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ORGANIGRAMME-copie-1024x768Amorcée depuis les années 90 aux Etats-Unis, la fièvre de l’entrepreneuriat TIC et des startups technologique est maintenant présente aux quatre coins du monde. Récemment, l’Afrique à rejoint le mouvement et de nombreux espaces co-working et quelques incubateurs ont commencé à émerger dans la plupart des pays et surtout au Afrique du Sud, Kenya, Ghana, Nigéria, Sénégal et Côte d’Ivoire. Leur but de ces organisations est de dynamiser les « écosystèmes technologiques » (communautés de développeurs, grandes entreprises, universités, etc) et/ou d’accompagner les porteurs de projet ou entreprises déjà établies dans leur croissance. Ces modèles nouveaux d’accompagnement entrainent la création de nouveaux postes, en général très centrés sur le relationnel et la connaissance des phases de développement d’une entreprise technologique. La double compétence TIC et Business est en vraiment recommandée. Voici une liste non-exhaustive de ces nouveaux métiers. Gardez à l’esprit que ces organisations se comportant la plupart elle-même comme des start-ups, les limites de ces postes sont larges et les personnes restent en général très polyvalente. Le poste de « Catalyst » que l’on trouve dans certaines structures par exemple, est souvent un mélange des trois profil ci-dessous.

 

Community, Digital et Event Manager

Personne en charge de gérer la présence de l‘incubateur et de ses entreprises sur les réseaux sociaux – les plus pertinents en Afrique étant Twitter, G+ et Facebook – et sur le web en général. Cette personne anime la communauté « online » mais il est très important qu’elle le fasse également « offline », en allant à la rencontre des gens et communautés de développeurs, des entrepreneurs et des décideurs du secteur TIC. Cette personne par ailleurs doit en organiser des événements (compétition de startups, panel de discussion sur l’entrepreneuriat, témoignages d’entrepreneurs, etc).

Qualités requises : grand sens du relationnel, connecté 24h/24h sur les réseaux, compétence de développeur est un plus, très bonne organisation et capacité de gestion du stress importante pour les événements.

 

Business Developer

Profil plus présent dans les incubateurs et que dans les co-working spaces. Personne en général senior ou junior plus et ayant un très bon carnet d’adresse. Cette personne est en charge de trouver des nouveaux marchés aux entreprises accompagnées par l’incubateur. Elle prend et accompagne les entreprises pour leur rendez-vous avec des prospects et aide à la négociation des contrats. Son rôle est ensuite de former les équipes commerciales des entreprises pour qu’elles puissent le faire d’elle-même. Ce poste est vraiment clés pour la croissance d’une entreprise car en général les fondateurs ont un profil technique et structurent assez mal leur déploiement commercial. Cette personne peut selon les organisations s’occuper aussi du business development de l’incubateur et lui trouver de nouveaux clients (entreprises à accompagnées), organiser des formations ou certification payantes ou négocier des prestations de conseil auprès de nouveaux incubateurs, qui seront réalisées par plusieurs personnes de l’équipe.

Qualités : carnet d’adresse, business focus, connaissance général des technologies, talent négociation

 

Hub manager et directeur d’incubateur

Ce poste varie grandement en fonction de l’organisation mais en général cette personne gère l’équipe et le développement de la structure, la recherche de financement et supervise ou gère la comptabilité. Elle aide à la visibilité locale et internationale de l’organisation et tisse des partenariats avec d’autres incubateurs, des réseaux, des universités, des bailleurs, des multinationales dans plusieurs pays. Elle peut également faire du Business Developement pour les entreprises et les conseille sur leurs modèles économiques, levées de fonds ou appel d’offre. Elle gère ou supervise également la création de nouveaux programmes d’accompagnement et d’événements. Cette personne travail enfin à la conceptualisation de l’offre de service de l’incubateur et réfléchis sur son modèle économique.

Qualités : très bon manager, carnet d’adresse, connaissance de l’entrepreneuriat TIC et du métier d’incubation, esprit entrepreneurial, talent négociation, capacité relationnelles et de présentation en public.

