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En mai 2016 nous avons lancé  YUX Dakar, la communauté de passionnés du Design d’expérience utilisateur au Sénégal. Son but est de former des talents en UX Design et d’accompagner les entreprises africaines dans le développement de produits et services numériques innovants adaptés aux populations et à leur diversité. Petit retour sur cette genèse.

Pourquoi un lab de UX Design au Sénégal ?

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Pour ceux qui ne sont pas très doués en géographie, le Sénégal est un pays d’Afrique de l’Ouest, peuplé de près de 15 millions d’habitants, dont la capitale est Dakar. Comme beaucoup de pays d’Afrique sub-saharienne, sont économie est en pleine expansion et sa population est jeune (50% à moins de 17 ans). Par ailleurs, bien qu’il y ait encore une forte marge de progression, le Sénégal est aussi l’un des pays les mieux connecté du continent avec un taux de pénétration des services internet de plus de 58% (source ARTP 2016) et un taux de pénétration mobile de 113%.

Disposant d’un système universitaire attirant les étudiants de toute l’Afrique francophone et d’une économie déjà diversifiée, le Sénégal s’est rapidement positionné comme un « Hub  numérique » en Afrique. Depuis 2012, nous avons donc assisté à une croissance rapide du nombre de startups de logiciel, plateformes web ou agences digitales, portées notamment par les incubateurs ou co-working spaces eux aussi en pleine émulation.

Cependant, pour avoir travaillé pendant plusieurs années aux côtés des PME numériques du pays, notre équipe a pu constater à quel point le manque de connaissance sur les sujets du design d’interface et d’expérience utilisateur à extrêmement limité la croissance des entreprises locales. Ces dernières ce sont faites rapidement concurrencer par des plateformes étrangères – loin d’être idéales – mais respectant juste certains standards en termes d’ergonomie. Par ailleurs, combien d’app mobiles ont été développées à la va vite et propulsées sur les stores (surtout Android – moins contraignant) sans la moindre réflexion autour des attentes des futurs utilisateurs.

Enfin, il est également fréquent de voir des entreprises étrangères et organisations internationales développer depuis leurs sièges des applications web ou mobiles qui in-fine ne seront jamais adoptées par les utilisateurs finaux, parfois illettrés en français ou situés dans des zones rurales mal connectées.

Il était donc temps de faire quelque chose et s’est donc naturellement que des personnes aux profils variées venant du monde des technologies, du design web ou du design produit, se sont réunies pour former YUX Dakar – avec une vison simple :

« Favoriser la conception d’innovations adaptées aux populations Africaines ».

Cette vision se réalisera par trois types d’actions : former, étudier et accompagner.

Formation : former les graphistes, développeurs et entrepreneurs sur les méthodologies et outils UX-UI design

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La première activité de YUX Dakar, avant même sa création, a été de réaliser des ateliers de formation sur le UX et UI design destinés aux graphistes, développeurs et entrepreneurs. Accessibles gratuitement ou à un prix modique (2000 fcfa) ces workshops d’initiation ont réunis de 8 à 30 personnes autours de sujet tels que : « les outils du UX-UI Designer », « les 20 tests de l’expérience utilisateur » ou encore « les personas et techniques d’entretiens ».

YUX Dakar établit en ce moment un curriculum de formation complet qui permettra aux participants débutants ou confirmés de participer à une suite de formations adaptées à leur niveau.

Etudes et recherche : produire des études publiques faisant avancer l’état de l’art sur les usages et services en Afrique

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L’autre mission cruciale que se donne YUX Dakar est de contribuer à l’état de l’art en ce qui concerne le domaine de l’expérience utilisateur et des interactions homme-machine en Afrique. En effet, tous ceux qui ont travaillé en occident et  en Afrique ressentent que les technologies sont assimilées et utilisées différemment dans les deux régions – mais très peu d’ouvrages ou même d’articles de blogs parlent de ce phénomène précisément. C’est pourquoi YUX Dakar se penchera bientôt sur des études et articles publics destinés à être partagés avec le plus grand nombre.

Consulting : permettre aux entreprises et organisations de concevoir des produits numériques parfaitement adaptés aux publics africains

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Enfin, il nous a paru primordial de pouvoir accompagner les entreprises de toutes tailles ainsi que les ONG dans la conception de produits technologiques adaptées aux populations du continent. Ce pourra être des entreprises internationales conscientes de l’importance d’adapter leurs solutions aux populations qu’elles visent ; mais ce sera également des PME locales souhaitant développer des innovations africaines alignées sur des standards de qualité internationaux.

YUX Dakar est donc bien lancé et nous comptons vraiment sur vous vos feedbacks et conseils  – YUX Dakar est fait pour vous !

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Vous lancez votre boite et vous demandez ce qui vous attend ?

Voici une petite simulation des trois premières années, plutôt inspirée des sociétés de services (SSII, agence digitale, etc.) – malgré quelques similitudes, les étapes et la vie d’une startup avec un produit particulier sont différentes. Le parcours ci-dessous est bien sûr caricatural, il n’y a aucun chemin tracé vers le succès, ni vers l’échec…

