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incubateur afriquePour beaucoup, il n’est pas facile de comprendre ce que veut dire accompagner les tech-entrepreneurs en Afrique. En effet, cette mission fascinante ne préoccupe que quelques bailleurs de fonds, financiers de capital risque, conseillers de tout genre et bien sûr, les structures incubatrices.

Pour moi, ce travail est des plus passionnants au monde, car vous êtes en rapport avec des entrepreneurs brillants et visionnaires, vous êtes en contact avec beaucoup de technologies et de modèles d’entreprises, vous apprenez à connaitre ces entrepreneurs et parfois devenez amis avec quelques-uns.

Mais cela peut aussi être le travail le plus ingrat au monde, et voici pourquoi :

  • La plupart d’entre nous ne deviendrons jamais riches en faisant ce que nous faisons ! En effet, très peu d’entres nous investissons notre propre argent ou avons des parts dans les entreprises que nous accompagnions. Le reste, sont des bénévoles, des employés, des mentors etc et la plupart de nos centres sont des organisations à but non-lucratif. L’ironie c’est que parfois lorsque vous essayer d’avoir une approche entrepreneuriale afin de rendre votre centre viable, on vous reproche de ne pas être assez social !
  • Vous êtes jugés lors que vos startups échouent et vite oubliés quand elles réussissent. Je n’ai pas besoin d’élaborer là dessus, je pense que vous comprenez. Les entrepreneurs ont tous leurs raisons de ne pas dire que c’est vous qui les avez aidés lors qu’ils étaient au plus bas, lorsqu’ils étaient au bord de l’épuisement, quand ils étaient en conflit avec leurs partenaires ou leurs employés, ou encore lorsqu’ils avaient besoin de quelqu’un à qui parler. Et pourtant, vous étiez là à chaque instant. Mais je peux le comprendre. Comme nous, ils évoluent dans un environnement incertain et plein de pression. Certains ne peuvent pas se permettre de s’en vouloir pour ce qui n’a pas marché ou être reconnaissants de quelque chose en dehors de leur propre génie lorsqu’ils réussissent.
  • Vous pouvez toujours mieux faire et c’est une bonne chose d’ailleurs ! Votre travail et votre performance seront toujours mis à l’épreuve et vous êtes donc obligés de vous améliorer à chaque fois et vous êtes rarement félicités pour vos actions. Et même si cela est très ingrat, encore une fois, ceci est une bonne chose. Vous continuez à faire de mieux en mieux pour vos entrepreneurs.

Mais ces sentiments personnels doivent être gérés par chacun. La vraie question que je me pose est la suivante :

Devons-nous vraiment accompagner les entrepreneurs ou est-ce que les vrais entrepreneurs réussissent à se lancer tous seuls ?

  • Nous devons tous conseiller, mettre la pression, ouvrir des portes et booster leurs entreprises, mais nous ne devons pas gérer leurs entreprises à leurs places. En théorie, en tout cas. Dans notre travail vous vous rendrez vite compte que si, à un moment donné, vous n’y mettez pas la main dans la pâte et faire ce qu’il y a à affaire aux cotés de vos entrepreneurs, vous n’arriverez jamais à les faire travailler sur ce qui est stratégique ou même vous faire respecter. Ceci dit, vous devez vous assurer que vous apportez de l’aide qu’à ceux qui sont prêts à donner autant à leur entreprise que vous ne soyez prêts à donner pour votre incubateur. Parfois, des circonstances particulières font que votre entrepreneur ou son équipe ne puissent plus fonctionner (l’épuisement, ou le départ d’un employé clé sont des cas fréquents). Dans ces cas-là, soit vous regardez l’entreprise s’effondrer en vous disant que ça n’est pas de votre faute ou vous gérez l’entreprise en période de crise. Heureusement, nous n’avons eu à le faire qu’une seule fois au CTIC, en trois ans d’activités. Cette startup qui était en situation critique à l’époque fait maintenant partie des plus prospères au Sénégal.
  • Même les plus grands entrepreneurs auront besoin d’aide à un moment donné.

On vous dira, surtout aux États-Unis, qu’un entrepreneur qui a besoin d’être accompagné par un incubateur, ne réussira pas au final. C’est peut-être vrai en Amérique du Nord ou les incubateurs peuvent en effet être remplacés par d’autres acteurs de l’écosystème qui sont déjà actifs depuis longtemps : les mentors, les bailleurs de fonds, les professeurs, les compagnons de classes, la famille—qui jouent un rôle crucial dans la création des success stories que nous connaissons tous.

