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Le second meeting annuel d’Afrilabs s’est tenu en Mai 2014 à Berlin. Avec le support de la Coopération Allemande (GIZ), plus de 35 représentants de 29 tech hubs, espaces de co-working ou incubateurs, membres du réseau Afrilabs se sont rejoints à Berlin pour travailler sur le futur de cette organisation. Après une semaine passée avec ces personnes fabuleuses venant de tout le continent, je voulais partager quelques points de discussion sur l’avenir de l’entrepreneuriat technologique en Afrique.

1) Nous sommes à l’aube communauté technologique pan-africaine structurée – où des personnes qui se font confiance partagent, apprennent et acquièrent des connaissances qui sont spécifiques au contexte Africain. En étant dans cette salle avec les 30 et quelques membres du réseau Afrilabs, j’ai vraiment eu ce sentiment d’être entouré de leaders extraordinaires qui une fois regroupés avaient entre leurs mains un pouvoir considérable. Imaginez seulement ce que sera l’écosystème du business et des technologies Africaines dans 5 ou 10 ans… Pour une meilleure compréhension du contexte, les premier espaces de co-working sont apparus il y a moins de 5 ans au Kenya et en Uganda. Aujourd’hui, nous comptons plus de 100 tech hubs sur le continent et la liste s’allonge chaque mois. Afrilabs vise à connecter ceux d’entre nous qui sommes les plus « avancés » dans la construction de modèle locaux pour le soutien à l’entrepreneuriat et aux communautés technologiques. Le réseau est passé de 19 centres en 2013 à 29 en Mai 2014. Cela signifie en partie que les personnes membres de ce réseau sont les pionniers de quelque chose qui grandit vite et qui aura un impact considérable pour le développement socio-économique des pays. C’est pourquoi je pense que nous devons entretenir la proximité et cette confiance naissante entre les membres mais également définir ensemble ce que doit être ce réseau, ses valeurs et sa vision afin qu’il nous porte et nous « protège » tous. Sans des valeurs et une vision claire de ce que devraient être l’écosystème et le rôle des centres technologiques du continent, nous pourrions encore une fois être à la merci de l’influence internationale, que ce soient les gouvernements ou les entreprises.

2) L’intérêt international sur la communauté Tech d’Afrique croit rapidement. En témoigne l’engagement très important (financièrement et en termes de représentation) de la GIZ (coopération technique allemande) envers le réseau d’Afrilabs et ses membres. Il est évident que personne ne sait où tout cela nous mènera et il est trop tôt pour emmètre des hypothèses, mais il est assez intéressant de voir que les Allemands pourraient bien avoir décelé ce que sera le futur de la coopération internationale de développement : un support multilatéral pour connecter les structures qui accompagnent ces leaders venant de pays émergents. Des études devraient être menées et des chiffres extraits, mais passer via les tech hubs et ces gens influents et connectés aurait probablement un rapport « d’impact par dollar investit » intéressant. Le mot impact pourrait aussi être remplacé par image, selon votre perception de l’aide internationale au développement. Cependant, les Etats donateurs ont été précédés dans cet hameçonnage des centres technologiques et entrepreneurs Africains par beaucoup, et de plus en plus de fondations privées comme Hivos, Omidyar Network, Rockefeller et des sociétés comme Microsoft, Google et des opérateurs de télécommunication comme Millicom (representé par Tigo) ou Orange.

3) Les modèles d’interaction (d’influence) sont multiples et dépendent de la capacité de l’organisation internationale à traiter avec les petits investissements ou subventions.Le plus courant est le support direct des centres technologiques locaux ou des entrepreneurs dans chaque pays. Cela peut être plus valorisé s’il y a un fort leadership local, qui provoquera des relations gagnant-gagnants plus adaptées. Cependant, il sera plus ardu de convaincre les partenaires car la taille de ces écosystèmes et de leurs entreprises est encore limitée.

La seconde option sera d’aller vers les organisations de « réseaux » comme Afrilabs, afin de pouvoir cibler un grand nombre de pays et de tech hubs sans avoir à augmenter les frais de gestion. Cela nous permettra surement en tant que hub d’avoir un pouvoir d’attractivité et de négociation plus important – et ainsi de s’assurer que les soutiens obtenus rentrent dans nos stratégies à long terme et la vision du réseau.

Une autre option est celle qui a été choisie par le désormais célèbre groupe Rocket Internet ou African Holding Company, qui est actionnaire de nombreuses société en partenariat avec les opérateurs télécom (Tigo) et MTN. L’opérateur supporte des plateformes d‘e-commerce inspirées de modèles occidentaux et recrute des équipes commerciales dirigées par de jeunes managers de haut niveau, généralement issus de la diaspora. La vaste majorité de leurs ressources techniques sont mutualisées et basées au siège de la société en Allemagne ou au Nigéria. De l’autre côté du spectre, Millicom est aussi entrain de lancer un accélérateur de startups à Kigali, au Rwanda. La société possède environ 30% des actions des startups crées en échange d’un fonds d’amorçage de 25.000 dollars (je vous laisse faire les calculs de valuation).

Mais ne soyons pas trop sévères envers ces modèles, en fin de compte, ils attirent l’attention sur la sphère technologique Africaine, ouvrent des marchés et aident à apporter ou développer d’extraordinaires compétences en affaires et en technologies dans le continent. Reconnaissons aussi que, quel que soit leur forme, intérêt ou vision, ces supports sont aussi des pionniers et de grands preneurs de risques qui croient à un brillant futur pour le continent (euh… ne serai-je pas un peu trop naïf ?)