Année 1 : Started from the bottom

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  • Seul ou avec des potes de promo, vous trouvez une bonne idée ou bien commencez à développer des sites ou logiciels pour vos camarades et votre Tonton commerçant.
  • Vous commencez donc à bosser, sans formaliser la structure et créez votre identité visuelle : page FB, PowerPoint, nom de la boite. Pour vous, ce dernier est super cool mais tout le monde le trouve bizarre … no stress, pensez à un gars qui faisait des ordinateurs et qui a appelé sa boite « pomme ».
  • Vous apprenez cette phrase « si tu me fais mon site, je ferai ta publicité », arme redoutable du client qui ne veut pas payer un kopeck mais souhaite avoir le même site que Facebook.
  • Vous faites votre premier flyer, vous y mentionnez que vous êtes spécialiste dans plus d’une dizaine d’activités (de la conception graphique à la production de meubles)…
  • Après 9 mois et avoir fait les sites de toute la famille (pour pas grand chose), vous commencez à avoir des « vrais » clients… vous travaillez toutes les nuits, certains clients ne payent pas et quand ils payent vous dépensez tout au Fast Food pour fêter ça.
  • Vous décidez de créer formellement l’entreprise – pas parce que vous êtes patriote et souhaitez payer des impôts mais parce que vous n’êtes pas très crédible sans statut juridique ou avec celui de la boite « Sunu Poulet » de votre papa. Vous et vos potes êtes tous Directeur de quelque chose au sein de votre nouvelle boîte.
  • Les demandes de clients s’enchainent – vous avez maintenant besoin d’embaucher vos premiers employés et de faire une « sorte » d’organigramme – Un pote entrepreneur qui sort de sa troisième faillite vous conseille de ne pas faire de CDI et ne pas payer trop cher dès le départ (il faut utiliser les commissions).
  • Les affaires marchent mais vous savez qu’il y a plein de choses que vous faites mal (suivi commercial, compta, contrats, gestion RH, management des projets, recouvrement) donc vous passez du temps à organiser cela – c’est à ce stade que rejoindre un incubateur comme CTIC Dakar peut être utile (d’ailleurs, vous ne savez pas ce que c’est qu’un incubateur).
  • Votre premier client mécontent vous appelle – cela vous fait très mal au cœur – vous convoquez toute l’équipe et vous essayez de savoir d’où vient le problème : c’est en général une mauvaise communication entre votre équipe encore junior et votre client. Vous mettez donc en place des process pour améliorer votre production et la gestion du client.
  • Vous et vos associés ne vous payez toujours pas… et c’est normal no stress.
  • Vous bouclez la première année avec sans chiffre d’affaires. Votre compta reste donc… épurée.

Année 2 : Still at the bottom

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  • Vous vous séparez de votre premier employé – très dur car cette personne était là depuis le début – 1) elle n’était pas assez payée et est partie chez BigCorporation – 2) elle ne s’est pas adapté aux exigences grandissantes de l’entreprise – 3) elle est partie faire des études à l’étranger – 4) elle a monté sa propre boite et vous fait concurrence.
  • Vous commencez à répondre à beaucoup d’appels d’offres – sans vraiment savoir comment d’ailleurs -aucun ne marche donc vous commencez à être plus « réseaux » et vous comprenez mieux les attentes, budgets et modes de fonctionnement des gros clients et décideurs.
  • Vous gagnez votre premier appel d’offres de plusieurs millions : c’est la fête !! Votre équipe est très fière. Vos concurrents (et peut être le FISC) vous remarquent enfin.
  • Vous changez l’organigramme (dans votre tête) tous les mois et essayez d’embaucher autant que possible – mais vous ne savez pas comment trouver des talents. Vous rappelez donc ces profs qui vous traitaient de cancre afin d’organiser des événements et témoignages dans les écoles !
  • Vous passez la majeure partie de votre temps à encadrer vos équipe, du plus jeune au plus anciens. Vous remarquez que c’est vraiment de base en gestion du temps, organisation, service client dont ils ont besoin. Vous les incitez à prendre des initiatives.
  • Vous devez à ce stade avoir des process et une gestion compta admin solide.
  • Vous commencez à être contacté sur linkedin par des gars « chelous » d’Inde et de Chine qui veulent faire du « Business » avec vous.
  • Vous finissez l’année avec quelques dizaines de millions (FCFA) de chiffre d’affaire mais avec un résultat net plutôt faible que vous ne comprenez pas (vous allez donc sur un MOOC pour améliorer vos notions de compta).
  • Vous vous posez les questions fatales : « combien vais-je devoir payer d’impôt ? » et « dois-je vraiment les payer d’ailleurs ? » Vous décidez donc d’embaucher un responsable financier et vous faite conseiller par un expert.

Année 3 : Get Rich or Die Tryin’