Mais au Sénégal, comme probablement dans beaucoup d’autres pays, nous n’avons pas beaucoup de types d’accompagnements pour les startups. Votre incubateur peut donc jouer un rôle très important. Mais il est également dangereux de centraliser cet accompagnement pour les entrepreneurs dans seulement un ou deux lieux dans un pays. C’est pour cela que je crois qu’il est clairement de notre rôle d’aider à construire un écosystème et accompagner d’autres structures—même si cela veut dire qu’un jour ils deviendront nos concurrents. Pas de quoi s’inquiéter, car la tâche est immense et plus on est de fous, plus on rit !

  • Nous devrions accompagner les entrepreneurs comme si nous avions investi un million de dollars sur eux.

Nous devons le faire avec passion, dévouement et de l’empathie. Nous devons nous mettre dans la tête et dans la vie de nos entrepreneurs chaque fois que nous les rencontrons et travaillons avec eux. Pour nous au CTIC, il a naturellement été plus facile pour nous de créer ce rapport symbiotique avec les entrepreneurs qui se trouvent dans le hub plutôt qu’avec nos incubés « virtuels » qui eux, ont des bureaux en dehors des locaux de notre incubateur.

  • Enfin, nous ne devons jamais nous approprier le succès d’une entreprise

J’ai entendu dire une fois, que les bons incubateurs et accélérateurs ne parlent jamais plus d’eux-mêmes que de leurs entreprises. Je suis totalement d’accord. Je crois que quelques soient les services que vous offrez à vos startup, vous n’êtes pas responsables de leurs succès ! Les personnes remarquables réussissent quoi qu’il arrive—vous avez seulement aidez à booster leur croissance et les faire surmonter les moments difficiles.

En résumé, ce travail passionnant est très difficile dans les pays dans lesquels les écosystèmes restent à construire. Mais faites-le avec passion et humilité. Voyez au-delà et ne vous découragez pas ! Vous êtes sur la bonne voie !

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A CTIC Dakar, nous sommes interrogés de façon journalière sur notre modèle: Comment sommes-nous financés? Quelle est notre structure de gouvernance ? Pourquoi les compagnies incubées doivent-elles nous payer ? Comment avons-nous commencé ? Etc.

Pour répondre à certaines de ces questions, j’aimerais, dans cet article, discuter des avantages et des inconvénients de diverses formes de gouvernance pour les incubateurs et accélérateurs technologiques en Afrique en utilisant la loupe de CTIC Dakar, qui est une organisation à but non-lucratif née d’un partenariat public privé visant à être financièrement viable en 5 ans (plus que deux ans maintenant, wow!).

Type de service fournis

Tout d’abord, il est très important de distinguer les diverses formes de soutien apportées aux entrepreneurs et de définir ce que l’on entend par “incubateur” ou “accélérateur”. Ce que l’on souhaite faire a une forte influence sur le budget et donc sur le modèle de gouvernance de tech hub. Pour moi, un incubateur ou un accélérateur est une organisation, à but lucratif ou non-lucratif, qui fournit un espace physique et un soutien intense et pratique aux entrepreneurs dans le but d’augmenter leurs performances. Leur première, et parfois seule mission est de créer et de soutenir des entreprises à forte croissance. La qualité du soutien fourni par l’incubateur est très dépendante de la qualité de ses membres d’équipe et donc, ce type d’organisation implique d’importants frais de fonctionnement notamment en ressources humaines. Elles emploient généralement 5 à 10 personnes en plus des mentors et consultants occasionnels et leur bâtiment doit être assez large pour idéalement fournir des bureaux individuels à 7-10 petites entreprises.

D’un autre côté, les fablabs et les coworking space ont pour mission première de créer et d’animer des communautés technologiques. Ainsi, leur structure de cout est composée principalement de community management et d’organisation d’évènements. Les investissements nécessaires au lancement peuvent donc être assez modestes et augmenter par la suite.

Taille de marché et “deal flow”

Ensuite, il faut se demander la chose suivante: Quelle est la taille de son marché en tant qu’incubateur? Je reste convaincu que les pays d’Afrique Sub-Saharienne n’ont pas assez d’entreprises à forte croissance pour permettre de un modèle d’incubateur financé de façon totalement privée, et ce quel que soit le modèle de revenu utilisé (prise de participation, revenue sharing, etc.) sauf peut-être si l’on ne fait que de la location d’espace (sans coût additionnel de ressources humaines.

Par ailleurs, je pense qu’il faut prendre le temps de construire un « pipeline » de startups prometteuses en investissant beaucoup de temps et de ressources à un stage prématuré, notamment au niveau des universités et des écoles. Nous faisons souvent cela à CTIC Dakar, à travers des événements et des ateliers dont le TEKKI48, une accélération de startups en 48h que nous lançons dans plusieurs villes Sénégalaises tous les 4 mois.