 Merci à Céline Thiam, Directrice RH chez Africsearch, pour m’avoir pousser à écrire ces quelques lignes…

Notes rédigées en partenariat avec Omar CISSE, directeur du CTIC, à l’occasion de la consultation sur l’élaboration de la Stratégie Nationale du Numérique du Sénégal en 2013.

Depuis plus d’une vingtaine d’années, les spécialistes étaient d’avis que le Sénégal regorge d’un potentiel important dans le domaine des Technologies de l’information et de la Communication.

  • Un environnement politique stable
  • Une bonne connectivité Internet
  • Un taux de pénétration du mobile de plus de 80%
  • Plus de 350 entreprises TIC
  • Une contribution de 7 à 9% des TIC au niveau du Produit Intérieur Brut

Cependant, force est de constater qu’aujourd’hui, ce potentiel n’est toujours pas assez exploité et que les TIC au Sénégal n’ont pas connu le développement attendu. Le développement des TIC au Sénégal ne saurait se faire sans des entreprises fortes capables de porter cette économie.

Constat

Cependant, il faut noter que :

• La contribution au PIB est essentiellement portée par les opérateurs de télécommunication et que la part des autres entreprises TIC est très faible ;
• La plupart des entreprises ne dépasse pas les 3 années d’existence ;
• Rares sont les entreprises qui font de la recherche développement du fait qu’elles sont souvent dans un état de survie et que le court terme est leur priorité
• Il n’existe pas de fonds d’amorçage pour des entreprises qui démarrent

L’environnement n’est pas toujours aussi propice au développement des entreprises :
• Le Sénégal ne dispose pas d’une vision clairement définie dans le secteur des TIC. Ceci ne favorise pas l’émergence d’une véritable industrie des TIC
• Le financement par les banques est difficilement accessible par les entreprises TIC du fait qu’elles ne disposent pas souvent de biens matériels pouvant servir de garantie. L’entreprise repose plus sur les ressources humaines et des immobilisations incorporelles. Il n’existe pas aussi de fonds de garantie dédié à ce secteur comme on en trouve pour d’autres ;
• L’investissement privé n’est pas assez structuré dans le secteur des TIC. C’est ainsi qu’il n’existe pas d’outils d’investissement qui pourraient accompagner les porteurs de projets à différents stades de développement (business angels, Venture capitalists, etc.)
• Il existe une faible connexion entre l’Université et l’entreprise. Ceci fait que l’innovation au sein des universités n’est pas vraiment exploitée par l’entreprise et que les véritables problématiques de ces entreprises ne sont pas toujours adressées par les universités. L’entreprenariat pourrait aussi être mieux développé à l’Université dans des domaines qui gagneraient à être mieux adressés par les TIC (agriculture, pêche, élevage, industries culturelles, etc.) ;
• Il existe très peu de structures d’accompagnement pouvant encadrer les entreprises TIC dans leur développement. Le secteur gagnerait à disposer d’un cybervillage, de plus d’incubateurs, de Co-working space, d’organisations qui accompagnent les entrepreneurs, etc. ;
 

Propositions

Les réponses à ces questions sont connues et ont fonctionné dans d’autres pays. Par exemple :
– fonds de soutien à la R&D et l’innovation (type OSEO en France ou SBIR aux US)
– fonds d’amorçage pour les PME TIC
– fonds de co-investissement lié à un club de Business Angel pour amorcer l’industrie du capital risque
– incubateurs et accélérateurs viables économiquement mais soutenus en partie par le gouvernement (son implication du gvt dans ces initiatives est indispensable pour amorcer le modèle)
– co-working spaces et espaces de création pour les développeurs et designers
– programmes de recherches financés par les industriels dans les écoles et universités
– programmes d’entrepreneuriat dans les écoles et universités

– établissement de partenariat avec centres de recherche ou entreprises étrangère, pour amener des technologies de pointe sur le marché Africain

– initiative nationale de promotion de l’entrepreneuriat tech (cf. (cf. Startup America, Startup Britain, Startup Chile, etc)

Note : contribution à un article du journal “L’Enquête” publié le 28 août 2013 suite à une visite de leur équipe au CTIC Dakar

Encore au stade embryonnaire au milieu des années 2000, le secteur de l’entrepreneuriat TIC (technologies de l’information et de la communication) est actuellement en pleine effervescence et expansion au Sénégal. Et devrait véritablement exploser en termes de génération de revenus d’ici 5 ans. Florilège d’exemples de réussites.

