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Le continent africain est sans nul doute un continent d’avenir, que ce soit par sa croissance économique (près de 5% en 2015), par le dynamisme de sa population (50% des gens ont moins de 17 ans au Sénégal par exemple) et bien sûr par la transition de nombreux états vers des systèmes (plus ou moins) démocratiques, donc plus stables et plus sûrs pour les investisseurs. Désormais, l’étranger qui atterrit à Dakar, Abidjan ou Nairobi est frappé par le niveau de développement des infrastructures. En effet, il ne s’attend pas à trouver autant de routes, d’hôtels, d’industries… et de pubs pour les opérateurs télécoms !

Car ceci est peut-être le plus marquant quand on arrive sur le continent : le boom technologique qui est en train de s’y passer. Bien sûr, il se passe aussi partout dans le monde, mais beaucoup pensaient que les entrepreneurs et consommateurs africains ne s’intéresseraient au numérique qu’une fois tous les autres problèmes résolus : santé, éducation, etc. Au contraire, il s’avère que l’espoir même du développement accéléré, qualitatif et équitable du continent passe aujourd’hui par les technologies.

Pour résumer, pensez à un marché où la plupart des états sont encore faibles et où santé, éducation, économie sont négligées ou, au mieux, prises en charges par des bailleurs internationaux ; où les entreprises de tous secteurs – bâtiment, commerce, services – grandissent 3 fois plus vite qu’ailleurs et sont demandeuses de services informatiques adaptés à leur contexte. Imaginez un continent de 2 milliards de personnes dont environ 20% de la population est connecté au reste du monde alors que le reste du monde ne les regarde pas encore.

Tout cela, comme vous le comprendrez, représente des opportunités d’affaires incroyables pour les entrepreneurs occidentaux, à condition bien sûr de faire les choses bien. Dans un prochain billet, nous parlerons d’ailleurs de la manière d’aborder son développement en Afrique. Mais pour l’instant quelles opportunité pour les entreprises technologiques en Afrique ?

1) Les technologies « adaptés »

Par cela nous entendons toutes les technologies ayant potentiellement plus d’impact et de marché en Afrique qu’ailleurs. Nous pouvons citer par exemple les technologies vocales, comme d’ailleurs Voxygen, cette spin off de Orange Lab qui fait de la synthèse vocale à partir de texte en français, anglais et de nombreuses autres langues, dont certaines africaines. Pour sa première d’implantation à l’étranger la PME a logiquement choisi l’Afrique, où une grande partie de la population est encore illettrée… mais maintenant connectée ! Nous pouvons ainsi imaginer de nombreuses technologies ou applications qui, lorsque bien pensées et adaptées au contexte local, peuvent permettre de fournir des services à un très large marché. La question des business modèles est cependant très importante et nous traiterons de ce sujet dans un prochain article.

2) Les objets connectés

Ce domaine émerge tout juste en Afrique et est pour l’instant concentré autour de quelques fablab ou maker spaces tels que le WoeLab au Togo, GearBox au Kenya ou Ker Thiossane au Sénégal. L’incubateur CTIC Dakar lancera aussi prochainement, à Dakar, WAZIUP, un programme Européen de recherche de 3 ans pour le développement d’applications IoT en Afrique. Le potentiels des objets connectés peut être immense dans un contexte où de nombreuses infrastructures de bases (routes, ponts, télécommunication) sont encore en construction ou trop couteuses. Pourquoi une ONG transporterait ses médicaments par une route en terre quand elle peut le faire avec un drône ?

3) le marketing digital

Le boom du marketing digital a débuté dans les pays les plus mûrs comme le Nigéria, le Sénégal et la Cote d’Ivoire en Afrique de l’Ouest. Déjà vous retrouvez des agences bien établies et de qualité internationale telles que ByFilling ou People Input. Il ne faut donc pas chercher à rentrer de manière classique sur ce marché mais penser partenariat ou segmentation. Un marché énorme restant à prendre en compte par exemple pour le marketing digital est celui du e-commerce, dont la croissance en Afrique est extrêmement forte. Le succès de la startup franco-sénégalaise Niokobok en témoigne par exemple.

4) le big data

Bien sûr cela va de pair avec le boom des objets connectés et des smartphones, mais replacez cela dans un contexte où les TPE et PME manquent encore d’outils de gestion de base. Par exemple imaginez un boutiquier à Dakar qui note toutes ses commandes et ventes sur un carnet. Si bien pensé et adapté à ses besoins, un logiciel de gestion tel que Ndiarté de l’entreprise Sénégalaise Genius Family a un impact direct sur la croissance. Par ailleurs, ce genre d’applications collecte des milliers de données sur les clients et fournisseurs, et ne sont pas encore suffisamment exploitées. Ajoutez-y bientôt le boom des paiements par le mobile… Il y a donc ici de grosses opportunités pour les entreprises d’analyse et de visualisation de données massives.

5) les « uber-like »

Le cliché veut que l’Afrique soit le continent où le « communautaire » est né et perdure toujours… alors qu’en occident, il a été perdu et ne revient que depuis peu grâce aux Uber et AirBnB. Cette question mériterait une analyse anthropologique poussée. Notre avis est que les modèles communautaires peuvent extrêmement bien marcher en Afrique, à condition peut être de les faires débuter dans les cercles familiaux élargis, dans lesquels la confiance est la plus forte. Un aspect par contre plus visible, est le fait que sur le continent, très peu de pays ont eu une industrialisation de masse menant à l’employabilité de la majorité de la population. Vous retrouvez donc des économies informelles où la population active a rarement un emploi stable et unique, mais cumule déjà plusieurs jobs et petits business. Pour résumer, nous pensons que l’association d’une économie informelle et donc flexible avec une culture communautaire forte est une très bonne base pour le déploiement de services décentralisés ou « uber-like ».