Ainsi, nous espérons qu’un projet sur 20 que nous identifions et accompagnons va finalement devenir une startup intéressante et intégrer nos programmes. Nous avons eu deux beaux exemples cette année avec TongTong.sn, une plateforme d’achat groupé et Genius Family, une startup développant des logiciels de gestion et des applications pour des boutiquiers analphabètes. Ces deux entreprises sont parties de rien en 2013, ont acquis un financement à travers l’un de nos partenaires et sont maintenant en pleine croissance et capable de payer environ dix salaires à la fin de chaque mois. Elles ont pu intégrer notre programme d’incubation en septembre 2014.

En résumé, si vous n’avez pas assez de PMEs mûres dans votre pays ou marché ou bien un écosystème structuré d’investisseurs privés (business angels), vous aurez surement besoin de fonds gouvernementaux ou de bailleurs internationaux à un moment ou à un autre – à moins bien sûr d’avoir un gros investisseur privé derrière vous (ce qui est le cas de l’excellent MEST au Ghana, financé par l’entreprise de logiciel Meltwater). Le choix que nous faisons à CTIC Dakar est d’utiliser ces fonds publics pour démarrer la machine, faire grandir le « deal flow » et ensuite générer des revenus via nos entreprises clientes – qui nous payent sur la base de leur croissance de chiffre d’affaire ou de leur marge pour les entreprises de e-commerce.

Gouvernance, prise de décisions et innovation

C’est là clairement le plus grand désavantage des incubateurs public ou soutenus par des partenaires au développement. Si vous aidez des entrepreneurs, vous ne souhaitez pas que le gouvernement dirige toute l’opération. Néanmoins, si vous voulez que ces gens vous donnent de l’argent, il faut accepter de les impliquer d’une manière ou d’une autre. C’est un jeu de pouvoir délicat. La manière dont nous gérons cela, ici au CTIC, est d’inclure les plus importants de ces bailleurs publics dans le comité de gestion en nous assurant que ce dernier reste dirigé par le secteur privé (l’organisation des professionnels des TICs). D’autres partenaires privés sont aussi fortement représentés (tels que l’opérateur téléphonique Orange par exemple). Il est aussi important de noter qu’aucun des bailleurs internationaux avec lesquels nous sommes partenaires (Banque mondiale, GIZ, Union Européenne) n’est incluse dans le comité de gestion. Jusqu’ici, nous avons pu gérer les ambitions de nos partenaires publics et internationaux en les guidant vers la réalisation de notre vision et non pas l’inverse, et nous ferons en sorte que cela perdure.

Accès aux marchés et aux financements

Soyons réalistes: Dans beaucoup de pays d’Afrique, les gouvernements sont relativement puissants en comparaison au secteur privé. Ainsi, le plus grand avantage au fait d’avoir des partenaires publics ou privés en relation étroite avec son hub est l’ouverture de certaines portes. En effet, une fois qu’ils croient en votre mission et comprennent la valeur concrète que vous leur apportez pour la réalisation de leurs objectifs propres, ils peuvent beaucoup vous aider ainsi que vos startups, en les impliquant dans des projets publics et/ou en leur fournissant un financement de démarrage. Par exemple, l’an dernier, nous avons obtenu plus de 40 millions de fcfa de la part de l’Autorité de Régulation des Télécommunication et du Fonds de Développement du Service Universel, qui ont été remis directement à 8 startups. Ce type de financement public peut-être nocif pour le modèle économique d’une startup-comme cela a été largement débattu récemment dans la blogosphère tech kenyane – mais je crois que si l’on combine ce financement avec un soutien de l’incubateur très orienté business, cela fonctionne. Plusieurs de nos entreprises en sont la preuve.

Gestion et rétention d’équipe

Enfin, je pense que le plus grand désavantage de ne pas avoir un modèle purement privé est qu’à un moment, si votre équipe et les business developers sont suffisamment entrepreneuriaux – et c’est ce dont vous avez besoin – ils s’en iront faire leurs propres affaires après 3 à 5 ans. En revanche, si vous avez un modèle privé, c’est soit votre propre bébé soit vous pouvez espérer des parts de capital ou au moins le diriger où vous le souhaitez. Si vous avez donc un modèle public ou public-privé, je vous encourage donc à faire le maximum pour épanouir votre équipe, la faire grandir et lui donner un maximum de responsabilités, afin de les retenir le plus longtemps possible.

En résumé, il est évident qu’aucun modèle universel n’existe pour les incubateurs technologiques. Selon moi, le marché pour les incubateurs financés de façon purement privés et de façon durable n’existe pas encore pour la plupart des pays d’Afrique Sub-Saharienne. Nous devons saisir les opportunités qui résident dans le fait d’impliquer des donneurs publics et internationaux, notamment les partenaires au développement. Cependant, dans le champ de l’entreprenariat technologique en Afrique, tout est histoire de leadership, d’équilibre d’influences et d’équipe.

start-up Afrique

Article paru dans Les Echos Business le 7 avril 2014

 Positionnés dans plusieurs pays, les structures d’accompagnement financées par des grands groupes internationaux jouent un rôle majeur dans l’éclosion des start-up africaines.