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  • Votre défi principal est de recruter, de faire grandir et de retenir votre équipe, vous mettez donc des choses en place pour le bien être de vos gars (sorties d’équipes, tournois de foot, paniers ramadan, nouvelles chaises, etc.). Vous vous posez la question fatale : « doit-on avoir du café gratuit pour la team ? Après 2 heures de discussion… le comptable tranche : NON.
  • Vous devez gérer les premiers états d’âmes de vos associés ou premiers employés qui ne se retrouvent plus forcément dans la structure (trop de procédures, nouveaux employés plus compétents qu’eux). Vous allez devoir faire des choix difficiles selon votre instinct pour garder les meilleurs.
  • Vous êtes de plus en plus invités à des conférences, forum : c’est très bien pour votre visibilité et le réseautage, mais cela commence à vous prendre du temps : choisissez-les bien.
  • Vous aimeriez développer plus de produits mais ne savez pas comment gérer vos RH et trouver l’équilibre entre servir au mieux les clients et développer des innovations. Une des options est de permettre à vos plus anciens développeurs de travailler sur des sides projects 1 ou 2 jours par semaine – cela les motivera et leur permettra de rester au top technologiquement parlant.
  • Vous commencez à cibler la sous-région – c’est très tentant car vous n’y voyez que peu de compétition mais il vous faut évaluer très finement les coûts et opportunités des pays cibles. Vous devez donc faire des business plan précis pour vous projeter dans ces nouveaux marchés. Fonctionnez surtout par opportunité : appel d’offre, associé ou employé rentrant au pays, personnes de confiance trouvées dans le pays cible, etc.
  • Vous ressentez le besoin de faire passer des certifications à vos employés (project management, technologies, outils marketing, etc.). Bonne idée.
    • vous commencez à être parmi les meilleurs des meilleurs sur votre marché et cherchez donc de plus en plus d’experts internationaux pour vous mettre au top niveau. Vous avez de la chance, le climat sénégalais attire beaucoup !
  • Vous sortez vos premiers produits, certains créent le buzz et vos employés sont fiers, d’autre plaisent aux clients B2B et vous font gagner du temps. Vous réalisez que, dans un marché immature comme le nôtre, un produit B2C demande beaucoup d’investissements en communication. Vous essayez donc de convaincre le comptable d’investir plus en com dans ce produit… la réponse est : NON. Le pire c’est que vous savez qu’il a raison.
  • (Fort de votre succès ?) vous rencontrez l’âme sœur et vous marriez. Un joli bébé suit rapidement. Cela vous force à mieux vous organiser et à vous lever tôt (finies les nuits sur les propals). Vous pensez au monde que vous voulez lui laisser.
  • Vous finissez l’année avec entre 100 et 200 millions de FCFA de CA, avec une marge largement meilleure et surtout plus de récurrence dans vos revenus. Vous hésitez un moment entre payer vos impôts et organiser un super team building sur la côte. Le comptable tranche encore une fois.
  • Néanmoins, fier du travail réalisé vous organisez, sans l’accord du comptable, une grosse soirée pour fêter cette belle année avec tous vos gars, clients, partenaires et même quelques concurrents devenus un peu « has been »!

Profitez-en : vous n’êtes que 10% des entreprises du secteur TIC au Sénégal à passer le cap des 3 ans…

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Pride vs existence. Vison vs survival. Impact vs. Communication

All of us, small incubator and accelerator of the world face these dilemmas every single morning.

Our job  to build real companies, help them train and retain a talented team and generate revenue on a daily basis is so much of a full time job that it is sometimes challenging to focus on a long term strategy and vision. Stuck in this operational framework, we often follow blindly the few important partners that we have signed (or rather that have us signed) and which use us to get in touch and buy legitimacy with the tech ecosystem.

However, we should not forget that we are also entrepreneurs and that we are here to build long lasting organizations – hence here are few reasons why we should not let our “beautiful big partners” dig too much into our beliefs, or dig in them at all:

1) They don’t know much about technology entrepreneurship

Ok, that’s an easy one.  Any angry kid could have said that, but it is, nonetheless, it is true. Almost none of the employees or executives in those corporations, even the so-called “technology experts”, really know what it’s like to build technology SMEs, fund them, support them, manage HR and finance for startups, etc. Whatever program, event or money they want to give you, never forget that they’re mainly in it  for corporate responsibility reasons and not really ecosystems building.

That is not necessarily a problem. The problem is when their hidden objectives are more prominent than your priorities. When it comes to building the ecosystem, never forget that you are the visionaries, the ones to make it happen. More importantly, do not forget that you have a responsibility, to yourselves and to your clients, to remain true to that vision. Take their money, help them achieve what they need, but never at the price of your vision.

2) They tend to see you as “their” incubator

Well at least if you’re successful. But when you fail, they suddenly remember that you have other partners. That really may be a problem since you want to remain independent,  objective and open with all the entrepreneurs.  And you want them to perceive you as such. Indeed, the last thing the latter want is to belong to a large company, they want that large company to be their client. Just take for instance the corporate accelerators with no other partners: no entrepreneurs want to be part of those, because they need more than one partner. They need banks, investors, technology providers, legal advice, etc. Money and communication can never buy a trustful network.

3) They may discourage your team

As most large corporations, they live and grow by putting others down. They seem not to know any other way to build business relationships. It is even more flagrant in African ecosystems where open innovation and co-creation are still obscure concepts. Thus, when you collaborate with them, they may have behaviors and words that can really break your team’s motivation. Every young team is going to make mistakes but what matters is that they work  their ass off to execute perfect events and programs. Getting criticized just because your partners need a reason to diminish your fees or justify an internal argument within their team, may hurt your more passionate team members.

4) Your core vision is to help entrepreneurs succeed, not them

At the end of the day, the main reason you should not bother too much about keeping an unbalanced, non-constructive relationship with a large corporation is that, on the long term, you should not be relying on them to be sustainable. Of course, they are important in the first years, before you’ve found your business model and generated consistent revenues from your companies. But always bear in mind that you are here for one reason:  to build entrepreneurs. Every endeavor you may undertake along the way to survive is good but, if by any chance it had to stop, well it just may be a sign that you should refocus on your own core activities.

Your goal : make them better !

Of course, there is also amazing talented and passionate people in those companies who try to change it from the inside… you should definitely be close to them in order to build fruitful relationship with corporates that could also have a huge leverage on your incubator’s activity

Good luck and have fun.

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Article initialement écris pour ByFilling dans le cadre du Salon International des Professionnels de l’Economie Numérique de Dakar qui s’est tenu en décembre 2015.

Le 14 Décembre, le SIPEN à accueilli un panel de haut niveau avec plusieurs acteurs du financement et de l’accompagnement des PME numériques au Sénégal afin de discuter des moyens de soutenir l’émergence de PME à forte croissance en Afrique. Comment s’assurer de la compétitivité de l’économie numérique locale ? Comment accompagner la création et la croissance des jeunes pousses numériques ? Comment faire en sorte que les organisations qui accompagnent ces PME soient indépendantes, crédibles et viables économiques ? Essayons ensemble d’apporter quelques éléments de réponse.