6) Le UX/UI Design

Aucune des innovations mentionnées ci-dessus ne pourra réussir si la qualité des interfaces graphiques et de l’expérience utilisateur sont négligées. Pour rappel, au Sénégal par exemple, 94% des connections à internet se font par le mobile, et comme nous le disions plus haut, une partie de la population est encore illettrée, en tous cas en français. Le design des interfaces, des parcours utilisateurs, de l’iconographie est vraiment important car les gens ne réagissent pas encore aux mêmes codes qu’en occident. Une icône avec une maison a-t-elle la même signification partout ? Nous manquons encore cruellement de designer en Afrique et ceci représente une forte opportunité pour des entreprises étrangères ayant une expérience dans ce domaine, soit par la collaboration avec des développeurs locaux soit par la formation et le renforcement des compétences en design locales.

En bref

Vous l’aurez compris, l’Afrique représente une terre d’opportunité pour les entreprises du numérique. Cependant, il ne faut pas se contenter de répliquer sur ce continent les modèles cassés et les entreprises en perte de croissance en occident. Il faut innover encore plus en s’imprégnant longuement du contexte local, seulement ainsi nous pourrons pallier au manque d’infrastructure et de réaliser les sauts technologiques qui seront le levier d’une croissance accélérée et durable.

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Article initialement écris pour ByFilling dans le cadre du Salon International des Professionnels de l’Economie Numérique de Dakar qui s’est tenu en décembre 2015.

Le 14 Décembre, le SIPEN à accueilli un panel de haut niveau avec plusieurs acteurs du financement et de l’accompagnement des PME numériques au Sénégal afin de discuter des moyens de soutenir l’émergence de PME à forte croissance en Afrique. Comment s’assurer de la compétitivité de l’économie numérique locale ? Comment accompagner la création et la croissance des jeunes pousses numériques ? Comment faire en sorte que les organisations qui accompagnent ces PME soient indépendantes, crédibles et viables économiques ? Essayons ensemble d’apporter quelques éléments de réponse.

Tout d’abord, pourquoi est-ce important d’avoir des PME fortes et structurées ?

En Afrique, on retrouve un grand nombre de freelancers et de petites structures dans les métiers du numériques, mais trop peu d’entreprises de 10 employés ou plus. Ces dernières sont cruciales pour un pays, car permettant de résister aux fluctuations du marché et à l’arrivée de compétiteurs internationaux qui, s’intéressent désormais massivement au digital sur le continent africain. En effet, s’il n’y a pas en face d’elles des PME d’une certaine taille capable de fidéliser leurs employés et avec des références clients assez conséquentes, ces multinationales n’auront pas de mal à prendre les talents dans l’écosystème et à faire valoir leurs clients occidentaux pour prendre les marchés locaux. De plus, les PME locales sont fortement génératrices d’emplois, qui en majorité sont qualifiés donc relativement bien rémunérés. L’impact social d’un écosystème dense de PME fortes est donc très important.

Comment favoriser l’émergence et la croissance des PME TIC ?

Premièrement, il faut bien sûr inciter à la création d’entreprises via des événements, des concours et autres Hackathons, comme il s’en organisent d’ailleurs maintenant un peu partout en Afrique. Au Sénégal, deux acteurs majeurs, CTIC Dakar et Jokkolabs, contribuent majoritairement à l’animation de cet écosystème et à la sensibilisation en entrepreneuriat technologique via des événements tels que le Tekki48, les JETIC ou la Semaine Mondiale de l’entrepreneuriat.

Ensuite, et c‘est sûrement l’aspect le plus important…et difficile, il faut accompagner ces petites structures nouvellement créées dans leur croissance. Pour ce faire, plusieurs dispositifs peuvent (et doivent) être mis en place :

1- Les incubateurs et accélérateurs d’entreprises

Leurs modèles peuvent varier mais en général, ces structures, publiques, privées ou mixtes fournissent des locaux et l’accompagnement d’experts au quotidien pour favoriser la croissance des PME.

Au Sénégal, le seul acteur de ce domaine, spécialisé dans les TIC, est CTIC Dakar. Il se focalise sur des PME innovantes de 5 à 20 employés ayant un fort potentiel de croissance. L’incubateur est surtout reconnu pour ses services de développement commercial, de gestion comptable et fiscale, de relations presse et de levée de fonds. Son modèle est basé sur un partage de la croissance du chiffre d’affaires de l’entreprise. Si l’entreprise ne grandit pas, elle ne rémunère pas l’incubateur. Ailleurs en Afrique, d’autres modèles émergent, notamment basées sur des prises de participation au capital. Ce modèle, fréquent en Afrique anglophone est encore rare en Afrique francophone et présente des limites car, il est difficilement viable et les entrepreneurs sont en général frileux à l’ouverture de leur capital.

Au Sénégal, il existe aussi d’autres incubateurs multisectoriels tels que Concree.com, qui accompagne des entreprises de tous secteurs et à tous stades via une plateforme en ligne, des mentors et des ateliers très innovants. Il y a également, Synapse Center qui accompagne des porteurs de projets par de la formation dans plusieurs secteurs.