Applications mobiles, ingénierie informatique, logiciel libre … dans le secteur du numérique, les start-up africaines poussent comme des champignons. Pour Karim Koundi, directeur associé responsable Afrique francophone au sein du cabinet conseil Deloitte, la prolifération de ces jeunes pousses tient notamment à la création de structures d’accompagnement pilotées par de grands groupes informatiques ou télécom. « Cela concerne surtout les pays où l’activité Telecom est déjà développée comme le Gabon, la Côte d’Ivoire, le Sénégal, la Tunisie ou le Maroc », précise le consultant. Ces incubateurs locaux vont fournir une assistance comptable, juridique, marketing … et donner un coup de pouce financier. Une aubaine dans des pays où les investisseurs se font rares.

Orange, Microsoft : des groupes en soutien

A Dakar, le CTIC d’Orange a vocation à mettre en œuvre un modèle et un écosystème favorables à l’émergence et au développement d’entreprises dans le secteur des TIC. Le groupe français possède une structure similaire à Tunis. Dans cette ville, Microsoft s’est associé avec l’opérateur Tunisiana pour lancer dès 2007 une pépinière de start-up d’où sont déjà sortis 60 projets innovants.

A Accra au Ghana, un pays où le taux de croissance atteindrait 8% en 2013, deux incubateurs spécialisés dans les applications mobiles ont déjà vus le jour. Fondée en 2011, l’association mFriday est spécialisée dans l’accompagnement d’étudiants locaux tandis que Mobile Web Ghana prend en main des ingénieurs et des créateurs de start-up avec des programmes de coaching.

D’autres structures de ce type existent au Nigéria où l’on compte 75 millions d’abonnés mobiles. Ailleurs, sur le continent, il y a d’autres lieux de soutien en cours de création comme la nouvelle pépinière d’entreprises de Niamey (Niger), dédiée aux TIC et aux énergies renouvelables et soutenue par Orange.

ORGANIGRAMME-copie-1024x768Amorcée depuis les années 90 aux Etats-Unis, la fièvre de l’entrepreneuriat TIC et des startups technologique est maintenant présente aux quatre coins du monde. Récemment, l’Afrique à rejoint le mouvement et de nombreux espaces co-working et quelques incubateurs ont commencé à émerger dans la plupart des pays et surtout au Afrique du Sud, Kenya, Ghana, Nigéria, Sénégal et Côte d’Ivoire. Leur but de ces organisations est de dynamiser les « écosystèmes technologiques » (communautés de développeurs, grandes entreprises, universités, etc) et/ou d’accompagner les porteurs de projet ou entreprises déjà établies dans leur croissance. Ces modèles nouveaux d’accompagnement entrainent la création de nouveaux postes, en général très centrés sur le relationnel et la connaissance des phases de développement d’une entreprise technologique. La double compétence TIC et Business est en vraiment recommandée. Voici une liste non-exhaustive de ces nouveaux métiers. Gardez à l’esprit que ces organisations se comportant la plupart elle-même comme des start-ups, les limites de ces postes sont larges et les personnes restent en général très polyvalente. Le poste de « Catalyst » que l’on trouve dans certaines structures par exemple, est souvent un mélange des trois profil ci-dessous.

 

Community, Digital et Event Manager

Personne en charge de gérer la présence de l‘incubateur et de ses entreprises sur les réseaux sociaux – les plus pertinents en Afrique étant Twitter, G+ et Facebook – et sur le web en général. Cette personne anime la communauté « online » mais il est très important qu’elle le fasse également « offline », en allant à la rencontre des gens et communautés de développeurs, des entrepreneurs et des décideurs du secteur TIC. Cette personne par ailleurs doit en organiser des événements (compétition de startups, panel de discussion sur l’entrepreneuriat, témoignages d’entrepreneurs, etc).

Qualités requises : grand sens du relationnel, connecté 24h/24h sur les réseaux, compétence de développeur est un plus, très bonne organisation et capacité de gestion du stress importante pour les événements.