Tout d’abord, pourquoi est-ce important d’avoir des PME fortes et structurées ?

En Afrique, on retrouve un grand nombre de freelancers et de petites structures dans les métiers du numériques, mais trop peu d’entreprises de 10 employés ou plus. Ces dernières sont cruciales pour un pays, car permettant de résister aux fluctuations du marché et à l’arrivée de compétiteurs internationaux qui, s’intéressent désormais massivement au digital sur le continent africain. En effet, s’il n’y a pas en face d’elles des PME d’une certaine taille capable de fidéliser leurs employés et avec des références clients assez conséquentes, ces multinationales n’auront pas de mal à prendre les talents dans l’écosystème et à faire valoir leurs clients occidentaux pour prendre les marchés locaux. De plus, les PME locales sont fortement génératrices d’emplois, qui en majorité sont qualifiés donc relativement bien rémunérés. L’impact social d’un écosystème dense de PME fortes est donc très important.

Comment favoriser l’émergence et la croissance des PME TIC ?

Premièrement, il faut bien sûr inciter à la création d’entreprises via des événements, des concours et autres Hackathons, comme il s’en organisent d’ailleurs maintenant un peu partout en Afrique. Au Sénégal, deux acteurs majeurs, CTIC Dakar et Jokkolabs, contribuent majoritairement à l’animation de cet écosystème et à la sensibilisation en entrepreneuriat technologique via des événements tels que le Tekki48, les JETIC ou la Semaine Mondiale de l’entrepreneuriat.

Ensuite, et c‘est sûrement l’aspect le plus important…et difficile, il faut accompagner ces petites structures nouvellement créées dans leur croissance. Pour ce faire, plusieurs dispositifs peuvent (et doivent) être mis en place :

1- Les incubateurs et accélérateurs d’entreprises

Leurs modèles peuvent varier mais en général, ces structures, publiques, privées ou mixtes fournissent des locaux et l’accompagnement d’experts au quotidien pour favoriser la croissance des PME.

Au Sénégal, le seul acteur de ce domaine, spécialisé dans les TIC, est CTIC Dakar. Il se focalise sur des PME innovantes de 5 à 20 employés ayant un fort potentiel de croissance. L’incubateur est surtout reconnu pour ses services de développement commercial, de gestion comptable et fiscale, de relations presse et de levée de fonds. Son modèle est basé sur un partage de la croissance du chiffre d’affaires de l’entreprise. Si l’entreprise ne grandit pas, elle ne rémunère pas l’incubateur. Ailleurs en Afrique, d’autres modèles émergent, notamment basées sur des prises de participation au capital. Ce modèle, fréquent en Afrique anglophone est encore rare en Afrique francophone et présente des limites car, il est difficilement viable et les entrepreneurs sont en général frileux à l’ouverture de leur capital.

Au Sénégal, il existe aussi d’autres incubateurs multisectoriels tels que Concree.com, qui accompagne des entreprises de tous secteurs et à tous stades via une plateforme en ligne, des mentors et des ateliers très innovants. Il y a également, Synapse Center qui accompagne des porteurs de projets par de la formation dans plusieurs secteurs.

           Lire aussi : “Les incubateurs en Afrique : sont-ils nécessaires ?

2- Les réseaux de mentorat et d’entrepreneurs

Ils sont un excellent moyen de renforcer les capacités des entrepreneurs et de favoriser les partenariats entre ces derniers. Au Sénégal, on retrouve les nouveaux réseaux comme « Enablis » ainsi que « la Rencontre des Entrepreneurs » qui regroupent des gens de qualité, en général sélectionnés par leurs pairs. Nous pouvons aussi noter le rôle important que peuvent jouer les organisations patronales du secteur dont OPTIC au Sénégal et le GOTIC en Côte d’Ivoire.

Quels modèles économiques pour ces structures ?

C’est bien sûr la question la plus importante. L’expérience des pays occidentaux et d’Afrique du nord montre que les modèles 100% publics d’incubateur ou de réseaux d’entrepreneurs ne marchent pas. Cela pour une seule et bonne raison : la crédibilité. C’est le premier aspect. Il faut absolument que votre incubateur soit dirigé par le secteur privé et que les entrepreneurs qui sont accompagnés par la structure sentent qu’ils parlent à des personnes motivées par leur réussite.

Deuxième aspect, la viabilité financière et donc l’indépendance. Il est crucial que l’incubateur cherche à avoir son propre modèle économique, pour pouvoir être plus indépendant vis-à-vis des volontés de ses partenaires, publics, privés ou internationaux, qui sont souvent décalées par rapport aux vrais besoins des entrepreneurs. Ensuite, la recherche de viabilité financière fait en sorte que l’équipe de l’incubateur devient entreprenante elle-même et établie des relations d’égal à égal avec ces entreprises.

Dernier aspect, et c’est le plus important, le fait de faire payer les entreprises pour la totalité ou au moins une partie des services, pousse l’incubateur à une augmentation progressive de la qualité de ces derniers : un client qui paye est en droit d’exiger le meilleur.

          Lire aussi : “Quel modèle choisir pour votre incubateur

En conclusion : Leadership et adaptabilité

Les incubateurs, accélérateurs et réseaux d’entrepreneurs, qui prolifèrent en Afrique représentent une opportunité énorme permettant aux acteurs publics, grands groupes ou partenaires au développement de s‘impliquer de façon pertinente pour la croissance et l’émergence de PME technologiques. Mais ces derniers pour être efficaces doivent faire preuve d’un vrai leadership et adapter en permanence leurs programmes et modèle à leur contexte local… n’essayons surtout pas de reproduire la Silicon Valley ou nous allons finir avec de faux écosystèmes, “Siliconés”.

imge VR 1Image credit : techcrunch.com

Article publié en exclusivité le 12 juin 2015 sur le blog #thefacts de nos amis ByFilling

Si 2015 a vue l’émergence d’une technologie en particulier, c’est bien celle de la réalité virtuelle.