           Lire aussi : “Les incubateurs en Afrique : sont-ils nécessaires ?

2- Les réseaux de mentorat et d’entrepreneurs

Ils sont un excellent moyen de renforcer les capacités des entrepreneurs et de favoriser les partenariats entre ces derniers. Au Sénégal, on retrouve les nouveaux réseaux comme « Enablis » ainsi que « la Rencontre des Entrepreneurs » qui regroupent des gens de qualité, en général sélectionnés par leurs pairs. Nous pouvons aussi noter le rôle important que peuvent jouer les organisations patronales du secteur dont OPTIC au Sénégal et le GOTIC en Côte d’Ivoire.

Quels modèles économiques pour ces structures ?

C’est bien sûr la question la plus importante. L’expérience des pays occidentaux et d’Afrique du nord montre que les modèles 100% publics d’incubateur ou de réseaux d’entrepreneurs ne marchent pas. Cela pour une seule et bonne raison : la crédibilité. C’est le premier aspect. Il faut absolument que votre incubateur soit dirigé par le secteur privé et que les entrepreneurs qui sont accompagnés par la structure sentent qu’ils parlent à des personnes motivées par leur réussite.

Deuxième aspect, la viabilité financière et donc l’indépendance. Il est crucial que l’incubateur cherche à avoir son propre modèle économique, pour pouvoir être plus indépendant vis-à-vis des volontés de ses partenaires, publics, privés ou internationaux, qui sont souvent décalées par rapport aux vrais besoins des entrepreneurs. Ensuite, la recherche de viabilité financière fait en sorte que l’équipe de l’incubateur devient entreprenante elle-même et établie des relations d’égal à égal avec ces entreprises.

Dernier aspect, et c’est le plus important, le fait de faire payer les entreprises pour la totalité ou au moins une partie des services, pousse l’incubateur à une augmentation progressive de la qualité de ces derniers : un client qui paye est en droit d’exiger le meilleur.

          Lire aussi : “Quel modèle choisir pour votre incubateur

En conclusion : Leadership et adaptabilité

Les incubateurs, accélérateurs et réseaux d’entrepreneurs, qui prolifèrent en Afrique représentent une opportunité énorme permettant aux acteurs publics, grands groupes ou partenaires au développement de s‘impliquer de façon pertinente pour la croissance et l’émergence de PME technologiques. Mais ces derniers pour être efficaces doivent faire preuve d’un vrai leadership et adapter en permanence leurs programmes et modèle à leur contexte local… n’essayons surtout pas de reproduire la Silicon Valley ou nous allons finir avec de faux écosystèmes, “Siliconés”.

imge VR 1Image credit : techcrunch.com

Article publié en exclusivité le 12 juin 2015 sur le blog #thefacts de nos amis ByFilling

Si 2015 a vue l’émergence d’une technologie en particulier, c’est bien celle de la réalité virtuelle.

L’histoire commence fin 2012 en Californie, lorsque, Palmer Luckey, alors âgé de 19 ans et déçut par l’expérience offerte par les casques de réalité virtuelle existants, développe dans son garage l’Oculus Rift. Le produit séduit rapidement des leaders de la communauté technologique et du jeu vidéo et soulève 2,4 millions de dollars sur le site de crowdfunding KickStarter. En mars 2014, la jeune société Oculus VR est rachetée par Facebook pour 2 milliards de dollars, l’un des plus gros investissements jamais réalisé par la firme de Zuckerberg. Depuis lors, la Réalité Virtuelle ou « VR » connait un engouement sans précédent. Quels en sont les applications possibles en Afrique et quels sont les enjeux pour la communication des entreprises du continent ?

C’est bien beau tout cela, mais c’est quoi en fait la réalité virtuelle ?

Ce que Wikipédia nous dit, c’est que la réalité virtuelle est une simulation informatique interactive immersive, visuelle, sonore et/ou d’environnements réels ou imaginaires. La finalité de la réalité virtuelle est de permettre à une personne une activité un monde artificiel, créé numériquement, qui peut être « imaginaire, symbolique ou une simulation de certains aspects du monde réel ». Merci Wiki.

Pour faire simple, la réalité virtuelle consiste le plus souvent à porter un casque, comme le Oculus Rift, qui vous immerge totalement dans un monde virtuel, dans lequel le mouvement de votre tète, de votre regard ou même de vos membres sont détectés et vous permettre d’interagir dans ce monde virtuel. Le casque d’Oculus est composé d’un écran qui simule une vision stéréoscopique et de capteurs qui suivent les mouvements de la tête de l’utilisateur. L’illusion est quasi-parfaite pour le cerveau: quand on tourne la tête à gauche, la caméra et l’image suivent. Si on se trouve en haut d’une montagne, on a le vertige.

Cela fait 30 ans que l’on essaye de développer des casques de ce genre, mais en 2 ans, le jeune Palmer Luckey est parvenu à développer une technologie 10 fois supérieure à ces prédécesseurs et dont le prix de vente ne devrait pas dépasser les 400 euros (250 000 Fcfa). Oculus a d’ailleurs envoyé fin 2014 un millier de casques pour les développeurs d’applications et le modèle commercial devrait être vendu au grand public début 2015. En d’autres termes, la réalité virtuelle devient au aujourd’hui une réalité et pour beaucoup d’experts, une révolution est en marche…

Ok mais qu’est-ce que l’on peut bien faire avec ?