 

Business Developer

Profil plus présent dans les incubateurs et que dans les co-working spaces. Personne en général senior ou junior plus et ayant un très bon carnet d’adresse. Cette personne est en charge de trouver des nouveaux marchés aux entreprises accompagnées par l’incubateur. Elle prend et accompagne les entreprises pour leur rendez-vous avec des prospects et aide à la négociation des contrats. Son rôle est ensuite de former les équipes commerciales des entreprises pour qu’elles puissent le faire d’elle-même. Ce poste est vraiment clés pour la croissance d’une entreprise car en général les fondateurs ont un profil technique et structurent assez mal leur déploiement commercial. Cette personne peut selon les organisations s’occuper aussi du business development de l’incubateur et lui trouver de nouveaux clients (entreprises à accompagnées), organiser des formations ou certification payantes ou négocier des prestations de conseil auprès de nouveaux incubateurs, qui seront réalisées par plusieurs personnes de l’équipe.

Qualités : carnet d’adresse, business focus, connaissance général des technologies, talent négociation

 

Hub manager et directeur d’incubateur

Ce poste varie grandement en fonction de l’organisation mais en général cette personne gère l’équipe et le développement de la structure, la recherche de financement et supervise ou gère la comptabilité. Elle aide à la visibilité locale et internationale de l’organisation et tisse des partenariats avec d’autres incubateurs, des réseaux, des universités, des bailleurs, des multinationales dans plusieurs pays. Elle peut également faire du Business Developement pour les entreprises et les conseille sur leurs modèles économiques, levées de fonds ou appel d’offre. Elle gère ou supervise également la création de nouveaux programmes d’accompagnement et d’événements. Cette personne travail enfin à la conceptualisation de l’offre de service de l’incubateur et réfléchis sur son modèle économique.

Qualités : très bon manager, carnet d’adresse, connaissance de l’entrepreneuriat TIC et du métier d’incubation, esprit entrepreneurial, talent négociation, capacité relationnelles et de présentation en public.

 Merci à Céline Thiam, Directrice RH chez Africsearch, pour m’avoir pousser à écrire ces quelques lignes…

Notes rédigées en partenariat avec Omar CISSE, directeur du CTIC, à l’occasion de la consultation sur l’élaboration de la Stratégie Nationale du Numérique du Sénégal en 2013.

Depuis plus d’une vingtaine d’années, les spécialistes étaient d’avis que le Sénégal regorge d’un potentiel important dans le domaine des Technologies de l’information et de la Communication.

  • Un environnement politique stable
  • Une bonne connectivité Internet
  • Un taux de pénétration du mobile de plus de 80%
  • Plus de 350 entreprises TIC
  • Une contribution de 7 à 9% des TIC au niveau du Produit Intérieur Brut

Cependant, force est de constater qu’aujourd’hui, ce potentiel n’est toujours pas assez exploité et que les TIC au Sénégal n’ont pas connu le développement attendu. Le développement des TIC au Sénégal ne saurait se faire sans des entreprises fortes capables de porter cette économie.

Constat

Cependant, il faut noter que :

• La contribution au PIB est essentiellement portée par les opérateurs de télécommunication et que la part des autres entreprises TIC est très faible ;
• La plupart des entreprises ne dépasse pas les 3 années d’existence ;
• Rares sont les entreprises qui font de la recherche développement du fait qu’elles sont souvent dans un état de survie et que le court terme est leur priorité
• Il n’existe pas de fonds d’amorçage pour des entreprises qui démarrent

L’environnement n’est pas toujours aussi propice au développement des entreprises :
• Le Sénégal ne dispose pas d’une vision clairement définie dans le secteur des TIC. Ceci ne favorise pas l’émergence d’une véritable industrie des TIC
• Le financement par les banques est difficilement accessible par les entreprises TIC du fait qu’elles ne disposent pas souvent de biens matériels pouvant servir de garantie. L’entreprise repose plus sur les ressources humaines et des immobilisations incorporelles. Il n’existe pas aussi de fonds de garantie dédié à ce secteur comme on en trouve pour d’autres ;
• L’investissement privé n’est pas assez structuré dans le secteur des TIC. C’est ainsi qu’il n’existe pas d’outils d’investissement qui pourraient accompagner les porteurs de projets à différents stades de développement (business angels, Venture capitalists, etc.)
• Il existe une faible connexion entre l’Université et l’entreprise. Ceci fait que l’innovation au sein des universités n’est pas vraiment exploitée par l’entreprise et que les véritables problématiques de ces entreprises ne sont pas toujours adressées par les universités. L’entreprenariat pourrait aussi être mieux développé à l’Université dans des domaines qui gagneraient à être mieux adressés par les TIC (agriculture, pêche, élevage, industries culturelles, etc.) ;
• Il existe très peu de structures d’accompagnement pouvant encadrer les entreprises TIC dans leur développement. Le secteur gagnerait à disposer d’un cybervillage, de plus d’incubateurs, de Co-working space, d’organisations qui accompagnent les entrepreneurs, etc. ;
 