Les acteurs du secteur ne s’y trompent pas. D’ici quelques années, le secteur de entrepreneuriat TIC (création d’applications) va connaître un véritable boom avec une multiplication non seulement de sociétés mais aussi des revenus générés par le secteur dans son ensemble.

Aujourd’hui, néanmoins, c’est encore une autre histoire, même si de l’avis de quelques-uns, on commence à apercevoir le bout de tunnel.

A la vérité, entrepreneuriat TIC (technologies de l’information et de la communication) est parti de rien au Sénégal. ’’Les startups ont pour l’essentiel été mises en place et développées par des jeunes cadres désirant sortir de l’entreprise telle qu’on la comprend sous sa forme classique et voler de leur propres ailes. Ce qui veut dire que ce sont avant tout des initiatives individuelles. L’essentiel de ces entrepreneurs, j’irais jusqu’à dire les 2/3, ont entre 19 et 30 ans. Ils peuvent venir de tous les secteurs, certains d’entre eux ne savent d’ailleurs même pas coder’’, explique Basile Niane, journaliste et bloggeur spécialisé TIC.

Comment alors expliquer, vu la pluralité des profils, que le secteur marche si bien ? La question est d’autant plus importante que, s’il est vrai que des filières informatiques existent bel et bien, il n’y en a aucun qui se spécialise dans la mise en place de startups. Cela s’expliquerait, entre autres, par l’ouverture du milieu qui est par essence interconnecté. ’’Les startupeurs sont tous des férus de TIC, même s’il viennent d’autres secteurs. Interconnectés, ils se rencontrent régulièrement sur les réseaux sociaux ou utilisent d’autres moyens similaires pour entrer en contact et travailler ensemble, partager leur expériences, trouver ou développer de nouvelles compétences. L’Afrique brûle aujourd’hui les étapes et fait un travail extra en matière de TIC, c’est définitivement une filière qui a de l’avenir’’, ajoute le chroniqueur de l’émission Kenkeliba.

Si des Africains (dont des Sénégalais), font un travail aussi extra, c’est également parce qu’ils disposent de structures chargées de les accompagner : les incubateurs et co-working spaces. On en compte actuellement deux à Dakar : Jokkolabs (cowroking space) et le Centre incubateur des Tic (CTIC Dakar).

’’Nous avons ouvert en 2011. À l’époque, une forte motivation du secteur privé et de partenaires comme l’Optic ou la Banque mondiale avait conduit à la mise en place de la fondation des incubateurs du Sénégal. Notre mission se divise, aujourd’hui, en deux programmes phares. Il y a l’+incubation+, permettant aux entrepreneurs TIC d’apprendre à structurer leur entreprise et générer des revenus, notamment en termes de business développement, et l’+accélération+, qui est dédiée aux porteurs de projets prototypes et se traduit essentiellement par un accompagnement de ces derniers jusqu’à l’implémentation de leur idée’’, fait savoir Yann Le Beux, Catalyst du CTIC.

L’accompagnateur TIC en question, basé en centre-ville de Dakar, a déjà ’’incubé’’ une quinzaine de startups aujourd’hui économiquement viables et mêmes génératrices de croissance, à l’exemple des sociétés People Imput, Sama Event, Mlouma (une application destinée aux agriculteurs), Agendakar ou encore Xtreme (application d’hôtellerie). Concernant l’accélération’’, le CTIC accompagnerait une vingtaine de projet par an en plus d’organiser des événements ponctuels comme le ’’Tekki 48’’ ou le ’’StartupWeekend’’, rencontres annuelles permettant à des équipes de développeurs, graphistes et/ou marketeurs de monter leurs propres entreprises.

’’Marché complètement vierge’’

’’Avec un minimum de structuration, je pense qu’il ne sera pas difficile de conquérir le secteur TIC sénégalais, surtout qu’il s’agit d’un marché complètement vierge. Notre expérience nous a permis de déterminer qu’une startup moyenne peut atteindre les 85% de croissance par an, les 4 secteurs d’activité les plus populaires étant le développement logiciel, la création de contenus web, les applications mobiles et le Community management (gestion de pages sur les réseaux sociaux pour le compte d’un tiers), soutient le Catalyst de l’Incubateur TIC de la rue Béranger Féraud.