L’application la plus évidente de la réalité virtuelle est bien sûr le jeu vidéo. Imaginez-vous, plutôt que d’être devant un écran et de voir encore l’environnent réel autour de vous, vous êtes totalement immergé dans votre jeu. Mieux encore, les mouvements de votre tète, de votre regard et de vos bras sont reproduits sans aucun décalages par votre avatâr dans le jeu.

Deuxième application, la vidéo et les films. C’est très difficile à décrire tant que l’on ne l’a pas essayé, mais de regarder un film avec un Oculus est tout simplement incroyable. Pour la première fois depuis les débuts du cinéma, vous n’êtes pas devant un écran mais vous vous retrouvez au milieu de votre film, à côtés des personnages et avec une vue à 360 degré du paysage – juste magnifique.

Troisième grande famille d‘application : la simulation à but professionnel. Beaucoup plus que la simulation de type jeu vidéo que l’on avait auparavant, la réalité virtuelle permet d’immerger votre soldat, votre pompier ou votre médecin dans un monde quasi-réel. Ainsi, vous pourrez accélérer leur apprentissage et tester leurs compétences et réactions de façon beaucoup plus pertinente.

Enfin, vient ensuite une multitude d’applications telles que le e-commerce et le marketing immersif ou vous vous retrouvez projetés dans le magasin votre marque favorite ou au volant de votre future bolide ; les visites touristiques, vous pourrez, à votre rythme et en 360, visiter Addis Abeba, les pyramide d’Egypte ou Saint-Louis du Sénégal ; la rééducation pour les accidentés et handicapés ; la psychothérapie et bien d’autres choses encore…

Et pour Afrique alors, quel potentiel ?

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Comme partout dans le monde, le potentiel de cette technologie sur le continent Africain est énorme. Selon le cabinet Digi Capital, le marché mondial devrait atteindre 30 milliards de dollars en 2020. Rien que dans le jeu vidéo, le marché se développe rapidement : selon le cabinet KZero, quelque 200 000 joueurs utilisent aujourd’hui des casques et autres accessoires de réalité virtuelle pour rehausser leur expérience de jeu. Ils devraient être 56,8 millions en 2018. De quoi porter le marché à 5,2 milliards de dollars à cette date : 2,3 milliards pour les matériels et 2,8 milliards pour les logiciels de jeux.

Pour l’Afrique, ces technologies semblent pour une fois ne pas si inaccessible que cela. Le prix de vente de l’Oculus devrait lui permettre de rapidement toucher la classe moyenne et les professionnels. Les casques actuels comme le Gear VR de Samsung qui utilise la technologie Oculus et qui coûte environ 200 euros, offrent de meilleures qualités que ceux à 20 000 euros disponibles auparavant pour les professionnels. Ils devraient baisser à 100, voire 50 euros, dans 3 à 5 ans. Par ailleurs, les premiers kits de réalité virtuelles low-cost font leur apparition, tels que les CardBoard de Google ou le Refugio 3D allemand vendu à quelques dizaines d’euros. Ces lunettes, au contraire des Oculus, utilisent votre smartphone Android ou iPhone que vous glissez dans le casque. Vous trouverez sur les stores déjà plusieurs centaines d’apps de réalité virtuelle (tapez « VR » pour les retrouver). Bien sûr, cela prendra quelques temps avant que les distributeurs intègrent bien le continent Africain mais la demande va rapidement se faire sentir et vous pourrez de toute façon les commander en ligne sur des sites américains ou européens et les faire venir ici ensuite.

Cependant, et tout comme pour les applications mobiles d’ailleurs, le grand défi de la « VR » en Afrique sera celui du contenu local. Il va falloir que nos développeurs prennent rapidement le pli de ces technologies et commencent à développer des choses qui sont pertinentes pour nos secteurs d’activité et nos consommateurs. Fait intéressant, le premier groupe dédié à la réalité virtuelle en Afrique a fait son événement de lancement en mai dernier en Afrique du Sud. Le pays compte également une entreprise déjà reconnue mondialement dans le domaine, SDK Lab, qui sera notamment partenaire du premier Hackathon de réalité virtuelle du continent qui aura lieu en Octobre a Cape Town. Encore en Afrique du Sud, le Kumba’s VR Mine Design Centre de l’Université de Pretoria, inauguré en 2013, permet aux travailleurs et aux ingénieurs de s’immerger dans une mine virtuelle et d’apprendre le métier sans risque. Enfin le studio Hero Film toujours au Cap, vient de sortir le premier film du continent en VR, qui immerge le touriste dans une visite guidée de la magnifique côte Sud du pays.

Ainsi, les films paraissent être une opportunité de taille à saisir pour le continent. Afin de développer un film pour Oculus, il suffit de monter plusieurs caméra sur un pied afin d’avoir une prise de vue 360 et d’ensuite faire le montage avec un logiciel spécialisé. Ceci parait tout à fait à la portée des grandes entreprises et des leurs agences de communication qui au moins dans un premier temps, voudraient faire le buzz. Le tourisme est l’un des marchés les plus prometteurs pour ce genre de films. Les pays devront investir afin de développer des visites en immersion de leurs lieux les plus prestigieux et ainsi attirer des millions de visiteurs virtuels, qui pourront découvrir votre pays depuis leur salon.

Bien sûr, les jeux vidéo auront un très gros potentiel de marché en Afrique, mais demandent de fortes ressources pour leur développement. Par contre les jeux en VR ne semble pas demander beaucoup plus de travail ou de compétences que les jeux en 3D classiques, qui en théorie ont déjà un environnement à 360 degré de réalisé. Reste donc à pousser le développement de studio de jeux vidéo africains.