Propositions

Les réponses à ces questions sont connues et ont fonctionné dans d’autres pays. Par exemple :
– fonds de soutien à la R&D et l’innovation (type OSEO en France ou SBIR aux US)
– fonds d’amorçage pour les PME TIC
– fonds de co-investissement lié à un club de Business Angel pour amorcer l’industrie du capital risque
– incubateurs et accélérateurs viables économiquement mais soutenus en partie par le gouvernement (son implication du gvt dans ces initiatives est indispensable pour amorcer le modèle)
– co-working spaces et espaces de création pour les développeurs et designers
– programmes de recherches financés par les industriels dans les écoles et universités
– programmes d’entrepreneuriat dans les écoles et universités

– établissement de partenariat avec centres de recherche ou entreprises étrangère, pour amener des technologies de pointe sur le marché Africain

– initiative nationale de promotion de l’entrepreneuriat tech (cf. (cf. Startup America, Startup Britain, Startup Chile, etc)

Note : contribution à un article du journal “L’Enquête” publié le 28 août 2013 suite à une visite de leur équipe au CTIC Dakar

Encore au stade embryonnaire au milieu des années 2000, le secteur de l’entrepreneuriat TIC (technologies de l’information et de la communication) est actuellement en pleine effervescence et expansion au Sénégal. Et devrait véritablement exploser en termes de génération de revenus d’ici 5 ans. Florilège d’exemples de réussites.

Les acteurs du secteur ne s’y trompent pas. D’ici quelques années, le secteur de entrepreneuriat TIC (création d’applications) va connaître un véritable boom avec une multiplication non seulement de sociétés mais aussi des revenus générés par le secteur dans son ensemble.

Aujourd’hui, néanmoins, c’est encore une autre histoire, même si de l’avis de quelques-uns, on commence à apercevoir le bout de tunnel.

A la vérité, entrepreneuriat TIC (technologies de l’information et de la communication) est parti de rien au Sénégal. ’’Les startups ont pour l’essentiel été mises en place et développées par des jeunes cadres désirant sortir de l’entreprise telle qu’on la comprend sous sa forme classique et voler de leur propres ailes. Ce qui veut dire que ce sont avant tout des initiatives individuelles. L’essentiel de ces entrepreneurs, j’irais jusqu’à dire les 2/3, ont entre 19 et 30 ans. Ils peuvent venir de tous les secteurs, certains d’entre eux ne savent d’ailleurs même pas coder’’, explique Basile Niane, journaliste et bloggeur spécialisé TIC.

Comment alors expliquer, vu la pluralité des profils, que le secteur marche si bien ? La question est d’autant plus importante que, s’il est vrai que des filières informatiques existent bel et bien, il n’y en a aucun qui se spécialise dans la mise en place de startups. Cela s’expliquerait, entre autres, par l’ouverture du milieu qui est par essence interconnecté. ’’Les startupeurs sont tous des férus de TIC, même s’il viennent d’autres secteurs. Interconnectés, ils se rencontrent régulièrement sur les réseaux sociaux ou utilisent d’autres moyens similaires pour entrer en contact et travailler ensemble, partager leur expériences, trouver ou développer de nouvelles compétences. L’Afrique brûle aujourd’hui les étapes et fait un travail extra en matière de TIC, c’est définitivement une filière qui a de l’avenir’’, ajoute le chroniqueur de l’émission Kenkeliba.

Si des Africains (dont des Sénégalais), font un travail aussi extra, c’est également parce qu’ils disposent de structures chargées de les accompagner : les incubateurs et co-working spaces. On en compte actuellement deux à Dakar : Jokkolabs (cowroking space) et le Centre incubateur des Tic (CTIC Dakar).

’’Nous avons ouvert en 2011. À l’époque, une forte motivation du secteur privé et de partenaires comme l’Optic ou la Banque mondiale avait conduit à la mise en place de la fondation des incubateurs du Sénégal. Notre mission se divise, aujourd’hui, en deux programmes phares. Il y a l’+incubation+, permettant aux entrepreneurs TIC d’apprendre à structurer leur entreprise et générer des revenus, notamment en termes de business développement, et l’+accélération+, qui est dédiée aux porteurs de projets prototypes et se traduit essentiellement par un accompagnement de ces derniers jusqu’à l’implémentation de leur idée’’, fait savoir Yann Le Beux, Catalyst du CTIC.

L’accompagnateur TIC en question, basé en centre-ville de Dakar, a déjà ’’incubé’’ une quinzaine de startups aujourd’hui économiquement viables et mêmes génératrices de croissance, à l’exemple des sociétés People Imput, Sama Event, Mlouma (une application destinée aux agriculteurs), Agendakar ou encore Xtreme (application d’hôtellerie). Concernant l’accélération’’, le CTIC accompagnerait une vingtaine de projet par an en plus d’organiser des événements ponctuels comme le ’’Tekki 48’’ ou le ’’StartupWeekend’’, rencontres annuelles permettant à des équipes de développeurs, graphistes et/ou marketeurs de monter leurs propres entreprises.