L’histoire commence fin 2012 en Californie, lorsque, Palmer Luckey, alors âgé de 19 ans et déçut par l’expérience offerte par les casques de réalité virtuelle existants, développe dans son garage l’Oculus Rift. Le produit séduit rapidement des leaders de la communauté technologique et du jeu vidéo et soulève 2,4 millions de dollars sur le site de crowdfunding KickStarter. En mars 2014, la jeune société Oculus VR est rachetée par Facebook pour 2 milliards de dollars, l’un des plus gros investissements jamais réalisé par la firme de Zuckerberg. Depuis lors, la Réalité Virtuelle ou « VR » connait un engouement sans précédent. Quels en sont les applications possibles en Afrique et quels sont les enjeux pour la communication des entreprises du continent ?

C’est bien beau tout cela, mais c’est quoi en fait la réalité virtuelle ?

Ce que Wikipédia nous dit, c’est que la réalité virtuelle est une simulation informatique interactive immersive, visuelle, sonore et/ou d’environnements réels ou imaginaires. La finalité de la réalité virtuelle est de permettre à une personne une activité un monde artificiel, créé numériquement, qui peut être « imaginaire, symbolique ou une simulation de certains aspects du monde réel ». Merci Wiki.

Pour faire simple, la réalité virtuelle consiste le plus souvent à porter un casque, comme le Oculus Rift, qui vous immerge totalement dans un monde virtuel, dans lequel le mouvement de votre tète, de votre regard ou même de vos membres sont détectés et vous permettre d’interagir dans ce monde virtuel. Le casque d’Oculus est composé d’un écran qui simule une vision stéréoscopique et de capteurs qui suivent les mouvements de la tête de l’utilisateur. L’illusion est quasi-parfaite pour le cerveau: quand on tourne la tête à gauche, la caméra et l’image suivent. Si on se trouve en haut d’une montagne, on a le vertige.

Cela fait 30 ans que l’on essaye de développer des casques de ce genre, mais en 2 ans, le jeune Palmer Luckey est parvenu à développer une technologie 10 fois supérieure à ces prédécesseurs et dont le prix de vente ne devrait pas dépasser les 400 euros (250 000 Fcfa). Oculus a d’ailleurs envoyé fin 2014 un millier de casques pour les développeurs d’applications et le modèle commercial devrait être vendu au grand public début 2015. En d’autres termes, la réalité virtuelle devient au aujourd’hui une réalité et pour beaucoup d’experts, une révolution est en marche…

Ok mais qu’est-ce que l’on peut bien faire avec ?

L’application la plus évidente de la réalité virtuelle est bien sûr le jeu vidéo. Imaginez-vous, plutôt que d’être devant un écran et de voir encore l’environnent réel autour de vous, vous êtes totalement immergé dans votre jeu. Mieux encore, les mouvements de votre tète, de votre regard et de vos bras sont reproduits sans aucun décalages par votre avatâr dans le jeu.

Deuxième application, la vidéo et les films. C’est très difficile à décrire tant que l’on ne l’a pas essayé, mais de regarder un film avec un Oculus est tout simplement incroyable. Pour la première fois depuis les débuts du cinéma, vous n’êtes pas devant un écran mais vous vous retrouvez au milieu de votre film, à côtés des personnages et avec une vue à 360 degré du paysage – juste magnifique.

Troisième grande famille d‘application : la simulation à but professionnel. Beaucoup plus que la simulation de type jeu vidéo que l’on avait auparavant, la réalité virtuelle permet d’immerger votre soldat, votre pompier ou votre médecin dans un monde quasi-réel. Ainsi, vous pourrez accélérer leur apprentissage et tester leurs compétences et réactions de façon beaucoup plus pertinente.

Enfin, vient ensuite une multitude d’applications telles que le e-commerce et le marketing immersif ou vous vous retrouvez projetés dans le magasin votre marque favorite ou au volant de votre future bolide ; les visites touristiques, vous pourrez, à votre rythme et en 360, visiter Addis Abeba, les pyramide d’Egypte ou Saint-Louis du Sénégal ; la rééducation pour les accidentés et handicapés ; la psychothérapie et bien d’autres choses encore…

Et pour Afrique alors, quel potentiel ?

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Comme partout dans le monde, le potentiel de cette technologie sur le continent Africain est énorme. Selon le cabinet Digi Capital, le marché mondial devrait atteindre 30 milliards de dollars en 2020. Rien que dans le jeu vidéo, le marché se développe rapidement : selon le cabinet KZero, quelque 200 000 joueurs utilisent aujourd’hui des casques et autres accessoires de réalité virtuelle pour rehausser leur expérience de jeu. Ils devraient être 56,8 millions en 2018. De quoi porter le marché à 5,2 milliards de dollars à cette date : 2,3 milliards pour les matériels et 2,8 milliards pour les logiciels de jeux.

Pour l’Afrique, ces technologies semblent pour une fois ne pas si inaccessible que cela. Le prix de vente de l’Oculus devrait lui permettre de rapidement toucher la classe moyenne et les professionnels. Les casques actuels comme le Gear VR de Samsung qui utilise la technologie Oculus et qui coûte environ 200 euros, offrent de meilleures qualités que ceux à 20 000 euros disponibles auparavant pour les professionnels. Ils devraient baisser à 100, voire 50 euros, dans 3 à 5 ans. Par ailleurs, les premiers kits de réalité virtuelles low-cost font leur apparition, tels que les CardBoard de Google ou le Refugio 3D allemand vendu à quelques dizaines d’euros. Ces lunettes, au contraire des Oculus, utilisent votre smartphone Android ou iPhone que vous glissez dans le casque. Vous trouverez sur les stores déjà plusieurs centaines d’apps de réalité virtuelle (tapez « VR » pour les retrouver). Bien sûr, cela prendra quelques temps avant que les distributeurs intègrent bien le continent Africain mais la demande va rapidement se faire sentir et vous pourrez de toute façon les commander en ligne sur des sites américains ou européens et les faire venir ici ensuite.