En termes d’éducation, les idées sont sans limites : cours à distance comme si vous y étiez, visites de terrain, expérience du lieu de travail depuis la salle de cours pour les mineurs, les agronomes, les pécheurs, etc. Les possibilités sont énormes et les expériences seront sans nul doute beaucoup plus ludiques que nos salles de cours traditionnelles (ce qui n’est pas trop difficile d’ailleurs).

Pour la santé, nous pourrons voir des applications permettant la rééducation des accidentés ou sportif blessés. Pour ceux victimes des troubles phycologiques, des immersions sur mesures, telles que celles proposées par l’entreprise Américaine Deep Stream VR, feront partie intégrante du traitement. Enfin, pour les médecins, des simulations de bloc opératoire ou pour les pompier de situations d’urgence, permettront à ces dernier se perfectionner, encore une fois à moindre coût.

Quels enjeux pour les entreprises Africaines et leur marketing ?

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Vous rappelez vous de Second Life ? Cette application web lancée en 2003 qui vous permettait de naviguer dans un monde virtuel avec votre avatar, et dans lequel vous pouviez acheter les produits de vos marques favorites, interagir avec les avatars de vos amis et créer des objets qui vous pouviez revendre ensuite via une monnaie virtuelle – bref tout un monde virtuel dans lequel vous retrouvez les entreprises du monde réel et où les créateurs indépendant (designer, stylistes, architectes) pouvaient exposer leurs créations. Le jeu, qui après un gros buzz était en déclin 2007, pourrait bien se voir insuffler un nouveau souffle grâce à l’Oculus.

Pour les marques, y compris sur le continent Africain, l’enjeu sera identique. Quand suffisamment d’utilisateurs possèderont des casques de réalité virtuelle, ils auront tout intérêt à créer pour leur marque des magasins virtuels et interagir en ligne avec leurs clients. Nous pouvons même imaginer la fin du e-commerce traditionnel face à un écran, qui sera remplacé par des visites interactives des magasins dans lesquels vous pourrez choisir les produits à vous faire livrer. Le challenge pour votre marque sera donc bientôt de créer une application de réalité virtuelle, pour smartphone mais ensuite pour Oculus, vous permettant ainsi de rester visible dans ce nouvel univers et de proposer à vos clients des expériences nouvelles. En Angleterre par exemple, le studio Visualise, est une agence qui se spécialise dans la création de de films de réalité virtuelle et a déjà travaillé pour la BBC, Mercedes-Benz, Audi, la FIFA, Adidas et bien d’autres. Les meilleures agences de communication Africaines sauront probablement vous proposer de tels produits le moment venu.

Mais revenons à ce que l’on vous annonçait au début : pourquoi Facebook a-t-elle racheté Oculus et qu’est-ce que cela va changer pour votre entreprise ? Mark Zuckerberg regarde vers l’avenir : «Le mobile est la plateforme d’aujourd’hui mais nous préparons celles de demain. Oculus a le potentiel pour changer la façon dont nous travaillons, jouons et communiquons». Selon lui, les réseaux sociaux d’aujourd’hui permettent de partager des moments. Ceux de demain, des expériences. Il ne fait aucun doute que l’intégration entre les deux plateformes, qui prendra encore du temps, va très probablement révolutionner les relations entre les marques et leurs clients. Les vidéos immersives seront sans doute les premières applications à voir le jour. Mais pas d’inquiétude, votre agence de conversation digitale favorite ByFilling vous tiendra au courant des actions à mener le temps venu !

Sources :

Wikipédia

siliconvalley.blog.lemonde.fr

Techcrunch.com et TechCrunch.com

L’Usine Digitale

Silicon Cape Initiative

University of Pretoria

FilmContact .com

between-two-ferns-e1415817590604-1940x1090crédits image : forbes.com

Il y a quelques semaines nous avons reçu à CTIC Dakar près de 50 porteurs de projets qui avaient postulés pour la prochaine cohorte de notre programme d’accélération BuntuTEKI. A la suite de ces entretiens, 17 projets ont été sélectionnés. Ils seront accompagnés pendant 3 à 6 mois et recevront des fonds d’amorçages en fonction de leurs performances.

C’est toujours un plaisir d’échanger avec ces jeunes plein d’idées et de talent et pour toute notre équipe, ces entretiens bien qu’ils prennent beaucoup de temps, sont une vraie bouffée d’oxygène. Par ailleurs, nous tombons toujours lors de ces sélections sur quelques beaux exemples des choses qui ne penchent pas forcement en la faveur des porteurs. Je voulais donc partager avec vous quelques gaffes à éviter ou bonnes pratiques à adopter :

1) Ne pas demander avant l’entretien : « heu, c’est vraiment obligatoire cet entretien ? »

2) Ne pas arriver 40 min en retard

3) Excusez-vous si jamais vous arrivez quand même 40 min en retard

4) Au Sénégal, évitez tout nom startup en Sen, Sunu ou Sama svp, même si c’est pas facile…

5) Tenez-vous debout de préférence lorsque vous pitchez devant un comité

6) Préparer votre PC avec sa présentation et une clé USB au cas où à l’avance

7) Tout le monde n’a pas un mac, prenez votre adaptateur les fans de Steve

8) Répondre aux questions posées et seulement à cela, ne racontez pas votre vie

9) Si jamais vous n’avez pas la réponse, dites-le franchement

10) Ne pas dire que vous n’avez aucun concurrent si vous n’avez même pas encore tapé le nom de votre service dans Google

11) Ne pas dire à l’équipe de l’incubateur que vous n’avez besoin de rien d’autre que du financement et des PC, ce n’est pas ce que l’on offre

12) Evitez de contredire vos co-fondateurs ou employés devant le jury

13) restez cool, on est là pour vous aider à avancer donc no stress !