Défaut de compétitivité, manque de soutien public

Ce dynamisme et cette ouverture du marché n’occultent cependant pas le fait que tout n’est pas rose pour le startup au Sénégal. On déplore un manque de compétitivité de ces startups en tant qu’entreprises, qui s’expliquerait par le fait que leurs créateurs, issus pour la plupart de filière scientifiques, ont souvent du mal à gérer les aspects business (administration, marketing, comptabilité).

Il y a aussi à leur égard une apathie apparente de la part des gouvernants. ’’En ce qui concerne l’État, ça bloque un peu car nombre de startups ont des problèmes avec les procédures administratives, même si des structures comme l’Apix (Agence pour la promotion des investissements et des grands travaux de l’État) facilitent les choses. En ce qui concerne les décideurs, néanmoins, il ne se passent pas grand chose : les annonces et les promesses faites ne sont généralement que du discours politicien’’, déplore Basile Niane. ’’Il nous manque avant tout une véritable stratégie nationale concernant le secteur TIC. Il faudrait en faire une qui dérive de celle du secteur privé, à mon avis. Il faut motiver les jeunes entrepreneurs afin qu’il aient plus d’avantages donc moins peur de se lancer’’, renchérit Yann Le Beux.

Et qu’en est-il des ’’startupeurs’’ eux-mêmes ? S’ils admettent que l’aventure n’a pas toujours été facile, aucun ne regrette vraiment de s’être lancé dans entrepreneuriat Tic.

’’J’ai commencé en 2009 avec le lancement du portail local d’événementiel. Autant dire qu’on est parti de zéro moyen, de surcroît dans un environnement peu propice. Monter une startup était alors quelque chose d’extrêmement compliquée parce qu’on avait presque de la peine à convaincre nos partenaires que ce qu’on faisait, essentiellement du service, était un vrai travail. Il était par exemple impossible d’obtenir un prêt bancaire alors qu’aujourd’hui ce sont de gros clients comme Tigo ou le British Council qui nous confient leur com’’, confie Alassane Deme le manager général de la startup NelamServices.

Ceux qui acceptent néanmoins de mettre les mains dans le cambouis expliquent leur choix par une logique de positionnement. ’’Je travaille dans le développement d’applications, notamment pour mobile. Et si je me suis installé à Dakar, c’est pour deux raisons : la première est que je voulais démontrer qu’il était possible de développer des programmes 100% made in Sénégal ; la deuxièmeest que je crois qu’il est possible de développer le marché potentiel de ma startup dans ce pays, plutôt que d’opter pour être juste en offshore. J’emploie 15 personnes, dont une équipe technique basée et formée à Dakar,et dont 4 membres disposent d’un CDI (contrat à durée déterminé), fait savoir Moustapha Ndoye, expatrié revenu vivre au Sénégal et fondateur de Xtreme.

Se battre donc, et être toujours plus performant : tel est le combat des startupeurs sénégalais, dont la majorité reste optimiste quant à l’avenir malgré les obstacles. ’’Le terme startup n’est pas encore forcément bien perçu mais nous travaillons à cela. Je crois en ce secteur et aux opportunités qu’il offre surtout en terme de BtoB (Business to Business). Il y a énormément de solutions à trouver, particulièrement en terme d’applications mobiles, ou de logiciels spécialisés. C’est à nous, startupeurs, de créer de la valeur ajoutée à nos logiciels’’, indique Moustapha Ndoye, lucide.