Cependant, et tout comme pour les applications mobiles d’ailleurs, le grand défi de la « VR » en Afrique sera celui du contenu local. Il va falloir que nos développeurs prennent rapidement le pli de ces technologies et commencent à développer des choses qui sont pertinentes pour nos secteurs d’activité et nos consommateurs. Fait intéressant, le premier groupe dédié à la réalité virtuelle en Afrique a fait son événement de lancement en mai dernier en Afrique du Sud. Le pays compte également une entreprise déjà reconnue mondialement dans le domaine, SDK Lab, qui sera notamment partenaire du premier Hackathon de réalité virtuelle du continent qui aura lieu en Octobre a Cape Town. Encore en Afrique du Sud, le Kumba’s VR Mine Design Centre de l’Université de Pretoria, inauguré en 2013, permet aux travailleurs et aux ingénieurs de s’immerger dans une mine virtuelle et d’apprendre le métier sans risque. Enfin le studio Hero Film toujours au Cap, vient de sortir le premier film du continent en VR, qui immerge le touriste dans une visite guidée de la magnifique côte Sud du pays.

Ainsi, les films paraissent être une opportunité de taille à saisir pour le continent. Afin de développer un film pour Oculus, il suffit de monter plusieurs caméra sur un pied afin d’avoir une prise de vue 360 et d’ensuite faire le montage avec un logiciel spécialisé. Ceci parait tout à fait à la portée des grandes entreprises et des leurs agences de communication qui au moins dans un premier temps, voudraient faire le buzz. Le tourisme est l’un des marchés les plus prometteurs pour ce genre de films. Les pays devront investir afin de développer des visites en immersion de leurs lieux les plus prestigieux et ainsi attirer des millions de visiteurs virtuels, qui pourront découvrir votre pays depuis leur salon.

Bien sûr, les jeux vidéo auront un très gros potentiel de marché en Afrique, mais demandent de fortes ressources pour leur développement. Par contre les jeux en VR ne semble pas demander beaucoup plus de travail ou de compétences que les jeux en 3D classiques, qui en théorie ont déjà un environnement à 360 degré de réalisé. Reste donc à pousser le développement de studio de jeux vidéo africains.

En termes d’éducation, les idées sont sans limites : cours à distance comme si vous y étiez, visites de terrain, expérience du lieu de travail depuis la salle de cours pour les mineurs, les agronomes, les pécheurs, etc. Les possibilités sont énormes et les expériences seront sans nul doute beaucoup plus ludiques que nos salles de cours traditionnelles (ce qui n’est pas trop difficile d’ailleurs).

Pour la santé, nous pourrons voir des applications permettant la rééducation des accidentés ou sportif blessés. Pour ceux victimes des troubles phycologiques, des immersions sur mesures, telles que celles proposées par l’entreprise Américaine Deep Stream VR, feront partie intégrante du traitement. Enfin, pour les médecins, des simulations de bloc opératoire ou pour les pompier de situations d’urgence, permettront à ces dernier se perfectionner, encore une fois à moindre coût.

Quels enjeux pour les entreprises Africaines et leur marketing ?

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Vous rappelez vous de Second Life ? Cette application web lancée en 2003 qui vous permettait de naviguer dans un monde virtuel avec votre avatar, et dans lequel vous pouviez acheter les produits de vos marques favorites, interagir avec les avatars de vos amis et créer des objets qui vous pouviez revendre ensuite via une monnaie virtuelle – bref tout un monde virtuel dans lequel vous retrouvez les entreprises du monde réel et où les créateurs indépendant (designer, stylistes, architectes) pouvaient exposer leurs créations. Le jeu, qui après un gros buzz était en déclin 2007, pourrait bien se voir insuffler un nouveau souffle grâce à l’Oculus.

Pour les marques, y compris sur le continent Africain, l’enjeu sera identique. Quand suffisamment d’utilisateurs possèderont des casques de réalité virtuelle, ils auront tout intérêt à créer pour leur marque des magasins virtuels et interagir en ligne avec leurs clients. Nous pouvons même imaginer la fin du e-commerce traditionnel face à un écran, qui sera remplacé par des visites interactives des magasins dans lesquels vous pourrez choisir les produits à vous faire livrer. Le challenge pour votre marque sera donc bientôt de créer une application de réalité virtuelle, pour smartphone mais ensuite pour Oculus, vous permettant ainsi de rester visible dans ce nouvel univers et de proposer à vos clients des expériences nouvelles. En Angleterre par exemple, le studio Visualise, est une agence qui se spécialise dans la création de de films de réalité virtuelle et a déjà travaillé pour la BBC, Mercedes-Benz, Audi, la FIFA, Adidas et bien d’autres. Les meilleures agences de communication Africaines sauront probablement vous proposer de tels produits le moment venu.