Bonne chance pour votre prochain pitch !

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From May 1st to 8th, I had the honor to be invited to the 3rd Global Innovation Gathering, in Berlin, as a speaker on the topic of Big Data for development. This one week get-together of some of the most successful tech hubs from Africa, Asia, and Latin America, took part in the framework of the re:publica conference with the support of the GIZ. This is one of the major internet and digital conference in Europe, gathering 6000 participants and 400 speakers from all over the world and with special focus on privacy and internet governance.

Who was there?

Around 30 hubs from Africa where, present, including the large majority of the Afrilabs members. These hubs include around 40% co-working spaces, 40% hacker and maker spaces and 20% accelerators and incubators like CTIC Dakar.

Hub sustainability still the major concern – flexible model is the only way to reach it

Not surprisingly, hubs ‘sustainability and there financial model was still the main topic of the workshops we had together. Indeed, most of the African and also global hubs, still struggle to envision a clear path towards financial sustainability. Especially for co-working spaces and maker spaces, the membership model doesn’t seem to be working. For example, some spaces had a community of more than 70 000 people, but only around 30 or 50 regular paying members. Several of them generate revenue through their events or more precisely space rental, consulting and web development services which they outsource to their community with a revenue sharing.

Additionally, more and more hubs are or are thinking of developing incubation and acceleration services for their startups companies. The model they have naturally in mind is mostly based on equity, but this latter doesn’t seem to work either all over sub-Saharan Africa, include South Africa. The reason behind this failure appear to be the lack of angel or seed investors, to whom the incubator could sell his shares once the startup raise some funds. In this context, CTIC Dakar and its flexible revenue sharing model, which brought us at 75% sustainability in 2014, attracted many interest from all the hubs represented.

However, the model you choose is extremely sensitive and dependent to your very local context. In this case, flexibility and diversification is the key word. Indeed, the most successful hubs so far, have been awesome at rapidly developing new services and business unit using their respective value proposition (could be the community, the technical skills, the consulting background, the startup support knowledge, events, etc.). At CTIC Dakar in 2014 for instance, we generate around 20% of our revenue through our incubatees, 40% through event and 25% through various business development services (business trips, consulting to other incubators, events supports, etc.). The remaining 15% was a grant we receive from a local private sponsor.

New HR management models

For most of the hub represented, the team has been key in their success. However, they face the same struggle as us at attracting the best talent and retaining them with the small resources that they have. You can only work on passion a limited time…it doesn’t feed a family.

Interestingly, a new model ins being tried out by IceAlex, the co-working space based in Alexandria, Egypt. Out of a HR crisis where 3 of their key employees left for various non-professional reasons, came out with a fascinating model: the entire hub and its activities are managed by cohort of interns! These fresh graduates or students come for 3 months and forms team of 3-4 on the 4 business unit the hub has. In total, it’s around 12 interns who run the whole hubs at all time. They have monthly report to the hub director but also are self-evaluated by another group of interns. Results: extreme dynamism and innovation, network and communication effect and almost no HR costs (no salary, only the best ones received a stipend at the end). As an intrapreneur you will also be part of a team developing existing income streams, creating new ones and working together to set, achieve and surpass organisational goals. To achieve this you will absorb the skills of strategic planning, teamwork, conflict resolution and other intrapreneurship related skills. Of course, you can not apply this model to an incubator or accelerator, where you need experienced business developer and long term relationship with your incubatees, but this could be a very interesting model for the majority of other tech hubs.

Pro and cons of having the gathering in Europe instead of Africa

Naturally, people ask if we should still host the GIG within the framework of Re:publica in Germany or do it in Africa. Cost may roughly be the same. Of course the symbol would be important and the possibilities to attract more African stakeholders would be increased but also, we would miss the openness part to the European tech scene and the opportunity to showcase the amazing things that are happening all over Africa and the MENA region right now.

Internet as utility and users’ privacy not a concern yet in Africa

What struck me along the week of re:publica talks, is the intensity of the debate around user privacy and the freedom of internet that Europe has. I feel that most of us in Africa are not at this stage yet. Almost like the questions of environment, we are more focus on our growth and belonging to the global economy than about nature preservation or internet rights. But that’s a mistake, if we don’t claim ownership of our internet, our Governments will take a huge advantage of it, not mentioning the international corporations.

Big Data a huge opportunity for Africa, but we have to insure ethics around it

Invited to present the opportunity of Big Data in a development context, I spoke a little about the Data 4 Development challenge that we organized with Orange. The results have been publish few weeks ago and are of a great interest (www.d4d.orange.com). Below are the few key points that emerge from the panel discussion which followed the presentation:

  • Big-data and open-data represent a tremendous opportunity in our data-empty environment.
  • This may have a great impact improving Governments’ decision making and business operations.
  • Big Data analysis is only a high definition picture of the problems, the most important part is what comes out after in terms of solutions and execution (often the lacking part in many countries)
  • Big Data only give you what happened in the past, and my feeling is that is not necessarily the best way to build the future since very few disruptive technologies can come out of that, only incremental ones. What African countries and population need the most?
  • Ethics is a key concern, since privacy laws will not be in place or not enforced anytime soon, we should make sure that independent ethics committees and data anonymisation are implemented for each big data project carried out by NGOs or Corporates.

incubateur afriquePour beaucoup, il n’est pas facile de comprendre ce que veut dire accompagner les tech-entrepreneurs en Afrique. En effet, cette mission fascinante ne préoccupe que quelques bailleurs de fonds, financiers de capital risque, conseillers de tout genre et bien sûr, les structures incubatrices.