’’Marché complètement vierge’’

’’Avec un minimum de structuration, je pense qu’il ne sera pas difficile de conquérir le secteur TIC sénégalais, surtout qu’il s’agit d’un marché complètement vierge. Notre expérience nous a permis de déterminer qu’une startup moyenne peut atteindre les 85% de croissance par an, les 4 secteurs d’activité les plus populaires étant le développement logiciel, la création de contenus web, les applications mobiles et le Community management (gestion de pages sur les réseaux sociaux pour le compte d’un tiers), soutient le Catalyst de l’Incubateur TIC de la rue Béranger Féraud.

Défaut de compétitivité, manque de soutien public

Ce dynamisme et cette ouverture du marché n’occultent cependant pas le fait que tout n’est pas rose pour le startup au Sénégal. On déplore un manque de compétitivité de ces startups en tant qu’entreprises, qui s’expliquerait par le fait que leurs créateurs, issus pour la plupart de filière scientifiques, ont souvent du mal à gérer les aspects business (administration, marketing, comptabilité).

Il y a aussi à leur égard une apathie apparente de la part des gouvernants. ’’En ce qui concerne l’État, ça bloque un peu car nombre de startups ont des problèmes avec les procédures administratives, même si des structures comme l’Apix (Agence pour la promotion des investissements et des grands travaux de l’État) facilitent les choses. En ce qui concerne les décideurs, néanmoins, il ne se passent pas grand chose : les annonces et les promesses faites ne sont généralement que du discours politicien’’, déplore Basile Niane. ’’Il nous manque avant tout une véritable stratégie nationale concernant le secteur TIC. Il faudrait en faire une qui dérive de celle du secteur privé, à mon avis. Il faut motiver les jeunes entrepreneurs afin qu’il aient plus d’avantages donc moins peur de se lancer’’, renchérit Yann Le Beux.

Et qu’en est-il des ’’startupeurs’’ eux-mêmes ? S’ils admettent que l’aventure n’a pas toujours été facile, aucun ne regrette vraiment de s’être lancé dans entrepreneuriat Tic.

’’J’ai commencé en 2009 avec le lancement du portail local d’événementiel. Autant dire qu’on est parti de zéro moyen, de surcroît dans un environnement peu propice. Monter une startup était alors quelque chose d’extrêmement compliquée parce qu’on avait presque de la peine à convaincre nos partenaires que ce qu’on faisait, essentiellement du service, était un vrai travail. Il était par exemple impossible d’obtenir un prêt bancaire alors qu’aujourd’hui ce sont de gros clients comme Tigo ou le British Council qui nous confient leur com’’, confie Alassane Deme le manager général de la startup NelamServices.

Ceux qui acceptent néanmoins de mettre les mains dans le cambouis expliquent leur choix par une logique de positionnement. ’’Je travaille dans le développement d’applications, notamment pour mobile. Et si je me suis installé à Dakar, c’est pour deux raisons : la première est que je voulais démontrer qu’il était possible de développer des programmes 100% made in Sénégal ; la deuxièmeest que je crois qu’il est possible de développer le marché potentiel de ma startup dans ce pays, plutôt que d’opter pour être juste en offshore. J’emploie 15 personnes, dont une équipe technique basée et formée à Dakar,et dont 4 membres disposent d’un CDI (contrat à durée déterminé), fait savoir Moustapha Ndoye, expatrié revenu vivre au Sénégal et fondateur de Xtreme.

Se battre donc, et être toujours plus performant : tel est le combat des startupeurs sénégalais, dont la majorité reste optimiste quant à l’avenir malgré les obstacles. ’’Le terme startup n’est pas encore forcément bien perçu mais nous travaillons à cela. Je crois en ce secteur et aux opportunités qu’il offre surtout en terme de BtoB (Business to Business). Il y a énormément de solutions à trouver, particulièrement en terme d’applications mobiles, ou de logiciels spécialisés. C’est à nous, startupeurs, de créer de la valeur ajoutée à nos logiciels’’, indique Moustapha Ndoye, lucide.