Mais revenons à ce que l’on vous annonçait au début : pourquoi Facebook a-t-elle racheté Oculus et qu’est-ce que cela va changer pour votre entreprise ? Mark Zuckerberg regarde vers l’avenir : «Le mobile est la plateforme d’aujourd’hui mais nous préparons celles de demain. Oculus a le potentiel pour changer la façon dont nous travaillons, jouons et communiquons». Selon lui, les réseaux sociaux d’aujourd’hui permettent de partager des moments. Ceux de demain, des expériences. Il ne fait aucun doute que l’intégration entre les deux plateformes, qui prendra encore du temps, va très probablement révolutionner les relations entre les marques et leurs clients. Les vidéos immersives seront sans doute les premières applications à voir le jour. Mais pas d’inquiétude, votre agence de conversation digitale favorite ByFilling vous tiendra au courant des actions à mener le temps venu !

Sources :

Wikipédia

siliconvalley.blog.lemonde.fr

Techcrunch.com et TechCrunch.com

L’Usine Digitale

Silicon Cape Initiative

University of Pretoria

FilmContact .com

incubateur afriquePour beaucoup, il n’est pas facile de comprendre ce que veut dire accompagner les tech-entrepreneurs en Afrique. En effet, cette mission fascinante ne préoccupe que quelques bailleurs de fonds, financiers de capital risque, conseillers de tout genre et bien sûr, les structures incubatrices.

Pour moi, ce travail est des plus passionnants au monde, car vous êtes en rapport avec des entrepreneurs brillants et visionnaires, vous êtes en contact avec beaucoup de technologies et de modèles d’entreprises, vous apprenez à connaitre ces entrepreneurs et parfois devenez amis avec quelques-uns.

Mais cela peut aussi être le travail le plus ingrat au monde, et voici pourquoi :

  • La plupart d’entre nous ne deviendrons jamais riches en faisant ce que nous faisons ! En effet, très peu d’entres nous investissons notre propre argent ou avons des parts dans les entreprises que nous accompagnions. Le reste, sont des bénévoles, des employés, des mentors etc et la plupart de nos centres sont des organisations à but non-lucratif. L’ironie c’est que parfois lorsque vous essayer d’avoir une approche entrepreneuriale afin de rendre votre centre viable, on vous reproche de ne pas être assez social !
  • Vous êtes jugés lors que vos startups échouent et vite oubliés quand elles réussissent. Je n’ai pas besoin d’élaborer là dessus, je pense que vous comprenez. Les entrepreneurs ont tous leurs raisons de ne pas dire que c’est vous qui les avez aidés lors qu’ils étaient au plus bas, lorsqu’ils étaient au bord de l’épuisement, quand ils étaient en conflit avec leurs partenaires ou leurs employés, ou encore lorsqu’ils avaient besoin de quelqu’un à qui parler. Et pourtant, vous étiez là à chaque instant. Mais je peux le comprendre. Comme nous, ils évoluent dans un environnement incertain et plein de pression. Certains ne peuvent pas se permettre de s’en vouloir pour ce qui n’a pas marché ou être reconnaissants de quelque chose en dehors de leur propre génie lorsqu’ils réussissent.
  • Vous pouvez toujours mieux faire et c’est une bonne chose d’ailleurs ! Votre travail et votre performance seront toujours mis à l’épreuve et vous êtes donc obligés de vous améliorer à chaque fois et vous êtes rarement félicités pour vos actions. Et même si cela est très ingrat, encore une fois, ceci est une bonne chose. Vous continuez à faire de mieux en mieux pour vos entrepreneurs.

Mais ces sentiments personnels doivent être gérés par chacun. La vraie question que je me pose est la suivante :

Devons-nous vraiment accompagner les entrepreneurs ou est-ce que les vrais entrepreneurs réussissent à se lancer tous seuls ?

  • Nous devons tous conseiller, mettre la pression, ouvrir des portes et booster leurs entreprises, mais nous ne devons pas gérer leurs entreprises à leurs places. En théorie, en tout cas. Dans notre travail vous vous rendrez vite compte que si, à un moment donné, vous n’y mettez pas la main dans la pâte et faire ce qu’il y a à affaire aux cotés de vos entrepreneurs, vous n’arriverez jamais à les faire travailler sur ce qui est stratégique ou même vous faire respecter. Ceci dit, vous devez vous assurer que vous apportez de l’aide qu’à ceux qui sont prêts à donner autant à leur entreprise que vous ne soyez prêts à donner pour votre incubateur. Parfois, des circonstances particulières font que votre entrepreneur ou son équipe ne puissent plus fonctionner (l’épuisement, ou le départ d’un employé clé sont des cas fréquents). Dans ces cas-là, soit vous regardez l’entreprise s’effondrer en vous disant que ça n’est pas de votre faute ou vous gérez l’entreprise en période de crise. Heureusement, nous n’avons eu à le faire qu’une seule fois au CTIC, en trois ans d’activités. Cette startup qui était en situation critique à l’époque fait maintenant partie des plus prospères au Sénégal.
  • Même les plus grands entrepreneurs auront besoin d’aide à un moment donné.

On vous dira, surtout aux États-Unis, qu’un entrepreneur qui a besoin d’être accompagné par un incubateur, ne réussira pas au final. C’est peut-être vrai en Amérique du Nord ou les incubateurs peuvent en effet être remplacés par d’autres acteurs de l’écosystème qui sont déjà actifs depuis longtemps : les mentors, les bailleurs de fonds, les professeurs, les compagnons de classes, la famille—qui jouent un rôle crucial dans la création des success stories que nous connaissons tous.

Mais au Sénégal, comme probablement dans beaucoup d’autres pays, nous n’avons pas beaucoup de types d’accompagnements pour les startups. Votre incubateur peut donc jouer un rôle très important. Mais il est également dangereux de centraliser cet accompagnement pour les entrepreneurs dans seulement un ou deux lieux dans un pays. C’est pour cela que je crois qu’il est clairement de notre rôle d’aider à construire un écosystème et accompagner d’autres structures—même si cela veut dire qu’un jour ils deviendront nos concurrents. Pas de quoi s’inquiéter, car la tâche est immense et plus on est de fous, plus on rit !