Pour moi, ce travail est des plus passionnants au monde, car vous êtes en rapport avec des entrepreneurs brillants et visionnaires, vous êtes en contact avec beaucoup de technologies et de modèles d’entreprises, vous apprenez à connaitre ces entrepreneurs et parfois devenez amis avec quelques-uns.

Mais cela peut aussi être le travail le plus ingrat au monde, et voici pourquoi :

  • La plupart d’entre nous ne deviendrons jamais riches en faisant ce que nous faisons ! En effet, très peu d’entres nous investissons notre propre argent ou avons des parts dans les entreprises que nous accompagnions. Le reste, sont des bénévoles, des employés, des mentors etc et la plupart de nos centres sont des organisations à but non-lucratif. L’ironie c’est que parfois lorsque vous essayer d’avoir une approche entrepreneuriale afin de rendre votre centre viable, on vous reproche de ne pas être assez social !
  • Vous êtes jugés lors que vos startups échouent et vite oubliés quand elles réussissent. Je n’ai pas besoin d’élaborer là dessus, je pense que vous comprenez. Les entrepreneurs ont tous leurs raisons de ne pas dire que c’est vous qui les avez aidés lors qu’ils étaient au plus bas, lorsqu’ils étaient au bord de l’épuisement, quand ils étaient en conflit avec leurs partenaires ou leurs employés, ou encore lorsqu’ils avaient besoin de quelqu’un à qui parler. Et pourtant, vous étiez là à chaque instant. Mais je peux le comprendre. Comme nous, ils évoluent dans un environnement incertain et plein de pression. Certains ne peuvent pas se permettre de s’en vouloir pour ce qui n’a pas marché ou être reconnaissants de quelque chose en dehors de leur propre génie lorsqu’ils réussissent.
  • Vous pouvez toujours mieux faire et c’est une bonne chose d’ailleurs ! Votre travail et votre performance seront toujours mis à l’épreuve et vous êtes donc obligés de vous améliorer à chaque fois et vous êtes rarement félicités pour vos actions. Et même si cela est très ingrat, encore une fois, ceci est une bonne chose. Vous continuez à faire de mieux en mieux pour vos entrepreneurs.

Mais ces sentiments personnels doivent être gérés par chacun. La vraie question que je me pose est la suivante :

Devons-nous vraiment accompagner les entrepreneurs ou est-ce que les vrais entrepreneurs réussissent à se lancer tous seuls ?

  • Nous devons tous conseiller, mettre la pression, ouvrir des portes et booster leurs entreprises, mais nous ne devons pas gérer leurs entreprises à leurs places. En théorie, en tout cas. Dans notre travail vous vous rendrez vite compte que si, à un moment donné, vous n’y mettez pas la main dans la pâte et faire ce qu’il y a à affaire aux cotés de vos entrepreneurs, vous n’arriverez jamais à les faire travailler sur ce qui est stratégique ou même vous faire respecter. Ceci dit, vous devez vous assurer que vous apportez de l’aide qu’à ceux qui sont prêts à donner autant à leur entreprise que vous ne soyez prêts à donner pour votre incubateur. Parfois, des circonstances particulières font que votre entrepreneur ou son équipe ne puissent plus fonctionner (l’épuisement, ou le départ d’un employé clé sont des cas fréquents). Dans ces cas-là, soit vous regardez l’entreprise s’effondrer en vous disant que ça n’est pas de votre faute ou vous gérez l’entreprise en période de crise. Heureusement, nous n’avons eu à le faire qu’une seule fois au CTIC, en trois ans d’activités. Cette startup qui était en situation critique à l’époque fait maintenant partie des plus prospères au Sénégal.
  • Même les plus grands entrepreneurs auront besoin d’aide à un moment donné.

On vous dira, surtout aux États-Unis, qu’un entrepreneur qui a besoin d’être accompagné par un incubateur, ne réussira pas au final. C’est peut-être vrai en Amérique du Nord ou les incubateurs peuvent en effet être remplacés par d’autres acteurs de l’écosystème qui sont déjà actifs depuis longtemps : les mentors, les bailleurs de fonds, les professeurs, les compagnons de classes, la famille—qui jouent un rôle crucial dans la création des success stories que nous connaissons tous.

Mais au Sénégal, comme probablement dans beaucoup d’autres pays, nous n’avons pas beaucoup de types d’accompagnements pour les startups. Votre incubateur peut donc jouer un rôle très important. Mais il est également dangereux de centraliser cet accompagnement pour les entrepreneurs dans seulement un ou deux lieux dans un pays. C’est pour cela que je crois qu’il est clairement de notre rôle d’aider à construire un écosystème et accompagner d’autres structures—même si cela veut dire qu’un jour ils deviendront nos concurrents. Pas de quoi s’inquiéter, car la tâche est immense et plus on est de fous, plus on rit !

  • Nous devrions accompagner les entrepreneurs comme si nous avions investi un million de dollars sur eux.