(Source : Enquête, 28 août 2013)

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Note : interview rédigée avec Omar Cissé et accordée au magazine Sénégalais Réussir

1.     Comment accompagnez-vous les porteurs de projets TIC ?

Comme vous le savez peut être, la réussite et la viabilité financière de l’incubateur, qui est une association, est majoritairement basée sur la croissance du revenu des entreprises que nous accompagnons ; l’accompagnement que nous fournissons est donc au cœur de nos préoccupations. L’incubateur dispose de deux programmes d’accompagnement en fonction des stades de développement des entreprises : 1) le programme d’incubation, pour lequel un jury d’entrepreneurs sélectionne des entreprises générant déjà un minimum de revenu et quelques clients. Ce programme peut durer jusqu’à 3 ans. 2) Le programme d’accélération « BuntuTEKI » de 6 mois qui accompagne des porteurs de projets ou entreprises en phase de création mais ayant tout de même développé un premier prototype (site web, application mobile ou logiciel).

Dans le premier, le programme d’incubation, les entreprises peuvent bénéficier de locaux tout équipés mis à leur disposition avec l’internet haut débit et une assistante d’accueil. Ils sont accompagnés dans leur gestion comptable et fiscale par une personne dédiée à plein temps aux incubés. Ils sont également soutenus dans leur « business development » ou prospection commerciale par l’ensemble de l’équipe du CTIC. Par exemple nous organisons des petits déjeuners d’affaires dans lesquels nous regroupons les clients cibles de nos incubés (banques, assurance, directeur de l’administration etc.). Au jour le jour, nous aidons nos entreprises à structurer leur développement commercial et les aidons dans la prospection et la vente de leurs solutions. Une équipe de consultants est également mis à la disposition de nos entreprises pour tous les aspects marketing et finance. Nous aidons également nos entreprises à avoir des stands dans les salons internationaux et finançons quelques billets d’avion. Enfin, lorsqu’elles sont prêtes, nous soutenons nos entreprises dans leurs levées de fonds – nous avons d’ailleurs amorcé un groupe de business angels TIC dans ce sens.

Dans le programme d’accélération, les porteurs de projets sont poussés au test et à l’implémentation de leur solution sur le terrain et à la génération de premiers revenus. Ils bénéficient de locaux partagé et comme pour l’incubation, d’un suivi hebdomadaire et de mises en relation avec des clients ou partenaires potentiels des secteurs privés ou public. Plusieurs ateliers de formation technique ou business sont par ailleurs organisés.

Enfin, nous nous efforçons de mettre nos entreprises en avant dans de nombreux événements et dans les médias, et c’est en partie pour cela que nous avez peut être entendu parler de People Input, Xtreme, Seysoo, Amarante ou encore Nelam Services l’entreprise derrière Agendakar.com.

 

2.     Les contraintes empêchant une éclosion d’une véritable industrie TIC ?

Elles sont multiples et complexes mais quelques solutions simples et pragmatiques peuvent leur être trouvées 1) développer plus d’incubateurs pour accompagner les PME TIC dans leur gestion et développement commercial et ainsi développer un tissus économique dense d’entreprises TIC innovantes et d’envergure international. 2) mettre en place des fonds public de soutien à la recherche scientifique et à l’innovation pour favoriser l’émergence d’entreprises et de solutions TIC innovantes, notamment liées aux autres secteurs de l’économie (tourisme, agriculture, banque, éducation ,etc.) 3) dynamiser l’enseignement supérieur par des programmes d’entrepreneuriat et davantage de liens avec l’industrie, afin de pallier au manque de compétences « applicables » des jeunes diplômés et multiplier le nombre de projets d’entreprises. 4) appliquer la législation sur l’attribution systématique d’une part des marchés public aux PME nationales, sans quoi ces dernières ne pourront jamais grandir et le pays sera toujours « dépendant » technologiquement parlant. Mais soyons positif, certaines de ces mesures sont déjà mises en œuvre et sont en train de placer le Sénégal en tête des pays africain sur les questions d’entrepreneuriat TIC.

 

3.     Bilan des JETIC ?

Très positif globalement pour une première. Ce fut un challenge de taille pour la petite équipe du CTIC (7 personnes) en termes d’organisation et de logistique car c’était la première fois qu’un événement TIC d’une telle ampleur et non associé à une entreprise particulière avait lieu au Sénégal. Mais tout s’est vraiment bien déroulé, l’ensemble des acteurs et décideurs privés et publics liées aux secteurs des TIC et de l’entrepreneuriat étaient présents et se sont engagés à soutenir davantage les initiatives du domaine. Les entreprises accompagnées par le CTIC ont pu partager leurs expériences et mettre en avant leur produits et les partenaires majeurs tels que l’ARTP, la Sonatel, la GIZ ou l’ADIE ont tous été fiers d’être associés à l’événement. Enfin, de nombreux projets innovants ont vu le jour grâce aux compétitions universitaires (Start-Rek) et aux deux jours intenses de coaching pour 10 projets (Tekki48), remporté par la startup de synthèse vocale Voxygen. La prochaine édition des JETIC devrait avoir lieu en 2015.