  • Nous devrions accompagner les entrepreneurs comme si nous avions investi un million de dollars sur eux.

Nous devons le faire avec passion, dévouement et de l’empathie. Nous devons nous mettre dans la tête et dans la vie de nos entrepreneurs chaque fois que nous les rencontrons et travaillons avec eux. Pour nous au CTIC, il a naturellement été plus facile pour nous de créer ce rapport symbiotique avec les entrepreneurs qui se trouvent dans le hub plutôt qu’avec nos incubés « virtuels » qui eux, ont des bureaux en dehors des locaux de notre incubateur.

  • Enfin, nous ne devons jamais nous approprier le succès d’une entreprise

J’ai entendu dire une fois, que les bons incubateurs et accélérateurs ne parlent jamais plus d’eux-mêmes que de leurs entreprises. Je suis totalement d’accord. Je crois que quelques soient les services que vous offrez à vos startup, vous n’êtes pas responsables de leurs succès ! Les personnes remarquables réussissent quoi qu’il arrive—vous avez seulement aidez à booster leur croissance et les faire surmonter les moments difficiles.

En résumé, ce travail passionnant est très difficile dans les pays dans lesquels les écosystèmes restent à construire. Mais faites-le avec passion et humilité. Voyez au-delà et ne vous découragez pas ! Vous êtes sur la bonne voie !

0x600This article was first published on www.techmoran.com on February 13th.

It is not easy for most people to understand the daily job of supporting tech entrepreneurs in Africa. Indeed, this fascinating mission only concerns a couple of business angels, venture capitalists, advisors of any kind and, of course, incubating teams. .

This, to me, is the most engaging job in the world: you deal with dozens of brilliant entrepreneurs and visionaries, are in touch with a lot of technologies and business models, get to know them on a personal level and sometimes become friends with some of them.

However it can also be the most ungrateful job on earth. Here are several reasons:

  • The majority of us will never get rich doing what we do! Indeed, only a very little portion of us invest their own money and have shares in the companies that we support. The rest are either volunteers, employees, mentors, etc and most of our tech hubs are non-profit organizations. The funny thing is that sometimes, when you try to have an entrepreneurial approach and make your hub sustainable, people tell you that you aren’t social enough!
  • You will be judged if your startups fail and forgotten if they succeed. No need to elaborate on this, I think you understand. Entrepreneurs all have their reasons not to show that you helped them when they were hitting rock bottom, when they were in a burnout, when they were fighting with their partners and employees, when they just needed someone to talk to. Yet, you were there for them all the time. But I understand that. Like us they evolve in a very uncertain and high pressure environment. Some of them just can’t allow to blame themselves for things that did not work out or to be grateful for something other than their own genius when they succeed.
  • You can always do better. And that’s a good thing in fact. Your job and performance will always be challenged and therefore, you’re always required to improve and rarely congratulated for your actions. And again, even though it is a highly ungrateful situation, it is a good one. You keep on getting better and better for your new entrepreneurs.

But these are personal feelings that have to be managed at a personal level by each individual. The real question that I want to ask is:

Should we support entrepreneurs – or couldn’t the real entrepreneurs get off the ground by themselves?

  • We all should advize, put pressure, open doors and boost their business, but not run the business for them. Or at least that is the theory. Doing our job you’ll quickly understand that if, at some point, you don’t get your hands dirty and do what has to be done along with your entrepreneurs, you will never have them work on something strategic or gain their respect. In the meantime, however, you have to make sure that you only provide assistance to the ones who are ready to die for their business, at least as much as you’re ready to die for your incubator. Moreover, sometimes, exceptional events make your entrepreneur or his team completely out of operations (burnouts and key employee departures are the most current cases). In those situations, either you watch the business die and tell everybody that is was not your fault, or you go ahead and manage the business during the crisis. Fortunately, we only had to do this once at CTIC in three years of activity. The startup that was in a critical situation at the time is now one of the most successful startups in Senegal.
  • Even the greatest entrepreneurs need assistance at some point.

Some people, mostly in the US, will tell you that an entrepreneur who needs support from an incubator will not succeed anyway. Maybe it’s true – at least over there in North America where incubators, in fact, can be replaced by many other parts of the ecosystem that have been involved for a long time: mentors, family, business angels, teachers, classmates – all play a huge role in building the success stories that we all know.

In Senegal however, and probably in many other countries: we don’t have many of those types of support for startups. Therefore, your incubator can play a tremendous role. But it is also a danger to centralize “entrepreneurs support” in one or two spots in a country. This is why I believe that it is clearly our role to help build this ecosystem and support other organizations, even if, at some point, they may become your competitors. But don’t worry, the work to undertake is gigantic, and the more the merrier right!

  • We should support entrepreneurs like if we had invested a million dollar in them

With passion, dedication and empathy. We have to do this very difficult mental task to put ourselves in the life and brain of our entrepreneurs everytime we meet and work with them. For us at CTIC, it has naturally been much easier to build this “symbiotic” relation with entrepreneurs located in the hub versus with “virtual incubatees”, which have office spaces outside of the incubator.

  • Finally, we should never claim the success of any company.

I heard one time that good incubators and accelerators never speak about themselves more than they speak about their companies. I could not agree more – this is true. I also think that whatever amazing services you provide to your startups, you are not responsible for their success! Great people succeed anyway – you just helped them accelerate their growth and get beyond the tough times.

In a nutshell, this fascinating job is a very difficult one in countries where ecosystems still have to be built. But do it with passion and humility. See the big picture and never discourage yourself. You’re on the good track!