Nous devons le faire avec passion, dévouement et de l’empathie. Nous devons nous mettre dans la tête et dans la vie de nos entrepreneurs chaque fois que nous les rencontrons et travaillons avec eux. Pour nous au CTIC, il a naturellement été plus facile pour nous de créer ce rapport symbiotique avec les entrepreneurs qui se trouvent dans le hub plutôt qu’avec nos incubés « virtuels » qui eux, ont des bureaux en dehors des locaux de notre incubateur.

  • Enfin, nous ne devons jamais nous approprier le succès d’une entreprise

J’ai entendu dire une fois, que les bons incubateurs et accélérateurs ne parlent jamais plus d’eux-mêmes que de leurs entreprises. Je suis totalement d’accord. Je crois que quelques soient les services que vous offrez à vos startup, vous n’êtes pas responsables de leurs succès ! Les personnes remarquables réussissent quoi qu’il arrive—vous avez seulement aidez à booster leur croissance et les faire surmonter les moments difficiles.

En résumé, ce travail passionnant est très difficile dans les pays dans lesquels les écosystèmes restent à construire. Mais faites-le avec passion et humilité. Voyez au-delà et ne vous découragez pas ! Vous êtes sur la bonne voie !

0x600This article was first published on www.techmoran.com on February 13th.

It is not easy for most people to understand the daily job of supporting tech entrepreneurs in Africa. Indeed, this fascinating mission only concerns a couple of business angels, venture capitalists, advisors of any kind and, of course, incubating teams. .

This, to me, is the most engaging job in the world: you deal with dozens of brilliant entrepreneurs and visionaries, are in touch with a lot of technologies and business models, get to know them on a personal level and sometimes become friends with some of them.

However it can also be the most ungrateful job on earth. Here are several reasons:

  • The majority of us will never get rich doing what we do! Indeed, only a very little portion of us invest their own money and have shares in the companies that we support. The rest are either volunteers, employees, mentors, etc and most of our tech hubs are non-profit organizations. The funny thing is that sometimes, when you try to have an entrepreneurial approach and make your hub sustainable, people tell you that you aren’t social enough!
  • You will be judged if your startups fail and forgotten if they succeed. No need to elaborate on this, I think you understand. Entrepreneurs all have their reasons not to show that you helped them when they were hitting rock bottom, when they were in a burnout, when they were fighting with their partners and employees, when they just needed someone to talk to. Yet, you were there for them all the time. But I understand that. Like us they evolve in a very uncertain and high pressure environment. Some of them just can’t allow to blame themselves for things that did not work out or to be grateful for something other than their own genius when they succeed.
  • You can always do better. And that’s a good thing in fact. Your job and performance will always be challenged and therefore, you’re always required to improve and rarely congratulated for your actions. And again, even though it is a highly ungrateful situation, it is a good one. You keep on getting better and better for your new entrepreneurs.

But these are personal feelings that have to be managed at a personal level by each individual. The real question that I want to ask is:

Should we support entrepreneurs – or couldn’t the real entrepreneurs get off the ground by themselves?

  • We all should advize, put pressure, open doors and boost their business, but not run the business for them. Or at least that is the theory. Doing our job you’ll quickly understand that if, at some point, you don’t get your hands dirty and do what has to be done along with your entrepreneurs, you will never have them work on something strategic or gain their respect. In the meantime, however, you have to make sure that you only provide assistance to the ones who are ready to die for their business, at least as much as you’re ready to die for your incubator. Moreover, sometimes, exceptional events make your entrepreneur or his team completely out of operations (burnouts and key employee departures are the most current cases). In those situations, either you watch the business die and tell everybody that is was not your fault, or you go ahead and manage the business during the crisis. Fortunately, we only had to do this once at CTIC in three years of activity. The startup that was in a critical situation at the time is now one of the most successful startups in Senegal.
  • Even the greatest entrepreneurs need assistance at some point.

Some people, mostly in the US, will tell you that an entrepreneur who needs support from an incubator will not succeed anyway. Maybe it’s true – at least over there in North America where incubators, in fact, can be replaced by many other parts of the ecosystem that have been involved for a long time: mentors, family, business angels, teachers, classmates – all play a huge role in building the success stories that we all know.

In Senegal however, and probably in many other countries: we don’t have many of those types of support for startups. Therefore, your incubator can play a tremendous role. But it is also a danger to centralize “entrepreneurs support” in one or two spots in a country. This is why I believe that it is clearly our role to help build this ecosystem and support other organizations, even if, at some point, they may become your competitors. But don’t worry, the work to undertake is gigantic, and the more the merrier right!

  • We should support entrepreneurs like if we had invested a million dollar in them

With passion, dedication and empathy. We have to do this very difficult mental task to put ourselves in the life and brain of our entrepreneurs everytime we meet and work with them. For us at CTIC, it has naturally been much easier to build this “symbiotic” relation with entrepreneurs located in the hub versus with “virtual incubatees”, which have office spaces outside of the incubator.

  • Finally, we should never claim the success of any company.

I heard one time that good incubators and accelerators never speak about themselves more than they speak about their companies. I could not agree more – this is true. I also think that whatever amazing services you provide to your startups, you are not responsible for their success! Great people succeed anyway – you just helped them accelerate their growth and get beyond the tough times.

In a nutshell, this fascinating job is a very difficult one in countries where ecosystems still have to be built. But do it with passion and humility. See the big picture and never discourage yourself. You’re on the good track!