4) L’importance d’un leadership local et panafricain pour forger cet écosystème

Pour le meilleur ou pour le pire, l’influence internationale sur la scène technologique Africaine grandira, et plus rapidement dans les années à venir. Notre challenge en tant que managers d’organismes locaux dans les technologies est de renforcer le leadership panafricain et ainsi, au lieu de seulement les accompagner dans leurs ambitions, amenons ces institutions à nous aider dans la réalisation de notre stratégie et de notre vision. C’est pourquoi, il est PRIMORDIAL, pour chacun de nous, individuellement et de manière collective de travailler sur la consolidation de cette vision et de nos valeurs. Définir ces dernières de manière forte créera surement des opposants et amènera à la création d’autres organisations et de réseaux africains ayant leurs propres perspectives. Mais nous devons quand même le faire, car si nous restons dans une sorte de consensus mou parce que nous avons peur des sacrifices et de heurter, nous finirons, comme beaucoup d’ONG sur le continent –complètement phagocytés par des organismes internationaux. De plus, assurons nous d’éduquer et d’inculquer nos connaissances à nos décideurs locaux et rendons les responsables, autrement, ils pourraient facilement se retrouver du mauvais côté.

Encore une fois, en Afrique, tout est question de leadership.

Article écrit en collaboration avec Maïmouna DIOP, stagiaire à CTIC Dakar et étudiante à l’Institut Supérieur de Management.

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On May 2014 was hold in Berlin, Germany, the 2nd Afrilabs annual meeting. Supported by the German Cooperation (GIZ), more than 35 people representing the 29 hubs, co-working spaces or incubators, members of the Afrilabs network, flew to Berlin to work on the organization future. After one week spend with this amazing people for all over the continent, here are my first feelings:

1) We are at the dawn of a connected pan-African tech scene – where people who trust each other share, learn and grow a knowledge that is very specific to our African context. When I was in the room with these 30+ people, I had this strange feeling that all of them were amazing young leaders, who don’t even realize the power that they may have in their hands. Just imagine what will be the African tech and business ecosystem within 5 or 10 years? For a better sense of the context, the first hub/co-working spaces emerge from Kenya and Uganda no more than 5 years ago. There is now more than a 100 of us (map) and the list is growing.

Afrilabs aims at connecting the most advanced, dynamic of us, which share pan-African values and a strong local entrepreneur’s empowerment capability.

The network grew from 19 hubs in 2013 to 29 in May 2014. All this means that the 30+ leaders we had in the room are the pioneers of something that is getting big (and hopefully impactful) and that we have to strengthen the Afrilabs networks and the trust between the members so that we know were the African tech scene is going. Without clear values and vision of what should be the continent tech ecosystem and the role of tech hubs, we may once again be the prey of international influence, being government or corporates.

2) The international interest in the African tech scene is growing rapidly. Just as a proof of this is the pretty important involvement (financially and in terms of representation) that the GIZ gave to the Afrilabs network and the gathering if it’s member. They are feeling something that other public development agencies do not. Of course, nobody know where all this is going and it is too early to draw any hypothesis, but interestingly enough, the German may well have touch on something which could be the future or international development cooperation : a multilateral support to network organization empowering technologies leaders in emerging countries. We should study this and extract some number, but touching these highly influential and connected people probably brings a very efficient “impact-pro-dollar-ratio”. You may also replace impact by “image” depending on your view on international development aid. However, government donors have been preceded in their hook on African tech hubs and entrepreneurs by several and a growing number of private foundations like Hivos, Omidyar Network, Rockefeller and know corporates like Microsoft, Google and telco operators like Millicom (behind the brand tigo).

3) The models or interacting (“influencing”) are multiple and depends often on the organization’s capacity to deal with small investment or grants.

The most natural one will be to support directly local tech hubs or its entrepreneurs in each countries. This can be more valuable if you have a strong local leadership, thus bringing more adapted win-win types of relations. However, it would be harder to convince partners first since the ecosystem is still small.

The second option will thus be to go through network organizations like Afrilabs to be able to target a large number of countries and hubs without increasing your management costs. Hopefully, this will also enable us as hubs to have stronger negotiation capacity on the various deals – therefore making sure they fit with the network long term strategy, vision and values.

Another option is the one chosen by the now (in?)famous Rocket Internet or African Holding Company, having the telecom operator Millicom – behind the brand Tigo – as a major stakeholder. They support top down copycat e-commerce platforms and recruit in the targeted countries a business and sales team lead by high profile young managers, generally coming from the diaspora. The vast majority of their technical capacity (developers) being based at the companies headquarter in Germany. On the other side of the spectrum, Millicom is also currently launching a startup accelerator in Kigali, Rwanda. They take around 30% equity stake for a 25,000USD seed capital investment (I will let you do the math for the valuation of the companies!).

But let’s not be too critical of those models, at the end of the day, they are drawing attention to the continent technology sphere and they help bring or build amazing tech and business skills in Africa. Let us also acknowledge that, whatever their form, interest or vision, those supports are also pioneer and are high risk takers who believe in a bright future or the African continent (heu… am I being to naïve here?)

4) The importance of pan-African and local leadership shaping this ecosystem

For bad or worse, the international influence over the African tech scene will grow, and rapidly in the years to come. Our challenge as managers of local technology organization is to build a strong local and pan-African leadership so that instead of following their goals only, we make them empower us in the realization of our vision. Therefore, it is KEY for all us individually and collectively to work and build our vision and values. Doing so, we will of course be contested thus creating other organizations with other perspectives and missions. But we have to do it, if we stay to long in a kind of weak consensus state because we fear to hurt each other, we will end up, like many of previous NGO in or continent – completely overtaken by international organizations. Furthermore, let us make sure we educate and build the knowledge of or local decisions makers and that we hold them accountable, otherwise, they will easily be drafted on the wrong side.

Once again in Africa, it is all about leadership.

Article first published on 140friday.com