(Source : Enquête, 28 août 2013)

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Note : interview rédigée avec Omar Cissé et accordée au magazine Sénégalais Réussir

1.     Comment accompagnez-vous les porteurs de projets TIC ?

Comme vous le savez peut être, la réussite et la viabilité financière de l’incubateur, qui est une association, est majoritairement basée sur la croissance du revenu des entreprises que nous accompagnons ; l’accompagnement que nous fournissons est donc au cœur de nos préoccupations. L’incubateur dispose de deux programmes d’accompagnement en fonction des stades de développement des entreprises : 1) le programme d’incubation, pour lequel un jury d’entrepreneurs sélectionne des entreprises générant déjà un minimum de revenu et quelques clients. Ce programme peut durer jusqu’à 3 ans. 2) Le programme d’accélération « BuntuTEKI » de 6 mois qui accompagne des porteurs de projets ou entreprises en phase de création mais ayant tout de même développé un premier prototype (site web, application mobile ou logiciel).

Dans le premier, le programme d’incubation, les entreprises peuvent bénéficier de locaux tout équipés mis à leur disposition avec l’internet haut débit et une assistante d’accueil. Ils sont accompagnés dans leur gestion comptable et fiscale par une personne dédiée à plein temps aux incubés. Ils sont également soutenus dans leur « business development » ou prospection commerciale par l’ensemble de l’équipe du CTIC. Par exemple nous organisons des petits déjeuners d’affaires dans lesquels nous regroupons les clients cibles de nos incubés (banques, assurance, directeur de l’administration etc.). Au jour le jour, nous aidons nos entreprises à structurer leur développement commercial et les aidons dans la prospection et la vente de leurs solutions. Une équipe de consultants est également mis à la disposition de nos entreprises pour tous les aspects marketing et finance. Nous aidons également nos entreprises à avoir des stands dans les salons internationaux et finançons quelques billets d’avion. Enfin, lorsqu’elles sont prêtes, nous soutenons nos entreprises dans leurs levées de fonds – nous avons d’ailleurs amorcé un groupe de business angels TIC dans ce sens.

Dans le programme d’accélération, les porteurs de projets sont poussés au test et à l’implémentation de leur solution sur le terrain et à la génération de premiers revenus. Ils bénéficient de locaux partagé et comme pour l’incubation, d’un suivi hebdomadaire et de mises en relation avec des clients ou partenaires potentiels des secteurs privés ou public. Plusieurs ateliers de formation technique ou business sont par ailleurs organisés.

Enfin, nous nous efforçons de mettre nos entreprises en avant dans de nombreux événements et dans les médias, et c’est en partie pour cela que nous avez peut être entendu parler de People Input, Xtreme, Seysoo, Amarante ou encore Nelam Services l’entreprise derrière Agendakar.com.

 

2.     Les contraintes empêchant une éclosion d’une véritable industrie TIC ?

Elles sont multiples et complexes mais quelques solutions simples et pragmatiques peuvent leur être trouvées 1) développer plus d’incubateurs pour accompagner les PME TIC dans leur gestion et développement commercial et ainsi développer un tissus économique dense d’entreprises TIC innovantes et d’envergure international. 2) mettre en place des fonds public de soutien à la recherche scientifique et à l’innovation pour favoriser l’émergence d’entreprises et de solutions TIC innovantes, notamment liées aux autres secteurs de l’économie (tourisme, agriculture, banque, éducation ,etc.) 3) dynamiser l’enseignement supérieur par des programmes d’entrepreneuriat et davantage de liens avec l’industrie, afin de pallier au manque de compétences « applicables » des jeunes diplômés et multiplier le nombre de projets d’entreprises. 4) appliquer la législation sur l’attribution systématique d’une part des marchés public aux PME nationales, sans quoi ces dernières ne pourront jamais grandir et le pays sera toujours « dépendant » technologiquement parlant. Mais soyons positif, certaines de ces mesures sont déjà mises en œuvre et sont en train de placer le Sénégal en tête des pays africain sur les questions d’entrepreneuriat TIC.

 

3.     Bilan des JETIC ?

Très positif globalement pour une première. Ce fut un challenge de taille pour la petite équipe du CTIC (7 personnes) en termes d’organisation et de logistique car c’était la première fois qu’un événement TIC d’une telle ampleur et non associé à une entreprise particulière avait lieu au Sénégal. Mais tout s’est vraiment bien déroulé, l’ensemble des acteurs et décideurs privés et publics liées aux secteurs des TIC et de l’entrepreneuriat étaient présents et se sont engagés à soutenir davantage les initiatives du domaine. Les entreprises accompagnées par le CTIC ont pu partager leurs expériences et mettre en avant leur produits et les partenaires majeurs tels que l’ARTP, la Sonatel, la GIZ ou l’ADIE ont tous été fiers d’être associés à l’événement. Enfin, de nombreux projets innovants ont vu le jour grâce aux compétitions universitaires (Start-Rek) et aux deux jours intenses de coaching pour 10 projets (Tekki48), remporté par la startup de synthèse vocale Voxygen. La prochaine édition des JETIC devrait avoir lieu en 2015.

