’ouest (ils ont notamment réalisé l’application d’Expresso Sénégal, un App store pour le compte d’Orange Cote d’Ivoire ou encore l’Application mobile de Jeune Afrique). Ils ont maintenant une trentaine d’employés et sont installés dans 4 pays dont le Sénégal.

Seysoo, dans le développement logiciel, a une quinzaine d’employés dont la moitié au Gabon sur un gros projet de l’état Gabonais. Ils ont aussi développé une solution pour les cabinets de radiologues, dentistes et médecins.

Niokobok.com, le site de e-commerce qui permet à la Diaspora d’acheter des produits de grande consommation a leurs proches restés au pays. L’entreprise a déjà une base de clients solides et commence à générer un chiffre d’affaire assez intéressant. Ils sont maintenant dans une phase d’expansion pour pouvoir grandir leur modèle sur d’autres filières et peut être d’autres pays.

Xtreme Sénégal, une startup fondée par des ingénieurs ayant vécu 15 ans aux USA et qui développe des solutions logicielles et mobiles pour le secteur à forte croissance de l’hôtellerie en Afrique. Leurs solutions sont déployées dans plusieurs hôtels.

Nelam Services qui est derrière le site numéro un du Sénégal pour la culture et les événements, agendakar.com. Ils ont une équipe de 20 personnes. Ils gèrent également la présence digitale de plusieurs groupes ainsi que NoSmokeRevolution, une campagne digitale de grande envergure financée par une fondation américaine dans le but de faire passer une loi anti tabac au Sénégal – et ça marche !

start-up Afrique

Article paru dans Les Echos Business le 7 avril 2014

 Positionnés dans plusieurs pays, les structures d’accompagnement financées par des grands groupes internationaux jouent un rôle majeur dans l’éclosion des start-up africaines.

Applications mobiles, ingénierie informatique, logiciel libre … dans le secteur du numérique, les start-up africaines poussent comme des champignons. Pour Karim Koundi, directeur associé responsable Afrique francophone au sein du cabinet conseil Deloitte, la prolifération de ces jeunes pousses tient notamment à la création de structures d’accompagnement pilotées par de grands groupes informatiques ou télécom. « Cela concerne surtout les pays où l’activité Telecom est déjà développée comme le Gabon, la Côte d’Ivoire, le Sénégal, la Tunisie ou le Maroc », précise le consultant. Ces incubateurs locaux vont fournir une assistance comptable, juridique, marketing … et donner un coup de pouce financier. Une aubaine dans des pays où les investisseurs se font rares.

Orange, Microsoft : des groupes en soutien

A Dakar, le CTIC d’Orange a vocation à mettre en œuvre un modèle et un écosystème favorables à l’émergence et au développement d’entreprises dans le secteur des TIC. Le groupe français possède une structure similaire à Tunis. Dans cette ville, Microsoft s’est associé avec l’opérateur Tunisiana pour lancer dès 2007 une pépinière de start-up d’où sont déjà sortis 60 projets innovants.

A Accra au Ghana, un pays où le taux de croissance atteindrait 8% en 2013, deux incubateurs spécialisés dans les applications mobiles ont déjà vus le jour. Fondée en 2011, l’association mFriday est spécialisée dans l’accompagnement d’étudiants locaux tandis que Mobile Web Ghana prend en main des ingénieurs et des créateurs de start-up avec des programmes de coaching.

D’autres structures de ce type existent au Nigéria où l’on compte 75 millions d’abonnés mobiles. Ailleurs, sur le continent, il y a d’autres lieux de soutien en cours de création comme la nouvelle pépinière d’entreprises de Niamey (Niger), dédiée aux TIC et aux énergies renouvelables et soutenue par Orange.