Interview radio réalisée pour Widoobiz en Janvier 2013

Les incubateurs sont en plein essor en France et à travers le monde.

Lieux développés pour les entrepreneurs en herbe, les incubateurs permettent aux jeunes chefs d’entreprises de disposer d’un espace de travail et de conseils quotidiens de professionnels. Certains incubateurs sont d’ailleurs thématisés et se spécialisent sur un secteur d’activité. C’est le cas notamment de Incubateur CTIC, lancé à Dakar pour les entreprises des TIC.

Julien Noronha retrouve son chroniqueur José Kouadio et reçoit Yann Le Beux pour présenter le premier incubateur d’Afrique dédié aux nouvelles technologies. Les entreprises y sont sélectionnées pour leur capacité à faire croitre également d’autres secteurs de l’économie nationale.

http://www.widoobiz.com/j-entreprends-comme-je-suis/entrepreneurs-du-monde/senegal-les-nouvelles-technologies-ont-leur-incubateur/26917

Bonne écoute.

GIZNote : article écrit pour la newsletter Africaine de la Coopération Technique Allemande GIZ

Par le biais du programme PACC PME-PMF, le bureau de la GIZ au Sénégal soutient une initiative d’un nouveau genre : un incubateur de jeunes entreprises dédié au secteur des TIC. En un peu plus d’un an, ce partenariat public-privé a déjà eu un impact important sur les PME du secteur des TIC mais également sur la compétitivité des autres secteurs économiques.

CTIC Dakar – accélérateur de croissance des PME TIC d’Afrique de l’Ouest

Un incubateur d’entreprises est une structure qui accompagne des projets de création d’entreprises. Ce type de structure apporte un appui en termes d’hébergement, de conseil et de financement, d’assistance juridique et fiscale lors des premières étapes de la vie de l’entreprise. L’incubateur d’entreprises peut également apporter un accompagnement scientifique et technologique.

L’exemple de l’incubateur sénégalais CTIC démontre la pertinence de cette approche. En un an d’existence et dans une approche partenariale publique-privée, le CTIC a su mobiliser les acteurs académiques, économiques, nationaux et internationaux. Cette synergie « plurielle » a permet au CTIC d’accompagner aujourd’hui 11 entreprises et 24 Startups (projets d’entreprises) dans le domaine des TIC. Ces 11 entreprises emploient au total plus de 100 personnes  et auront en 2012 une croissance de plus de 100%.

Fait important, CTIC Dakar est une association mais son but est d’être équilibré financièrement d’ici quatre ans. Pour y arriver, il prélève un pourcentage de la croissance du chiffre d’affaire de ses entreprises. En d’autres termes, si l’entreprise ne grandit pas, l’incubateur ne génère pas de ressources.

Des  services extérieurs sont également proposés tels des certifications ou formations de haut niveau en TIC ou a mise en place d’incubateurs dans toute la sous-région. L’expérience de CTIC Dakar est en effet en train d’être dupliquée avec ses partenaires dans d’autres pays comme le Mali, Niger et le Gabon.

L’apport du Secteur Privé dans le fonctionnement du CTIC

CTIC Dakar est une initiative de la fondation des incubateurs des TIC au Sénégal qui regroupe quelques 2/3 de membres du secteur privé et 1/3 de membres de l’administration. Cette fondation est présidée par le Secteur privé regroupé autour de l’Organisation des Professionnels des Technologies de l’Information et de la Communication (OPTIC). L’incubateur a été une forte demande du secteur privé et a pu être réalisé grâce à toutes les parties prenantes autour de l’entreprenariat et des TIC (Etat, Universités, banques, opérateurs télécoms, patronat, etc.). Le secteur privé participe au financement du fonds d’amorçage, aux événements organisés par CTIC Dakar et accompagne les Startups et PME de CTIC Dakar. Il faut aussi préciser que le comité de sélection des entreprises est composé essentiellement d’entreprises du secteur privé et d’entrepreneurs. L’implication du secteur privé est encore plus déterminante dans l’accompagnement des entreprises de l’incubateur. En effet, au quotidien les entrepreneurs du secteur participent au Mentoring des Startups que CTIC Dakar accompagne et partagent leurs expériences avec les jeunes entrepreneurs.

Un soutien ciblé et « expert » de la GIZ

Dès le lancement de l’initiative en avril 2011, le bureau régional de la GIZ à Dakar mais surtout le programme PACC PME-PMF, qui soutient la compétitivité des PME dans les secteurs clés de l’économie sénégalaise, ont souhaité mieux comprendre et accompagner le projet.  En novembre 2011, un expert CIM spécialisé en entrepreneuriat technologique et en incubation a rejoint l’équipe du CTIC sur un contrat minimum de deux ans. Son rôle consiste entre autres à mettre en place de nouveaux outils et programmes d’accompagnement pour les PME TIC ; à soutenir les entreprises dans leur développement commercial ; à développer des partenariats internationaux avec d’autres incubateurs et acteurs de l’entrepreneuriat afin de positionner le Sénégal et d’ouvrir des marchés aux PME ; et de  structurer des outils de financement pour faire grandir ces entreprises. A cet effet, le premier groupe de Business Angels (investisseurs providentiels) d’Afrique de l’Ouest a été officiellement lancé en juillet 2011. La GIZ accompagne maintenant la structuration de ce dernier afin de faciliter leurs décisions d’investissement. Par ailleurs, l’expert travaille main dans la main avec la direction de l’incubateur et ses partenaires pour en définir le modèle économique et la stratégie long terme.

Mais tout ceci ne serait pas aussi efficace sans le soutien du programme PACC PME-PMF, véritable levier pour toutes ces activités dédiées à la croissance des entreprises. En effet, la GIZ a soutenu l’incubateur à de nombreuses reprises pour des événements ou ateliers de formation, tels que le premier StartupWeekend Dakar, un événement de 54h où se sont retrouvé ingénieurs TIC et acteurs du monde agricole pour développer pas moins de 11 technologies et projets d’entreprises, dont 6 en ensuite été accompagnées par l’incubateur. Fort de ces réussites, la GIZ est maintenant en train de signer une convention de subvention locale avec l’incubateur afin de travailler plus efficacement sur les activités planifiées : accès au financement, formation, nouveau programme d’accélération, etc.

Un exemple de réussite : Mlouma. Portée par le jeune Aboubacar Sidy Sonko, cette entreprise a développé une solution web et mobile permettant aux acteurs du monde agricole de connaitre en temps réel  les prix, quantités et localisations de centaine de produits. L’entreprise qui a vu le jour lors du StartupWeekend et est maintenant une entreprise structurée et qui a établi des partenariats avec plusieurs groupements d’agriculteurs pour implémenter sa solution. Il était récemment sélectionné parmi les 40 entreprises les plus innovantes du continent et invité à la conférence DEMO Africa à Nairobi.

Maillons manquant et prochaines étapes

Le soutient de la GIZ au niveau de l’incubateur CTIC Dakar a pour le moment eu un effet considérable sur la croissance des entreprises du secteur des TIC et sur la compétitivité des autres secteurs grâce aux TIC (agriculture, tourisme, culture, santé, etc). L’incubateur est maintenant sur la bonne voie et est en train de prouver qu’un modèle économiquement viable est possible dans le soutien aux entrepreneurs en Afrique.  Mais pour réellement maximiser et pérenniser son impact, l’incubateur doit maintenant travailler sur trois chantiers de la plus haute importance : son extension afin de soutenir plus d’entreprises au Sénégal et réaliser des économies d’échelle ; son développement sous régional afin de permettre à ses entreprises de bénéficier d’incubateurs partenaires en Afrique de l’Ouest ; et enfin la mise en place de solution de financement pour permettre à ces jeunes entreprises de grandir et de réaliser leur potentiel.